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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Trahison royale : les confidences de Calypso | 13 novembre 2006

Les confidences de Calypso, Tome 2 : Trahison royale, de Tyne O'Connel (Gallimard Scripto, 318 pages). Terminé en novembre 2006.


Genre : Littérature jeunesse (spécial filles...)


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Tout a changé cette année à Saint-Augustin, le pensionnat pour jeunes filles le plus huppé d'Angleterre. Calypso partage la chambre de Honey, la plus terrible garce de l'établissement. Star et Georgina, ses meilleures amies, n'ont plus qu'un prénom à la bouche : Indie, la nouvelle. Et pourquoi les textos si prometteurs que lui envoyaient le prince Freddie et Billy, le capitaine de l'équipe de sabre, s'arrêtent-ils brutalement ? Calypso ne sait plus trop où elle en est. Serait-ce sa jalousie maladive qui lui joue des tours ou a-t-elle de bonnes raisons de s'inquiéter ? Amitiés, rivalités, séduction... Calypso nous confie tout dans ce deuxième tome, dénonce les outrances de cet univers de paillettes, sans indulgence pour ses propres défauts et avec un humour irrésistible.


Voilà bien un bouquin d'adolescente : les amies, les amours, les emmerdes... Tyne O'Connel nous livre ici la suite des aventures de Calypso avec toujours autant d'humour et de mordant. C'est british à souhait : ambiance internat de filles huppées, pour ne pas dire friquées, amours et coup bas, blues adolescent et jalousies... Bref, tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment de lecture, même quand on a passé l'âge, comme moi...

Ce deuxième volet est sans doute moins enlevé que le précédent mais le conte de fée se poursuit, lentement mais sûrement, et nul doute que je me jetterai sur le volume numéro trois pour savoir comment vont évoluer les amours de Calypso et de son fiancé, héritier du trône... D'ailleurs, quand j'imagine ce personnage, j'ai toujours l'image du prince William qui me vient en tête... On ne se demande pas pourquoi !...


Publié par Alwenn à 12:29:25 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (6) |

Un pedigree | 12 novembre 2006

Un pedigree, de Patrick Modiano (Folio Gallimard, 91 pages). Terminé le 06 novembre 2006.

Genre : Littérature- autobiographie

Avis : 3/5

RESUME EDITEUR :

«
J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à
titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était
pas la mienne. Les événements que j'évoquerai jusqu'à ma vingt et
unième année, je les ai vécus en transparence - ce procédé qui consiste
à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs
restent immobiles sur un plateau de studio. Je voudrais traduire cette
impression que beaucoup d'autres ont ressentie avant moi : tout
défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie. »



Parmi
les petits bonheurs de l'enseignement des lettres, il y a les cadeaux
des maisons d'édition. J'ai donc eu le plaisir de recevoir il y a deux
jours dans ma boîte aux lettres cet exemplaire de Un pedigree de
Patrick Modiano. Je dois (honteusement) avouer que je n'ai jamais rien
lu de lui avant. Je connais les titres qui ont fait son succès mais je
ne me suis
jamais donné la peine de plonger dans l'un de ses romans.


C'était
donc ici l'occasion qui faisait le larron. A la lecture de la quatrième
de couverture, j'ai cru qu'il s'agissait d'un roman au narrateur
interne fictif, mais j'ai vite compris qu'il s'agissait en réalité
d'une autobiographie. J'ai d'abord eu un mouvement de recul : je n'ai
jamais trop su si Sainte-Beuve avait raison en pensant qu'une œuvre est
avant tout le reflet d'un homme (« Tel arbre, tel fruit ») et je me
suis demandé s'il était vraiment opportun de lire l'autobiographie de
Modiano sans avoir lu aucun de ses livres. Et puis je me suis
abandonnée au rythme des
lignes.

Au
départ, la généalogie presque exhaustive de l'auteur peut rebuter : une
suite de noms, aux consonances exotiques et mystérieuses, au parfum
suranné des années d'avant guerre ; un climat presque de film. Mais une
fois passé ces pages, Modiano livre des instants de sa jeunesse par
bribes, comme un patchwork des vingt première années de sa vie.

Et
certains passages sont touchants, émouvants : une mère presque toujours
absente, qui veille encore moins sur ses garçons que sur un chow-chow,
qu'elle abandonne au soin des autres. Un père qui est véritablement un
personnage : mystérieux, fripon, charmeur, homme d'affaire, rêveur...
un être visiblement complexe que Modiano admire et qu'il regrette sans
doute de nepas avoir connu assez. La mort de son frère Rudy, dont il
avoue que c'est l'événement de sa vie qui le marque le plus et qui
paradoxalement est évoqué pudiquement sur quelques lignes... Les
moments s'enchaînent, sautent d'une image à une autre
comme la mémoire peut le faire quand on essaie de se souvenir de
quelque chose.



