" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Harry Potter et les reliques de la mort, de J.K. Rowling (Gallimard, 850 pages). Terminé le 29 octobre 2007.
Genre : roman jeunesse
Avis : 4/5
On ne présente plus le jeune sorcier britannique dont les aventures passionnent petits et grands depuis maintenant quelques années...
Alors, ça y est. Je viens de mettre un terme à mes attentes, à mes espoirs en terminant le septième tome d'Harry Potter.
Mais, comme je sais que bon nombre d'entre vous n'a pas encore lu le livre, je réserve la publication de ma critique pour plus tard...
Je livre juste mon sentiment global : j'ai adoré le bouquin, j'ai frémi, j'ai souri, j'ai même versé une petite larme de temps en temps. Mais... je suis déçue par la fin. Le dernier chapitre est de trop pour moi. Un épilogue en moins et je lui aurais mis 5/5... Je m'attendais au dénouement, mais je n'aurais pas voulu que J.K Rowling l'écrive, j'aurais voulu qu'elle laisse le soin au lecteur d'imaginer cet épilogue à sa façon.
Mais bon, belle aventure quand même ! Les détails pour plus tard...
ATTENTION ! Tout ce qui suit est bourré de spoilers !!! Ne pas lire si vous n'avez pas encore lu et/ou terminé le livre !!!
Rentrons maintenant dans les détails : reconnaissons tout d'abord le talent de Rowling à nous embarquer dans l'histoire et à nous tenir sans haleine sans pouvoir lâcher le livre... Je crois bien que c'est la première fois que j'ai transigé à l'une de mes règles élémentaires de lectrice : ne pas manger en lisant -ou ne pas lire en mangeant, au choix-. J'ai dérogé à cette règle, et honte à moi, la tranche de mon Harry Potter 7 se souviendra toujours de la pizza qui l'a accompagné le temps de quelques pages...(moi qui déteste que mes livres soient abîmés...).
Bref, on l'aura compris, j'ai dévoré le bouquin.... Et j'ai adoré presque tout.
L'ambiance, les mystères, la fuite, la quête... Haletant tout ça, y'a pas à dire !
Evidemment, mon plus énoooorme regret, c'est la mort de Dobby... Dobby, l'un de mes personnages préférés. L'un des plus attachants pour moi. Saleté de Beatrix Lestrange !
Les autres morts m'ont moins touchée, sauf peut-être celle de Rogue... Aaaah, je le savais bien que Rogue n'était pas un méchant. C'était évident que Dumbledore n'aurait pas pu lui faire confiance autrement. Même à la fin du 6, je sentais que tout cela ne faisait partie que d'un vaste plan élaboré par Dumbledore. C'était une évidence. Du coup, la manière dont il finit est un peu lamentable. Enfin, elle colle cependant à l'image que J.K Rowling a véhiculé sur lui tout au long des livres.
Le côté seconde guerre mondiale aura sauté aux yeux de beaucoup je suppose : il y a en effet une vision très noire du monde des sorciers, en particulier des moldus et les nés-moldus qui sont les Juifs de ce monde parallèle. Les « sang-de-bourbe » que l'on interroge, que l'on pourchasse, que l'on tue même. Et l'Ordre du Phénix évidemment incarne la résistance qui se met en place. Il y a même l'équivalent de la TSF dans l'émission « Potterveille » qui passe sur les ondes d'un poste de radio magique. A bien y réfléchir, c'est vrai qu'il y a un côté très obscur dans le monde imaginé par Rowling. Après, on peut y voir ce que l'on veut selon les couches de lecture que l'on explore et selon ses références historico-culturelles, mais pour moi, il est clair qu'il y a des relents de III Reich du côté de Voldemort et de ses Mangemorts. Bon, en même temps, c'est le propre des univers manichéens que de développer des strates sociales et hiérarchiques.
Quelques petites longueurs tout de même pour tout le passage qui concerne la fuite dans les bois. Mais certains autres épisodes très réussis : l'échappée de Potter et de ses sosies aux premières pages, le retour à Godric's Hollow, le « braquage » de Gringotts, et puis la bataille de Poudlard bien sûr.
