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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Le sang des bêtes | 24 juin 2007

Le Sang des bêtes (Tome 6 de Murena) de Dufaux et Delaby (Dargaud, 48 pages). Terminé le 23 juin 2007.

Genre : bandes dessinées

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Un homme qui a connu une longue période de prospérité est sujet à toutes les catastrophes. Le succès ne sait se fixer et toutes les fois que la prospérité ne peut aller de l'avant, elle fait marche arrière.


Encore une fois, j'ai dévoré en mois de temps qu'il n'en faut pour le dire ces aventures de Murena.

Le héros éponyme de la BD, Lucius Murena, y est d'ailleurs beaucoup plus présent que dans le tome précédent, et on découvre un homme qui cherche à sauver la femme qu'il aime, quitte à se retourner contre la Mère Nourricière -Alma Mater-, Rome la toute puissante. Sa quête l'emmène jusqu'en Gaule, dans le pays éduen enneigé.

Le souci du détail chez les auteurs est toujours hallucinant : ils vont jusqu'à nous mettre des graffiti en latin sur les murs, et quand on sait observer le dessin, on remarque à chaque fois un détail qui aurait pu nous échapper à la première lecture. Je suis toujours autant en extase devant le graphisme et les couleurs et vraiment, leur vision de Rome est tout à fait celle que je m'en fais : d'un côté le luxe ostentatoire des sphères impériales, et de l'autre, les lézardes populaires d'une Rome de briques et de torchis.

Par contre, le sacrifice humain par le druide fait un peu tache : au premier siècle après JC, la Gaule est entièrement romanisée et les sacrifices humains ne se pratiquent plus. Surtout pas dans cette ambiance païenne et celtique poussée (à mon sens) à outrance. C'est dommage, le monde gaulois et gallo-romain est encore très méconnu et bien que Dufaux et Delaby soient très informés et documentés, ils n'ont malheureusement pas échappé à cet écueil folklorique erroné. J'imagine que cela satisfaisait le scénario et accentuait le côté tragique.

Mais bon, mis à part ce détail, l'ensemble est vraiment excellent mais dès la dernière page tournée, je soupire et n'aspire qu'à une seul chose : la suite ! D'autant que le prochain tome verra le grand incendie de 64 détruire Rome. Et je suis très curieuse de voir comment Dufaux et Delaby vont l'envisager : le Néron de Suétone l'emportera-t-il ou parviendront-ils à maintenir une vision plus impartiale ?....La suite dans un an (Pfff, c'est trop long !)

Publié par Alwenn à 13:07:51 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (0) |

Le serment des limbes | 20 juin 2007

Le serment des limbes de Jean-Christophe Grangé (Albin Michel, 652 pages). Terminé le 18 juin 2007.

Genre : thriller

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Quand on traque le diable en personne, jusqu'où faut-il aller ?


Bon, avouons-le tout de suite : c'est la première fois que je lis du Grangé. Et j'en ressors plutôt satisfaite. Alors on commence par les choses qui fâchent d'emblée : pas de grandeur remarquable dans le style, rien de notable ou d'extraordinairement frappant. En même temps, c'est un thriller pur jus, faut pas non plus s'attendre à des effets de manches littéraires. Ou alors faut lire autre chose.

Pour le reste, je suis assez bluffée. Pendant de longues pages, je me suis demandé pourquoi il y avait certaines longueurs, pourquoi certains éléments de l'enquête semblaient décrocher de l'intrigue principale. Mais sur la fin, on se rend compte du travail d'orfèvre qu'a réalisé Grangé : comme une araignée qui tisse patiemment sa toile, Grangé distille des éléments petit à petit, éléments qui prennent un sens incroyable dans le dénouement. C'est mieux qu'un travail d'orfèvre, c'est un ouvrage de maître ciseleur qui réalise un puzzle subtil et délicat. Je me suis complètement laissée prendre dans cette histoire et je me suis fait avoir sur la fin. Bon sang, Grangé a l'art et la manière de laisser tomber les masques avec une brutalité qui vous laisse pantois. J'avoue donc, je me suis fait piégée. A chaque fois que l'on croit entrevoir la «vérité, la Vérité que seul l'auteur veut bien vous donner vous explose à la tête. Tout s'imbrique parfaitement, et l'on s'en veut de ne pas y avoir pensé avant.

Le personnage principal, Matthieu Durey, est, en outre, pour le moins atypique : flic, mais ancien séminariste, livrant des batailles intérieures, réfléchissant sur des notions eschatologiques, dans un manichéisme très chrétien.

Le fond de l'histoire est donc plutôt riche, assez novateur et intrigue, c'est le moins que l'on puisse dire.

