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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Le prix des chiens | 16 mai 2007

Le prix des chiens de Bertand Lançon (Editions Alvik, 206 pages). Terminé en décembre 2006.

Genre : roman policier antique

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : 375 ap. J. C. : nommé agent de renseignement, Festus se voit confier une mission secrète dans une Illyrie en pleine crise. Des barbares sillonnent le pays, les chrétiens se battent entre eux, et les meurtres se multiplient. Loin de sa famille et des plaisirs de Rome, Festus doit parcourir les Balkans dans un hiver glacial. Pourquoi la cité de Scupi est-elle soumise à une quarantaine implacable ? De rencontres inattendues en découvertes étonnantes, il conduit son enquête avec ténacité au péril de sa vie. Avec finesse et humour, il parvient, avec ses amis, à percer toute cette noirceur, aboutissant à de saisissantes révélations. « Chaque affaire est une fresque couverte d'un enduit qui la cache. (...) J'arrivais maintenant au moment exaltant où l'enduit est suffisamment entamé pour qu'une partie de la peinture puisse être comprise... »

Deuxième opus des aventures de Festus, Bertrand Lançon tient toutes se promesses : le personnage de l'enquêteur est désormais bien campé et l'univers dans lequel il évolue aussi.

D'ailleurs, je n'ai cessé de m'extasier sur « l'exotisme » d'avoir choisi cette période tardive de l'empire romain pour situer ces enquêtes. Moi qui suis habituée aux polars antiques du I avant ou après JC, et qui pensait bien connaître l'histoire de Rome en ma qualité de prof de Lettres Classiques, je reste stupéfaite de voir combien je connais très mal cette période.

Et pourtant, c'est tout simplement passionnant ! On sent les tiraillements d'un empire qui a dû évoluer avec les difficultés inhérentes à son extension, l'évolution de la religion, le rapprochement des barbares aux portes du Limes... Tout cela concourre à livrer une ambiance de polar antique complètement à part dans lequel l'auteur fait son trou lentement mais sûrement. On appréciera l'effort d'avoir moins donné de vocabulaire spécifique latin (Bertrand Lançon s'explique d'ailleurs à ce propos dans sa post-face) tout en conservant une certaine exigence à nommer les choses telles qu'elles sont sans simplifier à outrance.

L'intrigue quant à elle tourne aussi bien que la première et je me suis encore une fois laissée surprendre par le dénouement. Ce qui est évidemment très bon signe pour un auteur de polar quand il arrive à surprendre ses lecteurs.

J'ai particulièrement apprécié également les lieux que l'auteur a choisis pour situer son histoire : cette Illyrie lointaine qui n'a pas été sans me rappeler des poèmes de Tristes ou des Pontiques d'Ovide quand il décrit le glacial hiver sarmate.

En résumé, je crois que j'attendais de lire ce deuxième opus pour affermir mon jugement, mais je peux le dire maintenant : je suis conquise par ce nouvel enquêteur antique.

Publié par Alwenn à 19:23:00 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) |

Les gladiateurs de l'empereur | 16 mai 2007

Les gladiateurs de l'empereur de Caroline Lawrence (Milan Poche, 298 pages). Terminé en décembre 2006.

Genre : roman jeunesse, aventures

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Ils sont quatre : Flavia, la fille d'un armateur romain, Jonathan, le jeune chrétien, Nubia, l'esclave africaine, et Lupus, le petit mendiant muet. Mais Jonathan a disparu, durant le grand incendie de Rome. Mort ? Devenu gladiateur ? Nos trois amis le cherchent, au Colisée, au cœur des plus grands jeux du cirque jamais organisés.

 

J'ai enfin retrouvé un climat plus gai dans ce volume par rapport au précédent.

A la recherche de leur ami Jonathan, les petits enquêteurs en herbe d'Ostie vont découvrir le Colisée et les jeux du cirque. Même si l'ambiance possède un fond latent de violence et de sang, ce n'est que décrire avec justesse ce qui se passait dans le sable de l'amphithéâtre flavien.

Après les séparations va venir le temps des retrouvailles et je trouve que ce ton va beaucoup mieux au livre que le sombre nihilisme qui habitait Jonathan à la fin du tome précédent.

Nul doute que Caroline Lawrence va nous livrer d'autres aventures du quattuor, que je suivrai sans nul doute avec plaisir. En espérant sincèrement qu'elle ne s'essouffle pas trop et qu'elle retrouve son ingéniosité pour nous inventer des énigmes qui sortent de l'ordinaire, à l'instar des deux premiers tomes que j'avais adorés !

 

Publié par Alwenn à 19:17:21 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (0) |

Le cinquième règne | 16 mai 2007

Le cinquième règne de Maxime Chattam (Pocket, 521 pages). Terminé en décembre 2006.

Genre : thriller

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Ils auraient dû se méfier... Respecter le couvre-feu instauré depuis le meurtre de jeune Tommy Harper, retrouvé étranglé près de la voie ferrée. Reposer le vieux grimoire poussiéreux tant qu'il était encore temps. Et surtout... ne pas en tourner les pages. A présent, Sean le rêveur et sa bande vont devoir affronter le Mal absolu : à Edgecombe, petite ville tranquille de la Nouvelle-Angleterre, les éléments se déchaînent, de nouveaux adolescents disparaissent et de mystérieux hommes au charisme effrayant font leur apparition...

Et si ce livre maudit détenait la clé du plus effroyable mystère de l'humanité ?


Premier roman de Maxime Chattam, qu'il avait à l'époque publié sous le pseudo Maxim Williams, le cinquième règne livre une histoire d'adolescents qui se voient obligés de combattre l'incarnation du Mal. Comme d'habitude chez Chattam, il y a quelque chose de très manichéen dans l'exposition de la lutte du Bien contre le Mal. Mais l'histoire est très prenante, à la lisière entre du Stephen King (un vague rappel de ça ou encore de La tempête du siècle...) et du Dan Simmons dans son livre Les chiens de l'hiver : ambiance glauque assurée, avec toujours quelques détails sanglants et violents comme Chattam aime à en disséminer parfois.

Le rythme qui fait son succès est là aussi : les chapitres s'enchaînent et l'on toujours envie de poursuivre l'aventure, de plonger plus avant dans la connaissance de l'histoire pour comprendre, pour savoir, pour voir... et les personnages principaux sont plutôt attachants.

Remarquons toutefois que par rapport à ses livres suivants (la trilogie du mal), qui s'attachent à raconter des histoires au plus près de la réalité, -même si elles virent le plus souvent au macabre le plus noir et le plus violent-, l'originalité du Cinquième règne réside sans doute dans son caractère fantastique. Et je trouve que ça lui va plutôt bien à Chattam. Bref, je suis nettement plus emballée par ce livre que par L'âme du mal que j'avais précédemment lu. C'est sans doute parce que c'est moins perturbant de lire des histoires qui vous donnent des frissons dans le dos quand on vous dit qu'elles sont surnaturelles, plutôt que quand on vous fait penser que la réalité des tueurs psychopathes est encore en-deça de la réalité décrite dans le livre...

Ame sensible, moi ? Juste un peu...

Publié par Alwenn à 19:10:11 dans @ Thrillers | Commentaires (4) |