" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
Depuis le 17-04-2006 :
144071 visiteurs
Depuis le début du mois :
1189 visiteurs
Billets :
123 billets
Art, de Yasmina Reza (Magnard, 122 pages). Terminé le 19 novembre 2007.
Genre : Théâtre
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : " Mon ami
Serge a acheté un tableau [...] un tableau blanc avec des liserés blancs.
" Médecin dermatologue, Serge aime l'art moderne et Sénèque, qu'il trouve
" modernissime ". Ingénieur dans l'aéronautique, Marc a des goûts
plus traditionnels et ne comprend pas que son ami Marc ait pu acheter "
cette merde deux cent mille francs ". Quant à Yvan, représentant dans une
papeterie, il aimerait ne contrarier aucun de ses deux précieux amis. Mais les
disputes esthétiques autour du " tableau blanc " dégénèrent dans un
crescendo hilarant et féroce, qui ne laissera personne indemne...
La belle découverte que voilà ! Prêté
par une amie, ce petit livre a atterri complètement par hasard entre mes mains
le week-end dernier... Je suis entrée dans la lecture sans a priori, ne sachant pas
du tout à quoi j'avais affaire. Et quel régal ! J'ai trouvé cette pièce
extrêmement amusante et profonde. Quel délice cette histoire qui tourne autour
d'un trio d'amis et d'un tableau blanc moderne ! L'écriture est simple
mais tellement vive ; et j'imagine le plaisir que cela doit être de voir
cette pièce jouée par Luchini ! La scène paroxystique est absolument hilarante !
Le fond évoque le sentiment d'altérité que l'on ressent tous en société, exacerbé ici par les opinions extrêmement divergentes des trois amis face à l'art. Qu'est-ce que l'art ? Que doit-on considérer comme artistique ou non ? Qui peut en décider ? C'est quoi avoir du goût ? Et tout cela dans une langue savoureuse, avec un trio mi-tragique, mi-comique ! Que du bonheur.
Publié par Alwenn à 22:43:56 dans @ Théâtre | Commentaires (0) | Permaliens
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?, de Pierre Bayard (Editions de Minuit, 162 pages). Terminé le 18 novembre 2007.
Genre : essai
Avis : 3/5
RESUME
EDITEUR : L'étude des différentes manières de ne pas lire un livre,
des situations délicates où l'on se retrouve quand il faut en parler et des moyens
à mettre en œuvre pour se sortir d'affaire montre que, contrairement aux idées
reçues, il est tout à fait possible d'avoir un échange passionnant à propos
d'un livre que l'on n'a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu'un
qui ne l'a pas lu non plus.
Un
livre avec un titre comme celui-là ne pouvait que m'intéresser, moi qui ne
parle sur ce blog que de livres que j'ai lus... Il était depuis longtemps dans ma
PAL mais je n'arrivais pas à me mettre à sa lecture. Et puis finalement, je me
suis lancée. Verdict : beaucoup de bruit pour rien autour de ce livre lors
de sa sortie. Le titre peut paraître alléchant : un peu du genre « la
non-lecture pour les nuls ». Mais le contenu est tout autre. D'abord, j'ai
trouvé le style de l'auteur un peu pompeux : beaucoup de circonvolutions
stylistiques, de redites, pour aboutir à des conclusions finalement assez
simples. Chacun d'entre nous a dans la tête un « livre intérieur »,
un livre idéal en quelque sorte. Ben oui, ça semble assez logique. On peut
parler de livres que l'on n'a pas lu si l'on peut faire référence à la
« bibliothèque collective »... certes, mais si je ne m'abuse, pour
connaître ne serait-ce que les références des titres qui sont regroupés dans la
bibliothèque collective, il faut bien effectuer un acte de lecture, non ?
Faire donc croire que l'on parler de livres sans avoir RIEN lu est illusoire.
L'auteur cherche visiblement à déculpabiliser les lecteurs face à l'attitude
élitiste qui voudrait qu'on ait TOUT lu, pour pouvoir en parler avec justesse.
Je suis d'accord qu'une telle entreprise relève du domaine de l'utopie, et
moi-même pendant mes études ai souvent parlé ou écrit sur des livres sans les
avoir réellement lus. En revanche, j'avais lu ce que d'autres en disaient. J'ai
donc quoi qu'il en soit accompli un acte de lecture.
Bon, en même temps, je caricature un peu. Quand on rentre vraiment dans le bouquin, on comprend que la motivation de l'auteur est autre que de faire croire qu'on peut ne pas lire et parler d'un livre non lu. Pierre Bayard développe surtout les différentes façons de lire, parce que finalement qu'est-ce que lire ? Que peut-on qualifier de réel acte de lecture ? Sur ce point-là, l'auteur avance des thèses assez fines, voire intelligentes. Mais parfois, il tire aussi trop la couverture à lui en étayant ses propos par des exemples paradoxaux (d'ailleurs la collection de l'édition n'est-elle pas « Paradoxe » ?), tirés par les cheveux.
Enfin pour conclure, j'avais vu, j'ai lu, j'en suis revenue. Pour moi, ce ne sera pas un livre qui restera longtemps ancré. Tout au plus un essai supplémentaire sur l'acte profondément intense et envoûtant qu'est la lecture. Et c'est comme pour tout, quand on démonte les rouages d'une chose fabuleuse, on arrive à lui en ôter sa magie.
Publié par Alwenn à 22:24:03 dans @ Essais | Commentaires (0) | Permaliens
Raison et sentiments, de Jane Austen (10/18, 301 pages). Terminé le 11 novembre 2007.
