" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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La révolte des accents, de Erik Orsenna (Stock, 135 pages). Terminé le 26 décembre 2007.
Genre : roman
Avis : 3/5
RESUME
EDITEUR : Après
La grammaire est une chanson douce et Les Chevaliers du Subjonctif,
Erik Orsenna repart explorer les territoires mystérieux de la langue française.
Ce troisième opus de l'exploration des richesses de la langue française par Orsenna est indéniablement moins enlevé que les deux précédents.
Le premier avait recueilli chez moi une profonde vénération et adoration. Le second m'ait moins subjuguée, mais j'étais heureuse de retrouver les héros de la première histoire. Ce troisième livre me laisse plus neutre, même si ce fut un profond plaisir de retrouver Jeanne dans de nouvelles aventures.
Alors comment expliquer cette petite déception ?
Tout d'abord, je dois avouer que le changement d'illustrateur m'a beaucoup gênée. J'aimais beaucoup la chaleur des couleurs du précédent, la simplicité du dessin, le côté aquarelle de la mise en couleur... Dans ce troisième livre, je n'ai pas trop accroché aux illustrations. Je les ai trouvées plus froides, plus travaillées et donc correspondant moins aux attentes que j'avais
-compte tenu de l'habitude que j'avais prise avec l'ancien illustrateur-. Première chose.
Ensuite, le rôle de personnages clés dans le premier tome se voit réduit à la portion congrue : c'est le cas notamment de Monsieur Henry. Et c'est vraiment dommage. Le rôle du frère se trouve aussi largement modifié et j'ai eu du mal à le raccrocher à son personnage des deux opus précédents. Deuxième chose.
Enfin, - troisième chose-, j'ai trouvé que le côté « didactique » naïf et débonnaire, que j'avais tant apprécié les fois précédentes, était plus que réduit dans ce livre. Bien sûr, on comprend vite que les accents sont les piments de la langue et que sans eux, notre belle langue perd de sa saveur... Mais je n'ai pas réussi à retrouver la « patte » Orsenna dans les explications. C'est moins profond que les autres fois.
Je reconnais en revanche l'esprit imaginatif et poétique d'Orsenna : quelle beauté ces phrase qui gèlent par exemple, et où viennent se poser les accents ! Quelle imagination et quelle poésie qui viennent se nicher dans chaque page du livre... Et quelle magie ces mots qui s'enchaînent, qui coulent sous la plume avec une facilité déconcertante...
Mais là où ça me gêne par exemple, c'est dans le rapport « accent » (comme au théâtre) et « accentuation » (grammaire) où Orsenna entretient une certaine ambiguïté qui ne lui ressemble pas : pédagogiquement parlant, il y a une certaine confusion qui gâche l'habituel aspect didactique des livres d'Orsenna.
Enfin, je râle, je râle, mais j'ai passé tout de même un très agréable moment de lecture. Je pense qu'il y aura une suite car la fin entretient un certain suspens.
Et je respecte toujours autant ce grand monsieur de la langue française et j'admire toujours autant son talent pour imaginer de si jolies choses pour dévoiler aux rétifs ou aux réfractaires toute la beauté et la richesse de notre langue... Longue vie à Jeanne au pays magique de la langue française...
Publié par Alwenn à 18:57:13 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
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