Vraiment, les 800 pages sont un régal pour qui est fan de Potter. Mais que la fin m'a déçue ! Bien sûr, il fallait que Voldemort meure. Bien sûr il fallait que le Bien triomphe du Mal. Mais cet épilogue gnan-gnan... Ah, non ! Il est vraiment en trop celui-là. Un « happy end » bien pensant, tout-comme-il-faut que je n'aime pas du tout, mais alors pas du tout. Déjà, au risque de me faire lyncher, sur les trois héros, pour faire un peu plus réaliste, elle aurait dû en tuer un (pas taper, hein, pas taper...). Et puis ensuite, il était évident que si tous trois restaient en vie, ils auraient finis comme Rowling nous le dit dans l'épilogue. Mais le fait qu'elle le verbalise avec autant de mièvrerie, ça m'a gâché ma fin. Même les prénoms qu'Harry donne à ses enfants sont « cucul » je trouve. J'aurais préféré imaginer tout ça par moi-même. Ça peut paraître bête comme ça, mais vraiment, j'ai détesté l'épilogue. Et pourtant, je le dis à nouveau, j'ai adoré tout le reste.
Et puis finalement, si elle voulait clore le cycle, pourquoi donner presque envie aux lecteurs de savoir comment vont évoluer la vie des héros, que ce soit à travers leur vie d'adulte, ou à travers leurs enfants, puisqu'on sent encore palpable le ressentiment qui existe entre les Potter et les Malefoy par exemple.
Enfin, bon, pour conclure, ce n'est peut-être pas grand-chose cet épilogue par rapport aux autres pages, mais rester sur une mauvaise impression de fin, ça gâche le plaisir comme on dit. Et puis, il faut que je sois honnête, il y a bien sûr ce pincement au cœur quand on referme le livre et qu'on se dit que ça y est, c'est fini. La boucle est bouclée. L'histoire est finie. Les aventures sont terminées. Sniff. Quand des livres nous accompagnent comme ça pendant des années, c'est vrai que c'est dur de se dire que tout est terminé. Mais si. C'est le cas. Il faudra faire le deuil des aventures de ce petit sorcier.
Allez,
dernière pensée : que Dobby repose en paix...
Publié par Alwenn à 20:25:09 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (2) | Permaliens
Camelot, de Fabrice Colin (Seuil, 200 pages). Terminé le 25 octobre 2007.
Genre : roman jeunesse
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Institut Saint-James de B... Nathan a 17 ans. Il doit passer l'été à préparer son diplôme de fin d'études dans cet établissement prestigieux réservé à quelques privilégiés. Avec Eric, David et Mathis, ils forment un groupe d'amis fidèles, solidaires, dans cet univers de garçons où les rivalités sont parfois violentes. Un soir, arrive un nouvel élève : Arthur. Il exerce une fascination troublante sur chacun. Bientôt, les trois amis de Nathan disparaissent des nuits entières, sans qu'il ne puisse rien savoir de leurs escapades nocturnes. C'est avec Arthur qu'ils partent, Nathan en est persuadé. Il décide d'aller lui parler. Arthur lui propose alors de devenir à son tour un chevalier de la table ronde...
Fabrice Colin est un auteur que j'avais
découvert il y a trèèès longtemps, puisque qu'il fut le premier auteur jeunesse
que j'aie lu après avoir découvert Harry Potter. A l'époque, j'avais lu Les
enfants de la lune, que j'avais vraiment apprécié.
Avec Camelot, c'est un univers bien différent qui s'ouvre mais quel univers ! Prenant ses racines dans Le grand Meaulnes ou Les disparus de Saint-Agil, Camelot raconte l'aventure que vont vivre quatre adolescents, dont la vie va être bouleversée par l'arrivée d'un mystérieux élève, Arthur.