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Raison et sentiments sont joués par deux soeurs, Elinor
et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La
raison a raison de l'imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche
Willoughby, dernier séducteur du XVIIIè siècle, rendra raisonnable à la fin.
Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de
pluie et de vent.
C'est la première fois que je lisais du
Jane Austen, bien que j'aie pu voir par ailleurs toutes les adaptations
filmiques de la romancière anglaise du 18eme.
Après un petit temps d'adaptation à la langue de l'époque (en traduction), je me suis vite laissée prendre dans cette histoire pleine de romance, de rebondissement, et décrivant avec une finesse rare la société anglaise du 18eme et les codes qui la régissent. Si les us et coutumes en matière d'amour et de mariage sont bien d'un autre temps, en revanche, la maîtrise de la psychologie humaine, et plus particulièrement de la psychologie féminine, que Jane Austen y développe, est absolument surprenante. La romancière décrit avec une acuité profonde les cheminements amoureux de ces deux sœurs si différentes, ce qui confère à l'ensemble de l'œuvre une modernité étonnante.
Tout cela se lit avec délectation et plaisir.
Le plus surprenant demeure toutefois cette ironie du sort qui veut que la sœur la plus raisonnée - à la limite d'ailleurs de posséder une philosophie stoïque- accède finalement au bonheur tant espéré et se livre ainsi pleinement dans les sentiments qu'elle a toujours éprouvé au fond d'elle, tandis que la plus impétueuse des deux se verra finalement contrainte de réfréner ses ardeurs et d'épouser un autre homme que celui sur lequel elle avait fantasmé et faire preuve ainsi de cette raison qui lui manquait. Raison pour laquelle elle ne sera pas loin d'éprouver un certain plaisir...
Bref, Jane Austen mérite un détour certain et je suis bien contente d'avoir fait halte dans cette campagne anglaise romantique, aux couleurs si délicieusement surannées. Je crois que les autres romans de la romancière finiront un jour ou l'autre dans mon escarcelle de livres à lire...
Publié par Alwenn à 19:52:05 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
Les fugitifs d'Athènes, de Caroline Lawrence (Milan Poche, 301 pages). Terminé le 04 novembre 2007.
Genre : roman jeunesse
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Ils
sont quatre : Flavia, la fille d'un armateur romain, Jonathan, le jeune
chrétien, Nubia, l'esclave africaine affranchie, et Lupus, le petit Grec muet.
Les voilà en Grèce, où ils vivent un nouveau drame : le père de Flavia est
poignardé dans son sommeil. Les quatre amis se lancent alors sur la piste du
coupable présumé... Direction : Delphes et son oracle, et l'acropole d'Athènes.
Bon ben ça y est, je suis de nouveau accro à la série jeunesse de Caroline Lawrence. J'ai vraiment l'impression qu'elle a retrouvé un nouveau souffle dans ses intrigues, qu'elle mène de main de maître.
Evidemment, pour l'esprit affûté d'un lecteur adulte, il est parfois facile de découvrir les ficelles de l'histoire et d'apercevoir le dénouement au travers d'indices parsemés ça et là...mais je persiste, la série des Caroline Lawrence est vraiment très chouette pour le lectorat de la jeunesse qui s'intéresse un tant soit peu à l'antiquité gréco-romaine.
Tous les sujets abordés ont été minutieusement étudiés par l'auteur puisque les renseignements fournis sont toujours exacts (oh, bon, j'ai relevé une seule erreur dans celui-ci, c'est la première fois que ça m'arrive !) et donne une image vraiment réaliste du monde grec et romain au premier siècle de notre ère.
Publié par Alwenn à 19:41:25 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (0) | Permaliens
Le marchand d'esclaves, de Caroline Lawrence (Milan Poche, 295 pages). Terminé le 03 novembre 2007.
Genre : roman jeunesse
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Ils
sont quatre : Flavia, la fille d'un armateur romain, Jonathan, le jeune
chrétien, Nubia, l'esclave africaine affranchie, et Lupus, le petit Grec muet.
Les quatre amis embarquent pour la Grèce, à la poursuite d'un sinistre
trafiquant d'enfants esclaves. Un périple à haut risque, au gré des tempêtes,
des surprises et des trahisons.
Aaaah... Revoilà du bon, du très bon Caroline Lawrence. L'univers des quatre héros s'éclaircit après les heures sombres vécues à Rome à travers l'histoire de Jonathan.
Dans ce neuvième tome de la série (déjà !), c'est Lupus qui devient le centre de l'intrigue. Promu propriétaire de l'ancien navire d'esclaves de Venalicius, il part avec ses trois compagnons à la poursuite d'un odieux marchand d'esclave grec. Le navire vogue sur les eux bleutées de la méditerranée pour nous arrêter dans des haltes paradisiaques : les îles grecques (C'est sûr qu'avec un environnement comme celui-là, ça ne pouvait que me plaire....).
Le rythme est soutenu, comme aux premiers temps, les énigmes s'enchaînent et trouvent leur résolution à la fin. Il y a comme d'habitude beaucoup de poésie dans les descriptions, de l'humour, et aussi cette émotion simple et néanmoins profonde qui caractérise l'écriture de Caroline Lawrence.
Bref, j'ai beaucoup aimé ce nouvel opus et je m'en vais de ce pas lire la suite qui m'attends bien sagement dans ma PAL : Les fugitifs d'Athènes.
Publié par Alwenn à 20:06:08 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (0) | Permaliens
1|
Paroles