Quant à l'ambiance, c'est très conforme à l'adaptation cinématographique que j'ai pu voir de Grangé dans Les rivières pourpres : pluie, espaces montagnards angoissants oscillant entre pics vertigineux et gouffres pesants, personnages en quête de vérité, subissant leurs pulsions plutôt que les maîtrisant, ambiguïté de l'évolution humaine, entre enfance naïve et âge adulte pris dans ses tiraillements existentiels profonds.

Bref, j'ai bien aimé me faire embarquer de la sorte, et découvrir un univers construit, élaboré, avec une rédaction réfléchie et intéressante.

Et puis, pour terminer, je l'avoue à nouveau, je me suis fait complètement avoir sur la fin, j'y ai cru jusqu'au bout, j'ai douté, je suis revenue de mes hypothèses et Grangé a mis un point final à mes interrogations : je m'étais plantée sur toute la ligne. 

Publié par Alwenn à 22:03:42 dans @ Thrillers | Commentaires (6) |

Le syndrome Copernic | 08 juin 2007

Le syndrome Copernic de Henri Loevenbruck (Flammarion, 441 pages). Terminé le 06 juin 2007.

Genre : thriller

Avis : 3/5

RESUME EDITEUR : Ils lui avaient dit qu'il souffrait d'une schizophrénie paranoïde aiguë. Mais Vigo Ravel le sait, les voix qu'il entend dans sa tête ne sont pas des hallucinations. Ce sont les pensées des gens. Les vôtres.

            Je ne vais peut-être pas être très objective dans la critique de ce livre car je ne l'ai pas lu dans de bonnes conditions. Je l'avais commencé il y a deux mois, je l'ai arrêté plusieurs fois pour lire d'autres livres entre temps, et donc, je n'ai sans doute pas eu une bonne vue d'ensemble du roman. Mais bon, je livre mon sentiment tel quel : en trois mots, je suis déçue.

J'avais adoré du même auteur Le testament des siècles, qui tournait (bien avant le Da Vinci Code) autour de Léonard de Vinci et de ses inventions, avec une intrigue haletante avec courses-poursuites et chasse au trésor.

         Mais là... Même si je dois reconnaître que le style du thriller est bien là (chapitres assez courts, rythme soutenu...) le fond m'a semblé bien plat : on retombe une énième fois dans les histoires de théories de complot, complot militaire cette fois-ci avec expériences interdites qui tournent mal et personnage principal en quête de vérité et d'identité... Bof... une impression de déjà vu qui m'a plutôt laissée froide.

         Ce que j'ai le plus apprécié finalement, c'est la construction même du roman, qui propose, pour couper la trame narrative, des extraits du journal intime du personnage principal, Vigo Ravel. Intitulés « Carnets Moleskine »,  Vigo le schizophrène y développe une réflexion parfois déconcertante mais souvent très pertinente, sur des thèmes assez philosophiques et existentiels. J'avoue que sur ce point-là, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et j'y ai trouvé une réelle profondeur.

         Mais le reste est assez terne, la fin est expédiée à mon sens, et au final, j'ai une impression de caricature pour les personnages. A titre d'exemple, j'ai longtemps été une (très) grande fan d'X-Files, et j'ai cru trouver une pâle imitation des Lone Gun Men dans le groupe SpHiNx.

         Bon, il ne faut pas non plus que je sois négative, ça se laisse lire. Mais je me serais plutôt vue le lire sur la plage cet été... parce qu'il faut le prendre comme un thriller « no prise de tête ».

Publié par Alwenn à 21:53:21 dans @ Thrillers | Commentaires (0) |

Les sept pièces | 06 juin 2007

Les sept pièces (La trilogie du livre du temps) de Guillaume Prévost (Gallimard jeunesse, 261 pages). Terminé le 30 mai 2007.

Genre : roman jeunesse

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Après plusieurs voyages dans le temps grâce à la pierre sculptée, Sam a enfin localisé son père : il est en Valachie médiévale, prisonnier d'un tyran sanguinaire surnommé Dracula ! Pour le sauver, Sam doit maintenant réunir les sept pièces qui permettent de s'orienter dans les couloirs du temps. Mais aux mille dangers du passé s'ajoutent les pièges d'un mystérieux ennemi...

 

         Bonne suite à l'excellent premier opus du Livre du temps. J'ai retrouvé avec plaisir Samuel Faulkner et ses aventures temporelles.

         A la recherche de son père, le jeune garçon va prendre beaucoup de risques pour traverser les époques et trouver une solution pour le délivrer des griffes de Vlad Tepes, l'Empaleur, modèle historique du célèbre Dracula.

         Comme la fois précédente, les épisodes s'enchaînent avec rapidité et le rythme soutenu plonge le lecteur toujours plus avant dans l'intrigue. Evidemment, la suite sera impatiemment attendue compte tenu de la tournure que prennent les événements à la toute fin (que je ne dévoilerai pas, bien entendu, mais bon sang, on aimerait bien savoir)...