Je
ne pense pas qu'il y ait de recherche particulière dans le style ni de
maniérisme dans l'évocation des souvenirs. C'est livré naturellement,
presque avec naïveté et c'est cela sans doute qui m'a le plus ému ; ça
se lit d'une traite, en une heure et ça laisse dans l'esprit un vague
à  l'âme... Le temps passe, chaque être vit des événements qui le
constituent, mais derrière le détail particulier de chacun, c'est
l'universalité des sentiments qui s'expriment et qui résonnent en échochez le lecteur.



Petite
lecture plaisante donc, mais je dois avouer que si je ne l'avais pas eu
en cadeau, je ne serais pas de moi-même allée le chercher... Et c'est
ainsi que dans sa vie on fait des choix et on passe sans doute à côté de centaines de livres... 


Publié par Alwenn à 17:41:59 dans @ Autobiographie | Commentaires (1) |

L'homme aux cercles bleus | 02 novembre 2006

L'homme aux cercles bleus, de Fred Vargas (J'ai lu, 220 pages). Terminé le 12 novembre 2006.


Genre
: roman policier


Avis : 3/5


RESUME EDITEUR : "
Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? " Depuis quatre mois, cette
phrase accompagne des cercles bleus qui  surgissent la nuit,
tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles,
prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu :trombone, bougie,
pince à épiler, patte de pigeon... Le phénomène fait les délices des
journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent un maniaque, un
joueur. Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur
contenu hétéroclite sont de, mauvais augure. Il le sait, il le sent :
bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique. Il n'a pas tort.
Un matin, c'est le cadavre d'unefemme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus.


La première chose que l'on peut dire sur les romans de Fred Vargas,
c'est qu'elle a un univers bien particulier et un style bien à elle
pour le faire passer. On aime ou on n'aime pas, tout est une question
de goût.


Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre : la
plupart des personnages qu'elle fait évoluer dans son monde ont tous un
grain, sont tous un peu déjantés. Chaque particularité, qualité ou
défaut, est poussée jusqu'à son extrême et peut provoquer parois un
malaise chez son lecteur : on a tendance à d'abord ce dire que tout
cela est bien trop mis en scène, que personne n'agit véritablement
comme ça. Et puis, en réfléchissant bien, en se laissant flotter avec
l'histoire, on se rend compte que Vargas ne fait que décomposer des
modes de pensées ou de réflexion, qu'elle s'attarde sur ce qui
d'habitude laisse froid faute de temps suffisant pour s'y appesantir.
Un peu comme ces vieilles séquences cinématiques qui décomposent les
mouvements d'un homme qui court. Bref,tout cela dénote un imaginaire
bien particulier face auquel j'ai dû me faire personnellement violence
pour pouvoir y rentrer car c'est très loin de mes propres schémas
d'analyse et de pensée.


Le début du livre est très lent à mon goût, mais visiblement, il s'agit
du premier opus où elle met en scène le commissaire Adamsberg et
l'inspecteur Danglard : il faut donc poser les marques. Cela se fait
dans la lenteur, l'introspection, l'analyse constante. Beaucoup de
narratif et de style indirect libre pour rentrer dans la tête des
personnages.Au final, ce sont deux bonshommes particuliers, des êtres
réalistes mais attachants. Pas du tout le type de détective glamour et
ténébreux des séries policières habituelles.


L'intrigue met donc par la même occasion un peu de temps à décoller. Je
l'ai trouvé vraiment intéressante vers la fin du livre, quand tous les
éléments commencent à se mettre en place, que les pièces du puzzle
commencent à s'imbriquer les unes dans les autres et que l'on commence
peu à peu à comprendre toute l'histoire. Et là, je dois reconnaître que
même si ça fait plaisir enfin de se faire avoir avec un bouquin, de se faire
réellement surprendre par l'identité du coupable, cela est fait en
dépit de toutes les accords tacites qui unissent un écrivain de polars
et son lecteur : Adamsberg réagit de manière très intuitive (trop ?), et le
lecteur n'a pas toutes les pistes et les éléments pour pouvoir mener
son enquête en parallèle. C'est un peu dommage.


Je pense cependant que je lirai d'autres livres de Fred Vargas, mais j'espère que
je n'aurai pas autant de mal à pénétrer dans son univers et que, une
fois la surprise de la découverte passé, je pourrai
sympathiser avec la série de cet auteur.


Publié par Alwenn à 19:10:11 dans @ Polars | Commentaires (6) |

Virgile et le chaînon manquant | 01 novembre 2006

 Virgile et le chaînon manquant, de Stéphanie Benson (Les Contrebandiers éditeurs, 91 pages).


Terminé le 28 octobre 2006.



