" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Un heureux événement de Eliette Abecassis (Livre de poche, 157 pages). Terminé le 05 mars 2008.
Genre : roman
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : " Désormais ma vie ne m'appartenait plus. Je n'étais plus qu'un creux, un vide, un néant. Désormais, j'étais mère. " Violent, sincère, impudique, le nouveau roman d'Eliette Abécassis brise les tabous sur la maternité, cet "heureux événement " qui n'est peut-être qu'une idéologie fabriquée de toutes pièces. Après Mon père et Clandestin, la romancière affirme un ton toujours plus personnel, où la fiction se mêle à une analyse subversive de la société.
Il y a eu beaucoup de controverses me semble-t-il autour de ce livre d'Eliette Abecassis qui traite sans complaisance de la maternité.
N'étant moi-même pas mère, je ne pourrais peut-être pas parler de ce livre en toute objectivité, mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu' « Un heureux événement » ne peut laisser indifférent...
Tout d'abord, je dois avouer qu'au moment où j'ai refermé le livre, je me suis dit que le but de l'auteur avait été de détourner tout au long du livre le fameux aphorisme de Simone de Beauvoir (que l'auteur cite beaucoup d'ailleurs) : « On ne naît pas femme, on le devient », pour le mettre au service de la maternité et le transformer en un réaliste « On ne naît pas mère, on le devient ». Quoi de plus légitime que d'aboutir à cette réflexion ? Quoi de plus naturel iront même jusqu'à penser certains. Et du coup, quoi de plus banal penseront les plus pragmatiques...
Certes, en des temps où la psychologie et la psychanalyse ont envahi notre société, dans les magazines comme à la télé, rien de plus normal que de penser que la maternité n'est pas un sentiment inné chez la femme et que l'on devient mère par une longue construction de soi. Ce qui est une Lapalissade pour certains, peut en réalité être un discours salvateur pour d'autres : qu'est-ce que cela peut faire du bien d'entendre, de lire que devenir mère peut être difficile et que c'est toute une vie qui change quand un enfant arrive !
Alors bien sûr, il se pourrait qu'Eliette Abecassis abuse un peu sur certains points, qu'elle grossisse volontairement le trait pour mieux faire passer ses idées. Mais le ton est donné dès le début et il a le mérite d'être clair : dès les premières pages en effet, on voit la narratrice se débattre dans les affres physiques de sa grossesse, et la description qui est faite n'est pas sans rappeler le début de La métamorphose de Kafka... un peu de malice, un peu d'ironie, et le lecteur est prévenu : c'est presque une satire.
La pauvre narratrice enchaîne les déboires et il est vrai que lorsque l'on n'est pas encore mère, cette avalanche de chutes de Charybde en Scylla a de quoi faire froid dans le dos, voire réfréner les ardeurs les plus folles en matière de grossesse et de maternité... Mais justement, c'est peut-être trop pour être réaliste.
Bref, Eliette Abecassis nous enseigne qu'il ne s'agit pas tans « d'être maman » que de le devenir, et que, comme tout apprentissage, il peut être long, laborieux, et douloureux. Parce que finalement, le plus gros défaut de la narratrice, c'est peut-être d'avoir fait un enfant « sans y penser » et de n'avoir pas pris le temps de dire au-revoir à une partie de sa vie... Parce que devenir mère, c'est à mon avis faire le deuil de certaines choses, mais pour en découvrir d'autres, plus en harmonie avec nos préoccupations et nos envies, si c'est un choix réfléchi et souhaité.
Publié par Alwenn à 17:10:30 dans @ Romans | Commentaires (2) | Permaliens
26-03-2008 21:36
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26-03-2008 21:11
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