De fugues nocturnes en échappées initiatiques, les cinq héros de cette aventure vont expérimenter la vie entre mythe et réalité. Le mythe des Chevaliers de la Table Ronde est-il pour eux le moyen d'occulter la vie d'adulte qui se profile devant eux ? Est-il la parabole qu'une quête adolescente encore empreinte de naïveté et d'illusions ? La Grande Histoire peut-elle être le reflet de la petite, l'histoire quotidienne ?
Sans trop dévoiler l'intrigue qu'a élaboré Fabrice Colin, je me peux que m'incliner devant cette idée formidable de revisiter le mythe des Chevaliers à travers le spectre d'ados bien d'aujourd'hui. C'est original, bien pensé et bien écrit. Les chapitres courts s'enchaînent rapidement, l'intrigue se noue avec facilité et le lecteur est entraîné à la suite de ces cinq héros attachants.
Une belle découverte donc. Et puis le petit côté « Cercle des poètes disparus » ne pourra que ravir ceux qui ont le goût de ces récits d'adolescence qui oscillent encore à la lisière du monde adulte.
Mon seul regret finalement : que le livre fut aussi court.
Publié par Alwenn à 17:57:20 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (4) | Permaliens
99 francs, de Frédéric Beigbeder (Folio, 299 pages). Terminé le 21 octobre 2007.
Genre : roman
Avis : 2/5
RESUME EDITEUR : En ce temps-là, on mettait des photographies géantes de produits sur les murs, les arrêts d'autobus, les maisons, le sol, les taxis, les camions, la façade des immeubles en cours de ravalement, les meubles, les ascenseurs, les distributeurs de billets, dans toutes les rues et même à la campagne. La vie était envahie par des soutiens-gorge, des surgelés, des shampoings antipelliculaires et des rasoirs triple-lame. L'oeil humain n'avait jamais été autant sollicité de toute son histoire : on avait calculé qu'entre sa naissance et l'âge de 18 ans, toute personne était exposée en moyenne à 350 000 publicités. Même à l'orée des forêts, au bout des petits villages, en bas des vallées isolées et au sommet des montagnes blanches, sur les cabines de téléphérique, on devait affronter des logos "Castorama", "Bricodécor", "Champion Midas" et "La Halle aux Vêtements". Il avait fallu deux mille ans pour en arriver là.
Je suis très déçue cette fois-ci par
Beigbeder. Autant j'avais adoré L'amour dure trois ans, autant je me
suis ennuyée à la lecture de celui-ci.
La première partie est pourtant très bonne : créatif de pub désabusé, Octave cherche à se faire virer de la boîte où il travaille. A grands coups de slogans publicitaires actuels et de dépeçage en règle des techniques marketing qui nous abrutissent, le narrateur tisse avec son lecteur un lien à la limite sado-maso : on aurait envie de le baffer (après tout, il a plus de thunes qu'on n'en aura jamais nous, et il ose se plaindre) ou alors de se faire baffer nous-mêmes (comment pouvons-nous être aussi naïfs, -pour ne pas dire autre chose-, et nous laisser avoir comme des abrutis par la pub ? On le savait déjà qu'on était les vaches à lait des grandes marques, mais là, ça ne donne plus envie d'aller faire ses courses. Ou alors pour acheter autre chose.) Bref, une bonne première partie. Vraiment.
Mais au fur et à mesure que le livre avance, c'est une véritable Bérézina littéraire et stylistique. La construction était pourtant intelligente (je, tu, il, nous, vous, ils) mais elle apparaît artificielle plus on progresse dans le roman.
On perd rapidement de vue l'objectif de départ d'Octave, qui était de se faire virer, je le rappelle, et on assiste à un pseudo road-movie publiciste américain du narrateur, accompagné de son copain Charlie, et là, le fil rouge se délite progressivement pour disparaître complètement.
Quant à la fin, elle semble totalement bâclée, et elle est inintéressante (c'est cette partie-là qu'il a écrit après son rail de coke ?) et complètement en digression par rapport au début du roman.
Je suis donc hyper déçue. Et le plus rageant c'est que compte tenu de la réelle qualité du début, on referme le livre avec la désagréable impression qu'on aurait pu avoir bien mieux comme roman si Beigbeder ne s'était pas laissé aller à des travers stylistiques qui se veulent post-modernistes, fleurant bon l'écriture sous emprise de substances illicites... C'est dommage.