Genre : jeunesse - aventures



Avis : 5/5



RESUME EDITEUR : Mais qui sont ces étranges tagueurs qui laissent des inscriptions en latin
sur les murs de la cité des Sept Collines ? Et quel est ce mystérieux trésor qu'ils semblent vouloir
négocier ? Virgile, Jules, Cléo et Salomé devront mettre toutes leurs connaissances à l'œuvre pour tenter de démasquer des trafiquants d'objets d'art installés sur leur territoire. Mais quand la piste les mène sous la cité vers des ruines insoupçonnées, ils se demanderont s'ils ont bien fait de tenter de résoudre le mystère. Car derrière les trafiquants se cache une femme prête à tout pour préserver le secret de la cité enfouie. Cette première aventure de la collection Langue Mortelle mène les héros à la découverte d'une langue pas si morte que ça, dans les sous-sols d'une région parisienne qui plonge ses racines dans l'époque romaine.


Voilà
un petit bouquin fabuleux ! Un petit délice pour latinistes ou pour
amateurs de langues anciennes. C'est plutôt bien écrit, l'intrigue et
sympathique, mais ce qui fait surtout l'originalité de ce livre, ce
sont les titres en latin et les passages en latin... non traduits ! Un
pur bonheur pour moi, prof de latin que je suis !

J'ai
pris un plaisir fou à lire ces énigmes en latin dans le texte. Bon,
évidemment, on pourrait me dire que ce n'est pas du jeu parce que je
navigue dans les eaux de la lingua latina depuis maintenant presque 15
ans, et que forcément, c'était facile pour moi ! Mais quelle brillante
idée d'insérer des passages latins à déchiffrer comme les énigmes d'une
chasse au trésor que l'on suit en même temps que ce club des cinq des
temps modernes ! Et puis les éditeurs ont quand même pensé à mettre un
petit lexique pour aider les néophytes à la traduction...

Si je
devais nuancer mon jugement, je dirais que ce lexique, justement, est
trop pauvre. Compte tenu de la richesse de vocabulaire des passages
proposés, le jeune débutant latiniste aurait bien du mal à se
débrouiller tout seul à traduire. Une aide à la traduction en bas de
page aurait pu aussi être proposée, notamment sur la construction
syntaxique. Cela dit, avec un accompagnement pédagogique approprié,
c'est une mine pour faire découvrir le latin autrement aux élèves et
leur donner le goût des langues anciennes (perso, je me régale d'avance
des activités que je pourrais faire faire à mes petits latinistes !!!).
On trouvera d'ailleurs sur le site des éditeurs un document pdf à
télécharger avec les passages traduits (ici : http://lescontrebandiers.free.fr/Frameset.htm)

Je
trouve vraiment formidable d'avoir osé aujourd'hui un petit livre comme
celui-là ! Evidemment, ce n'est pas une grande maison d'édition mais
c'est un pari risqué que de publier dans un livre de jeunesse des
passages entiers de latins. Ce qu'il y a d'intéressant en outre c'est
que c'est un latin adapté, avec des mots de vocabulaire qui collent au
monde moderne. Alors bien sûr, les puristes de la langue pourront
toujours dire que c'est Cicéron qu'on assassine, mais on risquerait
davantage de l'enterrer bel et bien si on ne s'adapte pas aux jeunes
d'aujourd'hui !

Enfin,
je trouve que l'idée de cette langue qui devient presque comme un code
secret entre les personnages, qui peuvent ainsi communiquer sans que
les autres ne les comprennent, est formidable : qui n'a jamais rêvé
plus jeune de pouvoir communiquer avec sa bande de copains dans une
langue cryptée ? Et dans ce cas-là, le sens grec de crypter prend toute
sa valeur puisqu'il s'agit de cacher aux non initiés ce que l'on veut
signifier. Il y a donc là une double portée à cette idée : l'idée
première,un peu élitiste, que la langue latine peut vous permettre de
vous démarquer des autres, de ceux qui ne la comprennent ni, a
fortiori, ne la parlent, et l'idée ensuite que la connaissance de cette
langue vous met tout de même au contact de l'universel des
connaissances qui vous feront progresser et vous permettront une
meilleure appréhension et une meilleure compréhension du monde qui vous
entoure... Une belle leçon en tout cas !

Pour finir, je dois dire que j'aurais moi-même adoré pouvoir parler une langue que beaucoup n'auraient pas compris pour pouvoir
communiquer... Et enfin, qu'est ce j'aimerais avoir des élèves comme ces cinq-là !!!
Mais
avec un tel petit livre, je me prends à rêver que je pourrais presque
parvenir à leur donner l'amour de cette langue ancienne...

Publié par Alwenn à 13:25:52 dans @ Inclassables | Commentaires (3) |

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