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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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L'homme aux cercles bleus | 02 novembre 2006

L'homme aux cercles bleus, de Fred Vargas (J'ai lu, 220 pages). Terminé le 12 novembre 2006.


Genre
: roman policier


Avis : 3/5


RESUME EDITEUR : "
Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? " Depuis quatre mois, cette
phrase accompagne des cercles bleus qui  surgissent la nuit,
tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles,
prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu :trombone, bougie,
pince à épiler, patte de pigeon... Le phénomène fait les délices des
journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent un maniaque, un
joueur. Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur
contenu hétéroclite sont de, mauvais augure. Il le sait, il le sent :
bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique. Il n'a pas tort.
Un matin, c'est le cadavre d'unefemme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus.


La première chose que l'on peut dire sur les romans de Fred Vargas,
c'est qu'elle a un univers bien particulier et un style bien à elle
pour le faire passer. On aime ou on n'aime pas, tout est une question
de goût.


Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre : la
plupart des personnages qu'elle fait évoluer dans son monde ont tous un
grain, sont tous un peu déjantés. Chaque particularité, qualité ou
défaut, est poussée jusqu'à son extrême et peut provoquer parois un
malaise chez son lecteur : on a tendance à d'abord ce dire que tout
cela est bien trop mis en scène, que personne n'agit véritablement
comme ça. Et puis, en réfléchissant bien, en se laissant flotter avec
l'histoire, on se rend compte que Vargas ne fait que décomposer des
modes de pensées ou de réflexion, qu'elle s'attarde sur ce qui
d'habitude laisse froid faute de temps suffisant pour s'y appesantir.
Un peu comme ces vieilles séquences cinématiques qui décomposent les
mouvements d'un homme qui court. Bref,tout cela dénote un imaginaire
bien particulier face auquel j'ai dû me faire personnellement violence
pour pouvoir y rentrer car c'est très loin de mes propres schémas
d'analyse et de pensée.


Le début du livre est très lent à mon goût, mais visiblement, il s'agit
du premier opus où elle met en scène le commissaire Adamsberg et
l'inspecteur Danglard : il faut donc poser les marques. Cela se fait
dans la lenteur, l'introspection, l'analyse constante. Beaucoup de
narratif et de style indirect libre pour rentrer dans la tête des
personnages.Au final, ce sont deux bonshommes particuliers, des êtres
réalistes mais attachants. Pas du tout le type de détective glamour et
ténébreux des séries policières habituelles.


L'intrigue met donc par la même occasion un peu de temps à décoller. Je
l'ai trouvé vraiment intéressante vers la fin du livre, quand tous les
éléments commencent à se mettre en place, que les pièces du puzzle
commencent à s'imbriquer les unes dans les autres et que l'on commence
peu à peu à comprendre toute l'histoire. Et là, je dois reconnaître que
même si ça fait plaisir enfin de se faire avoir avec un bouquin, de se faire
réellement surprendre par l'identité du coupable, cela est fait en
dépit de toutes les accords tacites qui unissent un écrivain de polars
et son lecteur : Adamsberg réagit de manière très intuitive (trop ?), et le
lecteur n'a pas toutes les pistes et les éléments pour pouvoir mener
son enquête en parallèle. C'est un peu dommage.


Je pense cependant que je lirai d'autres livres de Fred Vargas, mais j'espère que
je n'aurai pas autant de mal à pénétrer dans son univers et que, une
fois la surprise de la découverte passé, je pourrai
sympathiser avec la série de cet auteur.


Publié par Alwenn à 19:10:11 dans @ Polars | Commentaires (6) |