" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Le rasoir d'Ockham (Flammarion, 449 pages). Terminé le 16 février 2008.
Genre : thriller
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Des meurtres en série. Une secte
sanguinaire surgie du passé. Six pages mystérieusement disparues d'un célèbre
manuscrit du XIIIe siècle. Ari Mackenzie, analyste atypique et controversé des
Renseignements généraux, est confronté à la plus extraordinaire et la plus
violente affaire de sa carrière. Dans l'ombre, un groupe occulte est prêt à
tout pour redécouvrir le secret des pages manquantes du célèbre carnet de
Villard de Honnecourt. Ari saura-t-il arrêter ces fanatiques sans scrupule
avant qu'ils ne mettent en place leur sinistre dessein ?
Avec ce nouveau
roman de Loevenbruck, on passe un bon moment, c'est certain, mais quelques
défauts ont un peu terni mon impression finale.
Commençons tout d'abord par les points positifs : le rythme est mené tambour battant, comme dans tous les romans d'Henri Loenvenbruck. L'auteur maîtrise parfaitement les codes qui font qu'un thriller rebondit de chapitres en chapitres, et plonge de plus en plus le lecteur dans l'intrigue.
L'intrigue est plutôt intéressante. Evidemment, les romans ésotériques ayant envahi depuis quelques temps nos librairies, il était difficile de faire un roman qui sorte de l'ordinaire. Cependant, on reconnaîtra l'inventivité de l'auteur pour ne pas avoir repris les thèmes désormais épuisés en la matière. En effet, Henri Loenvenbruck a décidé de mener son intrigue autour des Compagnons de France. Alors bien sûr, on reste sur le registre société secrète et compagnie, mais bon, c'est la première fois que je rencontre un polar ésotérique tournant autour de ce thème.
En revanche, les points négatifs sont légions :
- les personnages sont somme toute assez caricaturaux. Loevenbruck reprend de romans en romans des personnages-types qu'il n'approfondit jamais. C'est bien dommage.
- L'histoire demeure asse plate dans l'ensemble : l'auteur utilise les schèmes traditionnels de ce type de romans : enquête, mystère, énigme, résolution de l'énigme, poursuite de l'enquête etc. J'aurais bien aimé trouver une autre configuration d'écriture.
- La caricature de certaines scènes, avec ajout artificiel de références musicales par exemple... ça a eu le don de m'énerver à chaque fois. Dans la relation qu'Ary entretient avec Lola par exemple, il y a quelque chose de tellement convenu que c'en était presque affligeant parfois.
- Les scènes de violence complètement inutiles. Je ne parle pas des forfaits du tueur mais bien de ces scènes de combats qui font tellement filmiques et hollywoodienne que j'ai trouvé ça tout à fait risibles. Avec une débauche d'hémoglobine et de violence gratuite qui m'a navrée. A un moment, j'avais l'impression de voir ces films américains où le héros seul contre tous parvient par on ne sait quel miracle à vaincre une armada infernale...
- Le teasing final. Oui, je sais c'est à la mode. Oui, on m'avait prévenu que le livre ne formait pas une unité. Mais qu'est-ce que c'est pénible parfois d'avoir ce sempiternel « à suivre » à la fin d'un livre...
En bref, je ressors de ce livre plutôt déçue. Je n'avais déjà pas été super emballée par Le syndrome Copernic... Mais bon, on passe quand même un bon moment, comme j'ai l'habitude de le dire. Il ne faut pas non plus bouder son plaisir. C'est juste que parfois on attend plus d'un livre que le genre ne peut en réalité proposer. En somme, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre et se contenter de cette friandise : aussitôt mangée, bien vite oubliée. Le roman ne restera sans doute pas dans les Annales. Mais c'est un bon divertissement.
Publié par Alwenn à 20:24:19 dans @ Thrillers | Commentaires (4) | Permaliens
In corpore sano (10/18, 274 pages). Terminé le 03 février 2008.
Genre : polar antique
Avis : 4/5
RESUME : La vie pourrait être douce pour Publius Aurélius
Statius, éminent sénateur de l'Empire romain, séducteur invétéré et épicurien
convaincu. Mais ce bon vivant possède aussi un sens aigu de la justice et un
sérieux penchant pour les mystères criminels. Aussi, lorsque la fille de son
vieil ami juif Mordechaï meurt dans d'étranges circonstances, apparemment
victime d'un avortement raté, Aurélius soupçonne une réalité plus complexe
qu'il n'y paraît. Avec l'aide du roublard Castor, son indispensable affranchi
et de Pomponia, une pétulante matrone toujours partante pour se lancer sur la
piste du crime, il enquête au cœur du quartier juif du Transtévère. Mais dans
les sombres ruelles de la cité la plus puissante du monde antique, le mal peut
prendre bien des visages. Entre un insaisissable fiancé, une vieille nourrice
moins folle qu'elle n'en a l'air et un voyou assoiffé de vengeance, les
suspects ne manquent pas pour l'infatigable Aurélius.
