" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Art, de Yasmina Reza (Magnard, 122 pages). Terminé le 19 novembre 2007.
Genre : Théâtre
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : " Mon ami
Serge a acheté un tableau [...] un tableau blanc avec des liserés blancs.
" Médecin dermatologue, Serge aime l'art moderne et Sénèque, qu'il trouve
" modernissime ". Ingénieur dans l'aéronautique, Marc a des goûts
plus traditionnels et ne comprend pas que son ami Marc ait pu acheter "
cette merde deux cent mille francs ". Quant à Yvan, représentant dans une
papeterie, il aimerait ne contrarier aucun de ses deux précieux amis. Mais les
disputes esthétiques autour du " tableau blanc " dégénèrent dans un
crescendo hilarant et féroce, qui ne laissera personne indemne...
La belle découverte que voilà ! Prêté
par une amie, ce petit livre a atterri complètement par hasard entre mes mains
le week-end dernier... Je suis entrée dans la lecture sans a priori, ne sachant pas
du tout à quoi j'avais affaire. Et quel régal ! J'ai trouvé cette pièce
extrêmement amusante et profonde. Quel délice cette histoire qui tourne autour
d'un trio d'amis et d'un tableau blanc moderne ! L'écriture est simple
mais tellement vive ; et j'imagine le plaisir que cela doit être de voir
cette pièce jouée par Luchini ! La scène paroxystique est absolument hilarante !
Le fond évoque le sentiment d'altérité que l'on ressent tous en société, exacerbé ici par les opinions extrêmement divergentes des trois amis face à l'art. Qu'est-ce que l'art ? Que doit-on considérer comme artistique ou non ? Qui peut en décider ? C'est quoi avoir du goût ? Et tout cela dans une langue savoureuse, avec un trio mi-tragique, mi-comique ! Que du bonheur.
Publié par Alwenn à 22:43:56 dans @ Théâtre | Commentaires (0) | Permaliens
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?, de Pierre Bayard (Editions de Minuit, 162 pages). Terminé le 18 novembre 2007.
Genre : essai
Avis : 3/5
RESUME
EDITEUR : L'étude des différentes manières de ne pas lire un livre,
des situations délicates où l'on se retrouve quand il faut en parler et des moyens
à mettre en œuvre pour se sortir d'affaire montre que, contrairement aux idées
reçues, il est tout à fait possible d'avoir un échange passionnant à propos
d'un livre que l'on n'a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu'un
qui ne l'a pas lu non plus.
Un
livre avec un titre comme celui-là ne pouvait que m'intéresser, moi qui ne
parle sur ce blog que de livres que j'ai lus... Il était depuis longtemps dans ma
PAL mais je n'arrivais pas à me mettre à sa lecture. Et puis finalement, je me
suis lancée. Verdict : beaucoup de bruit pour rien autour de ce livre lors
de sa sortie. Le titre peut paraître alléchant : un peu du genre « la
non-lecture pour les nuls ». Mais le contenu est tout autre. D'abord, j'ai
trouvé le style de l'auteur un peu pompeux : beaucoup de circonvolutions
stylistiques, de redites, pour aboutir à des conclusions finalement assez
simples. Chacun d'entre nous a dans la tête un « livre intérieur »,
un livre idéal en quelque sorte. Ben oui, ça semble assez logique. On peut
parler de livres que l'on n'a pas lu si l'on peut faire référence à la
« bibliothèque collective »... certes, mais si je ne m'abuse, pour
connaître ne serait-ce que les références des titres qui sont regroupés dans la
bibliothèque collective, il faut bien effectuer un acte de lecture, non ?
Faire donc croire que l'on parler de livres sans avoir RIEN lu est illusoire.
L'auteur cherche visiblement à déculpabiliser les lecteurs face à l'attitude
élitiste qui voudrait qu'on ait TOUT lu, pour pouvoir en parler avec justesse.
Je suis d'accord qu'une telle entreprise relève du domaine de l'utopie, et
moi-même pendant mes études ai souvent parlé ou écrit sur des livres sans les
avoir réellement lus. En revanche, j'avais lu ce que d'autres en disaient. J'ai
donc quoi qu'il en soit accompli un acte de lecture.
Bon, en même temps, je caricature un peu. Quand on rentre vraiment dans le bouquin, on comprend que la motivation de l'auteur est autre que de faire croire qu'on peut ne pas lire et parler d'un livre non lu. Pierre Bayard développe surtout les différentes façons de lire, parce que finalement qu'est-ce que lire ? Que peut-on qualifier de réel acte de lecture ? Sur ce point-là, l'auteur avance des thèses assez fines, voire intelligentes. Mais parfois, il tire aussi trop la couverture à lui en étayant ses propos par des exemples paradoxaux (d'ailleurs la collection de l'édition n'est-elle pas « Paradoxe » ?), tirés par les cheveux.
Enfin pour conclure, j'avais vu, j'ai lu, j'en suis revenue. Pour moi, ce ne sera pas un livre qui restera longtemps ancré. Tout au plus un essai supplémentaire sur l'acte profondément intense et envoûtant qu'est la lecture. Et c'est comme pour tout, quand on démonte les rouages d'une chose fabuleuse, on arrive à lui en ôter sa magie.
Publié par Alwenn à 22:24:03 dans @ Essais | Commentaires (0) | Permaliens
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