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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Le serment des limbes | 20 juin 2007

Le serment des limbes de Jean-Christophe Grangé (Albin Michel, 652 pages). Terminé le 18 juin 2007.

Genre : thriller

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Quand on traque le diable en personne, jusqu'où faut-il aller ?


Bon, avouons-le tout de suite : c'est la première fois que je lis du Grangé. Et j'en ressors plutôt satisfaite. Alors on commence par les choses qui fâchent d'emblée : pas de grandeur remarquable dans le style, rien de notable ou d'extraordinairement frappant. En même temps, c'est un thriller pur jus, faut pas non plus s'attendre à des effets de manches littéraires. Ou alors faut lire autre chose.

Pour le reste, je suis assez bluffée. Pendant de longues pages, je me suis demandé pourquoi il y avait certaines longueurs, pourquoi certains éléments de l'enquête semblaient décrocher de l'intrigue principale. Mais sur la fin, on se rend compte du travail d'orfèvre qu'a réalisé Grangé : comme une araignée qui tisse patiemment sa toile, Grangé distille des éléments petit à petit, éléments qui prennent un sens incroyable dans le dénouement. C'est mieux qu'un travail d'orfèvre, c'est un ouvrage de maître ciseleur qui réalise un puzzle subtil et délicat. Je me suis complètement laissée prendre dans cette histoire et je me suis fait avoir sur la fin. Bon sang, Grangé a l'art et la manière de laisser tomber les masques avec une brutalité qui vous laisse pantois. J'avoue donc, je me suis fait piégée. A chaque fois que l'on croit entrevoir la «vérité, la Vérité que seul l'auteur veut bien vous donner vous explose à la tête. Tout s'imbrique parfaitement, et l'on s'en veut de ne pas y avoir pensé avant.

Le personnage principal, Matthieu Durey, est, en outre, pour le moins atypique : flic, mais ancien séminariste, livrant des batailles intérieures, réfléchissant sur des notions eschatologiques, dans un manichéisme très chrétien.

Le fond de l'histoire est donc plutôt riche, assez novateur et intrigue, c'est le moins que l'on puisse dire.

Quant à l'ambiance, c'est très conforme à l'adaptation cinématographique que j'ai pu voir de Grangé dans Les rivières pourpres : pluie, espaces montagnards angoissants oscillant entre pics vertigineux et gouffres pesants, personnages en quête de vérité, subissant leurs pulsions plutôt que les maîtrisant, ambiguïté de l'évolution humaine, entre enfance naïve et âge adulte pris dans ses tiraillements existentiels profonds.

Bref, j'ai bien aimé me faire embarquer de la sorte, et découvrir un univers construit, élaboré, avec une rédaction réfléchie et intéressante.

Et puis, pour terminer, je l'avoue à nouveau, je me suis fait complètement avoir sur la fin, j'y ai cru jusqu'au bout, j'ai douté, je suis revenue de mes hypothèses et Grangé a mis un point final à mes interrogations : je m'étais plantée sur toute la ligne. 

Publié par Alwenn à 22:03:42 dans @ Thrillers | Commentaires (6) |