Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


Janvier

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Compteur

Depuis le 17-04-2006 :
147960 visiteurs
Depuis le début du mois :
511 visiteurs
Billets :
123 billets

Rechercher

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

<< Dans la Rome des Césars | La déclaration | La première gorgée de bière >>

La déclaration | 14 janvier 2008

La Déclaration, de Gemma Malley (Naïve, 367 pages). Terminé le 14 janvier 2008.

 
Genre : Roman jeunesse

Avis : 5/5

 
RESUME EDITEUR : Angleterre, 2140. Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s'ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au Foyer de Grange Hal un pensionnat pour les Surplus, des enfants qui n'auraient pas dû naît des enfants dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde. Anna n'a plus de parents désormais. Confinée dans l'enceinte du pensionnat, elle travaille très dur, pour effacer leur faute. Anna a tout oublié de son passé. Jusqu'au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est ce Peter ? Pourquoi ne la laisse-t-il pas tranquille ? Et pourquoi elle, Anna, se sent-elle soudain si troublée ?

 

         J'avoue que d'habitude, je ne suis pas très attirée par les romans d'anticipation, comme c'est le cas pour La déclaration. Cela dit, la quatrième de couverture m'avais parue très alléchante : comment pourrait tourner le monde si l'on décidait de vivre éternellement et de ne plus faire d'enfant ?

         C'est à travers le personnage d'Anna que l'on va donc découvrir ce monde hallucinant où les hommes ont cessé de vieillir et ont revu leur démographie à la baisse, pour ne pas dire qu'ils l'ont anéantie...

Anna est un Surplus, une enfant qui n'aurait pas dû naître. Elle vit à Grange Hall, un foyer aux allures de stalag où elle a appris Où-était-sa-Place : de toute sa volonté et son humilité, elle essaie de racheter la faute de ses parents. L'univers que Gemma Malley a imaginé fait tout bonnement froid dans le dos : les êtres humains sont hiérarchisés de manière absolue et chacun évolue de manière totalement différente selon le côté de la barrière où il est né... L'influence historique de certaines périodes n'échappera à personne : on pourra penser au contrôle des naissances chinois, aux castes indiennes (Surplus, Légal, Affranchi), aux sociétés européennes du XIX avec majordomes et domestiques (comment devenir Invisible), aux camp de concentration et au « problème » juif de l'Allemagne nazie (l'éradication)... Comment par exemple ne pas voir en Anna la Déléguée une sorte de Kapo ? L'histoire se nourrit ainsi de ces aspects noirs pour inventer une fiction d'anticipation originale mais lourde de sens.

Le jour ou Peter débarque, c'est tout le monde d'Anna tel qu'elle l'a connu qui s'effrite. Peter va lui ouvrir les yeux, la déciller et lui montrer le Monde.

L'intrigue trouve donc un rythme, un souffle, et c'est sur les traces d'Anna que le lecteur vit les attentes, les espoirs, les refus aussi, de cette adolescente. C'est plein d'émotion, c'est touchant, c'est profond. On vibre,  on se révolte, on s'emballe, on s'attendrit. Allez, j'avoue, j'ai même versé une petite larme sur la fin.

Les personnages sont attachants, ils ne délivrent leurs mystères qu'au compte-goutte, forçant le lecteur à aller toujours plus avant dans l'histoire. On pourrait peut-être reprocher une ficelle un peu grosse par rapport à Peter, mais ça ne ternit en rien le reste de l'intrigue.

La déclaration est classée dans les romans jeunesse, mais un public adulte pourra tout à fait y trouver son compte je pense. Encore un livre qui me fait penser que les frontières entre les genres ne sont pas toujours faciles à définir... Chaque lecteur pourra exercer le niveau de lecture qu'il souhaite sur les pages de Gemma Malley.

Je garde en ce qui me concerne une bouffée d'émotion forte : quand on arrive à la fin, tous ceux qui comme moi ont un jour envisagé l'éternité n'auront plus jamais la même vision des choses. Mais Gemma Malley à tout de même su éviter le dénouement moralisateur et culpabilisant. Elle parvient à tirer les conclusions nécessaires à l'univers presque orwellien qu'elle a créé pour ne conserver qu'un leitmotiv : c'est la brièveté de la vie qui nous permet de la savourer. Il faut vivre intensément l'éphémère...

Belle découverte, superbe révélation et je suivrai cet auteur de près, sans nul doute.                      

 

Publié par Alwenn à 23:41:51 dans @ Romans | Commentaires (2) |

15-01-2008  22:57  15-01-2008 22:57
Oh, oui !  De  Alwenn  Sujet:  Oh, oui !
Moi aussi ! J'ai vraiment été super emballée ! Et pourtant, comme je le dis au départ, je ne suis pas une grande fan des romans d'anticipation . Mais sur ce coup-là, j'ai été complètement bluffée ! Merci de ton passage Clarabel ;-))
15-01-2008  21:57  15-01-2008 21:57
Yes !  De  Clarabel  Sujet:  Yes !
Très heureuse de te savoir conquise aussi ! Ce roman est époustouflant, j'en garde un excellent souvenir !!!

Ajouter un commentaire

Nom :
Email :
Url :
Sujet :
Texte :
Code :
si vous n'arrivez pas à voir le code Cliquez ici