         Guillaume Prévost a montré qu'il avait de la suite dans les idées et j'espère qu'il nous concoctera un bon dernier tome, plein de rebondissements et de révélations...

 

Publié par Alwenn à 19:05:59 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (11) |

L'amour dure trois ans | 04 juin 2007

L'amour dure trois ans de Frederic Beigbeder (Folio, pages). Terminé le 13 mai 2007.

Genre : roman

Avis : 5/5

RESUME EDITEUR : Au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible - pourquoi réfléchir quand on est heureux ? La deuxième année, les choses commencent à changer. Vous êtes devenu tendre. Vous faites l'amour de moins en moins souvent et vous croyez que ce n'est pas grave. Vous défendez le mariage devant vos copains célibataires qui ne vous reconnaissent plus. Vous-même, êtes-vous sûr de bien vous reconnaître, quand vous récitez la leçon apprise par coeur, en vous retenant de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue ? La troisième année, vous ne vous retenez plus de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue. Vous sortez de plus en plus souvent : ça vous donne une excuse pour ne plus parler. Vient bientôt le moment où vous ne pouvez plus supporter votre épouse une seconde de plus, puisque vous êtes tombé amoureux, d'une autre. La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre.

 
Comment ai-je pu attendre aussi longtemps avant de lire du Frédéric Beigbeder ? Je me pose encore la question depuis que j'ai terminé ce livre et qu'à chaque fois que je le regarde, encore posé sur ma table de chevet, j'ai envie de le rouvrir pour le relire (et cette envie de relire un livre est assez rare chez moi pour que je le souligne !)

J'ai dévoré cette histoire désenchantée où se mêlent un humour grinçant, une ironie mordante et des constats d'une vérité à la fois accablante et légère.

Beigbeder s'attache à démontrer que l'amour est chose bien incompréhensible, qui, de manière ontologique, échappe à la raison et qui subit les attaques d'un enchaînement hormonal et chimique du cerveau (ça fait froid dans le dos !)... Que celui qui ne se retrouvera pas dans ce qu'a décrit l'auteur me jette la première pierre !

Personnellement, je me suis complètement retrouvée dans ce personnage de ma génération, trentenaire un peu désabusé qui aime, n'aime plus, aime à nouveau, doute mais vit, se détruit, vit encore et profite. La vie quoi. Avec toujours ce désir d'éprouver ce merveilleux sentiment - mais ô combien ténu -, qu'est la passion, ce sentiment fort qui fait souffrir mais qui nous fait tellement nous sentir en VIE.

Le style est fluide, sans prétention mais d'une justesse dans les mots et dans le sens de l'expression qui m'a ravie. Nul doute que dès mon prochain tour à la librairie, je fais la razzia sur ses autres bouquins !

Pour en revenir sur le thème de L'amour dure trois ans, je suis intimement convaincue que cette génération de trentenaire (dans laquelle je m'inclus sans honte) est une génération qui demandera toujours beaucoup à l'amour. On veut le consommer comme on consomme de tout dans la société, et surtout n'en tirer que le meilleur. Alors qu'en matière d'alimentaire, la mode est au light, en amour, en revanche, on demande la folle passion, le sentiment fort, qui vous bouffe le cœur et les tripes, qui vous empêche de manger, de dormir, et qui vous donne votre passeport pour la vie dans toute ses splendeurs et ses misères : aimer et souffrir. N'est-ce pas là le sens même du mot « passion » en latin ? Aimer et souffrir. Et cette souffrance nous permet de nous ancrer dans la réalité, dans la vie, d'une manière tellement empirique et physique que c'est dans cette souffrance même que l'on peut se sentir vivre. C'est du Stendhal moderne : la cristallisation du sentiment et la passion comme seul antidote au désenchantement de la vie.

Certes, la question reste posée à la fin du roman : l'amour dure-t-il vraiment trois ans et faut-il toujours recommencer  (si l'on ne peut accepter la perte de ce sentiment incroyable) ou peut-on espérer trouver quelqu'un qui nous permettra de surmonter cette routine du couple qui ronge les relations et avec qui l'amour-passion prendra définitivement ses quartiers ? Le nœud du problème réside donc en une question simple : serons-nous d'éternels enfants en quête d'un sentiment qui par nature, nous échappera toujours dans le temps ou pourrons-nous mûrir assez pour accepter que l'amour, c'est aussi arrêter de courir les chimères et envisager une relation de couple comme un échange tendre et complice ? En gros, la passion et la tendresse sont-ils deux sentiments intrinsèquement différents ou sont-ils les deux faces d'une seule et même médaille qu'il faut oser retourner un jour ?

Publié par Alwenn à 10:12:11 dans @ Romans | Commentaires (2) |

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