" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
Depuis le 17-04-2006 :
150905 visiteurs
Depuis le début du mois :
3456 visiteurs
Billets :
123 billets
Le rasoir d'Ockham (Flammarion, 449 pages). Terminé le 16 février 2008.
Genre : thriller
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Des meurtres en série. Une secte
sanguinaire surgie du passé. Six pages mystérieusement disparues d'un célèbre
manuscrit du XIIIe siècle. Ari Mackenzie, analyste atypique et controversé des
Renseignements généraux, est confronté à la plus extraordinaire et la plus
violente affaire de sa carrière. Dans l'ombre, un groupe occulte est prêt à
tout pour redécouvrir le secret des pages manquantes du célèbre carnet de
Villard de Honnecourt. Ari saura-t-il arrêter ces fanatiques sans scrupule
avant qu'ils ne mettent en place leur sinistre dessein ?
Avec ce nouveau
roman de Loevenbruck, on passe un bon moment, c'est certain, mais quelques
défauts ont un peu terni mon impression finale.
Commençons tout d'abord par les points positifs : le rythme est mené tambour battant, comme dans tous les romans d'Henri Loenvenbruck. L'auteur maîtrise parfaitement les codes qui font qu'un thriller rebondit de chapitres en chapitres, et plonge de plus en plus le lecteur dans l'intrigue.
L'intrigue est plutôt intéressante. Evidemment, les romans ésotériques ayant envahi depuis quelques temps nos librairies, il était difficile de faire un roman qui sorte de l'ordinaire. Cependant, on reconnaîtra l'inventivité de l'auteur pour ne pas avoir repris les thèmes désormais épuisés en la matière. En effet, Henri Loenvenbruck a décidé de mener son intrigue autour des Compagnons de France. Alors bien sûr, on reste sur le registre société secrète et compagnie, mais bon, c'est la première fois que je rencontre un polar ésotérique tournant autour de ce thème.
En revanche, les points négatifs sont légions :
- les personnages sont somme toute assez caricaturaux. Loevenbruck reprend de romans en romans des personnages-types qu'il n'approfondit jamais. C'est bien dommage.
- L'histoire demeure asse plate dans l'ensemble : l'auteur utilise les schèmes traditionnels de ce type de romans : enquête, mystère, énigme, résolution de l'énigme, poursuite de l'enquête etc. J'aurais bien aimé trouver une autre configuration d'écriture.
- La caricature de certaines scènes, avec ajout artificiel de références musicales par exemple... ça a eu le don de m'énerver à chaque fois. Dans la relation qu'Ary entretient avec Lola par exemple, il y a quelque chose de tellement convenu que c'en était presque affligeant parfois.
- Les scènes de violence complètement inutiles. Je ne parle pas des forfaits du tueur mais bien de ces scènes de combats qui font tellement filmiques et hollywoodienne que j'ai trouvé ça tout à fait risibles. Avec une débauche d'hémoglobine et de violence gratuite qui m'a navrée. A un moment, j'avais l'impression de voir ces films américains où le héros seul contre tous parvient par on ne sait quel miracle à vaincre une armada infernale...
- Le teasing final. Oui, je sais c'est à la mode. Oui, on m'avait prévenu que le livre ne formait pas une unité. Mais qu'est-ce que c'est pénible parfois d'avoir ce sempiternel « à suivre » à la fin d'un livre...
En bref, je ressors de ce livre plutôt déçue. Je n'avais déjà pas été super emballée par Le syndrome Copernic... Mais bon, on passe quand même un bon moment, comme j'ai l'habitude de le dire. Il ne faut pas non plus bouder son plaisir. C'est juste que parfois on attend plus d'un livre que le genre ne peut en réalité proposer. En somme, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre et se contenter de cette friandise : aussitôt mangée, bien vite oubliée. Le roman ne restera sans doute pas dans les Annales. Mais c'est un bon divertissement.
Publié par Alwenn à 20:24:19 dans @ Thrillers | Commentaires (4) | Permaliens
Paroles