Encore une bonne enquête du patricien Publius Aurelius Statius !
Après la mort mystérieuse de Dinah, la fille de son ami juif Mordéchaï, Aurélius va explorer la Rome des Juifs, mais aussi les bas-fonds de la Ville, la Rome des sage-femmes pratiquant l'avortement et la Rome des lupanars aux prostituées envoûtantes...
Castor endosse toujours le rôle de l'esclave rusé (et toujours aussi hilarant) et Aurelius ne peut encore une fois s'empêcher de céder au charme d'une femme...
Danila Comastri Montanari a l'art et la manière de nous emporter 2000 ans en arrière et c'est un réel plaisir de suivre l'enquêteur romain... Et dire qu'il y a déjà 4 ou 5 livres supplémentaires déjà écrit mais qui ne sont pas encore traduits... Allez, petit traducteur... un petit effort pour les fans de Publius Aurelius Statius... Je trouve toujours trop long le délai d'attente entre chaque volume... Mais au moins j'ai la satisfaction de me dire que je ne suis pas prête de lâcher mon patricien préféré...
Publié par Alwenn à 23:33:20 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) | Permaliens
La licorne, le dernier temple d'Asclépios (Delcourt éditions, 48 pages). Terminé le 31 janvier 2008.
Genre : BD
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : 1565. La Renaissance... L'Art et la
Science sont en plein bouleversement, et les guerres de religion couvent...
Mais une autre bataille, dans l'ombre, a déjà commencé. Une bataille que se
livre autour du plus mystérieux des objets, de la plus merveilleuses des créations
; le corps humain. A Paris, des médecins réputés sont retrouvés morts. Ambroise
Paré, chirurgien royal et pionnier de la nouvelle médecine, mène l'enquête. Il
découvre qu'il est le prochain sur la liste... Mais des créatures veillent sur
lui. Des êtres fabuleux, qui vont remettre en cause... tout ce en quoi il
croyait.
Voilà une des deux bandes dessinées que je me suis procurée au festival d'Angoulême. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié les albums présentés sur le stand des éditions Delcourt : c'est tout à fait le style de BD que j'aime. Et celle-ci, La licorne, a tout de suite attiré mon attention par sa couverture extrêmement bien travaillée, avec son imitation de planches anatomiques du XVIè siècle digne de croquis du Vinci.
Je l'ai feuilleté rapidement et j'ai accroché tout de suite au style du dessin, très léché, jouant dans les clairs-obscurs et les couleurs franches et souvent sombres. L'ambiance est certes assez noire, il faut l'avouer, mais j'aime beaucoup cette incursion du fantastique dans une réalité historique. Meurtres, enquête, société secrète, évidemment, tout cela surfe sur la vague des da-vinci coderies, mais là, le côté « scientifique renaissance » me plaît beaucoup.
Le détail est d'une richesse absolument stupéfiante dans le dessin et je tire mon chapeau à Mathieu Gabella pour le talent qu'il met dans la reproduction, par exemple, des tapisseries de la Dame à La Licorne. C'est d'une finesse rare.
La composition de l'intrigue est plutôt bien menée et les créatures étranges qui peuplent cet univers aux allures d'uchronie sont également bien pensées (quoiqu'un peu angoissantes, mais bon...).
J'attends avec impatience de pouvoir commander le tome 2, qui n'est toujours pas disponible sur ma librairie virtuelle préférée... alors qu'il était en vente à Angoulême ! Mais j'avais préféré ne prendre que le premier tome au cas où ça ne me plaise pas... Pfff... l'attente des BD est toujours la même... on patiente jusqu'au moment où on les tient entre nos petites mains avides, et puis, hop ! elles sont dévorées en moins de deux !
Mais
avec La Licorne, on peut replonger sans nul doute dans l'album sans craindre de
se lasser : on trouvera toujours des détails qui nous auront échappé à la
première lecture...
Publié par Alwenn à 23:14:46 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (2) | Permaliens
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