Mais le pire dans cette histoire, c'est que j'aurais envie de me gifler pour avoir été aussi idiote : j'ai acheté le bouquin alléchée par le nom d'un auteur qui m'avait plu précédemment, et matraquée par la pub qui avait été faite autour du film (que je n'ai pas vu, je le souligne). Et voilà comment acheter et donner de l'argent à quelqu'un qui vous explique par A + B que vous êtes de vrais moutons dont l'instinct se limite aujourd'hui à la consommation.
Publié par Alwenn à 16:24:04 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
Le liseur, de Berhnard Schrink (Folio, 242 pages). Terminé le 13 octobre 2007.
Genre : roman
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais. Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ? "
Le choix de ce livre après Le secret
de Grimbert est un coup de la fortune. Le liseur était dans ma PAL et il est
arrivé dans mes mains comme à chaque fois, par le jeu du hasard. Mais que le
hasard fait si bien les choses parfois !
Le liseur traite du même thème de la Shoah, mais envisagé cette fois-ci à travers le point de vue allemand et à travers le regard du narrateur, issu de la génération d'après le IIIeme Reich. A travers son éducation amoureuse avec Hanna, puis de sa découverte sur le passé de sa maîtresse, les questions se succèdent. Comment expliquer ? Comment comprendre ? Comment réagir ? Le narrateur se pose les questions essentielles à tout cheminement de compréhension et d'explication face au mal, à l'horreur. Lui, qui n'a pas pris part aux funestes événements, mais qui devra porter comme une faute le poids des erreurs de la génération précédente. Cette rencontre avec Hanna est de celle qui renverse tous les préjugés, toutes les opinions, toutes les convictions. Le narrateur en sera marqué à vie. Mais encore une fois, l'écriture permet la libération des émotions et des sentiments. Elle n'aide pas toujours à comprendre, mais elle tente tant bien que mal de le faire.
Publié par Alwenn à 22:00:23 dans @ Romans | Commentaires (2) | Permaliens
Un secret, de Philippe Grimbert (Livre de poche, 184 pages). Terminé le 08 octobre 2007.
Genre : roman
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence. Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l'œuvre dans nos vies.
Je ne suis pas allée voir le film, je ne
sais pas si j'irai le voir, mais une chose est sûre : grand bien m'a pris
de céder aux sirènes de la promotion faite autour de ce livre...
Je ressors de ma lecture complètement bouleversée... L'histoire est absolument superbe, racontée dans un style simple, dépourvu de fioritures, pénétrant avec une acuité puissante au cœur des sentiments humains : amour, trahison, culpabilité, tristesse et deuil...
Bâtie sur les cendres encore tièdes de la Shoah, l'histoire de ce narrateur qui s'est inventé un frère et qui, inconsciemment, lutte avec les démons cachés de sa famille, nous livre une émotion intense.
Ca faisait bien longtemps -trop longtemps sans doute- que je n'avais pas refermé un livre avec cette petite perle troublée qui s'accroche à votre œil, naturellement, simplement, parce que les événements que nous livre Philippe Grimbert sont durs, lourds, et pourtant nimbés de pureté dans les sentiments qui s'échappent des personnages et qu'ils entretiennent entre eux.
Un secret est un petit bijou qu'il faut avoir lu. Une fois commencé, on ne peut plus le lâcher avant d'avoir compris, avant d'avoir su, avant d'avoir ressenti.
Jusqu'au bout, le livre nous emporte. Reste alors un profond sentiment de tristesse, mais aussi d'espoir : l'écriture peut dire l'indicible, l'écriture peut dévoiler l'inavouable, l'écriture peut libérer des masques du mensonge ou de la dissimulation. Mais plus que tout, l'écriture permet de ne jamais oublier. Quand la révélation d'un secret permet aux morts de s'envoler, laissant leur souvenir s'imprimer dans le tréfonds de nos âmes...
Publié par Alwenn à 14:23:07 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
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