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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...

LIRE est le verbe que j'aimerais pouvoir conjuguer à toutes les personnes et à tous les temps le plus souvent possible...

Mes lectures ? De tout, de rien... je voyage dans les mots au gré de mes découvertes et de mes marottes du moment.


C'est ainsi qu'après avoir découvert la littérature jeunesse par
l'intermédiaire de mon travail, je m'en suis fait une passion. D'où le
mélange des genres de Fabula Bovarya.

Pas de panique ! Pour s'y retrouver, on suit la couleur
(même si je ne suis pas vraiment une fan des classifications en
littérature : les frontières ne sont pas toujours simples à déterminer)


- en ROSE : les livres de littérature jeunesse, les livres pour ado.

- en VIOLET : les livres pour "adultes".


Que dire de mes avis ? Sans doute qu'ils sont toujours très subjectifs
(forcément) mais, avant tout, toujours sincères. Je ne prétends pas être critique littéraire.

D'ailleurs, Monsieur Pennac, j'aurais bien aimé rajouter à vos "Droits imprescriptibles du lecteur" un onzième droit, qui me tient à coeur - et qui me paraît tout aussi essentiel que les dix autres - : le droit de ne pas avoir aimé un livre...(accompagné de son corollaire, le droit de le dire...)

Allez, pour la route, je termine avec ces fameux droits :

LES DROITS DU LECTEUR :

Le droit de ne pas lire.

Le droit de sauter des pages.

Le droit de ne pas finir un livre.

Le droit de relire.

Le droit de lire n'importe quoi.

Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)

Le droit de lire n'importe où.

Le droit de grappiller.

Le droit de lire à haute voix.

Le droit de nous taire.


(in Comme un roman, de Daniel Pennac)

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Grimpow, l'élu des Templiers | 19 octobre 2006

Grimpow, l'élu des Templiers, de Rafael Abalos (Albin Michel, 505 pages). Terminé le 28 octobre 2006.

Genre
: jeunesse - aventures

Avis : 2,5/5



RESUME EDITEUR
: En cet hiver de 1313, sur une route enneigée des Alpes, Grimpow,
petit bandit des grands chemins, découvre un cadavre. Aux côtés du
mort, deux dagues aux manches incrustés de pierres précieuses, quelques
pièces d'argent, une mystérieuse amulette, un sceau en or et un bout de
parchemin avec des signes cabalistiques. Dans la main de Grimpow,
l'amulette dégage une étrange chaleur et les signes sur le parchemin se
révèlent à lui :

"
L'ombre et la lumière sont dans le ciel. Aidor Bilbicum. Strasbourg ",
lit-il, stupéfait, alors qu'il n'a jamais su lire. A cet instant, le
cadavre disparaît comme par enchantement. Perdu et effrayé, Grimpow n'a
qu'une certitude : il a été élu. Et l'amulette et le parchemin viennent
de transformer sa vie en destin. Un monde d'inscriptions codées et de
cartes énigmatiques, de jeux de mots et de cryptogrammes. Un chemin
invisible qui prend sens à mesure que Grimpow s'approche du plus grand
secret du Moyen Age : celui que détiennent les Templiers. Un roman
unanimement salué par la presse espagnole qui voit, en Grimpow, Le Nom
de la rose de lalittérature de jeunesse.

Bon,comme
d'habitude, il faut se méfier des jugements à l'emporte-pièce des
critiques d'éditeurs qui figurent sur la quatrième de couverture : dire
que ce roman est le Nom de la Rose de la littérature jeunesse est une
hérésie ! Mis à part l'ambiance de départ (l'abbaye, la neige, le
meurtre de l'abbé) sur laquelle s'appuie l'auteur pour faire démarrer
son histoire, rien dans ce roman ne peut
être comparé à l'incomparable chef-d'œuvre de Eco... Bref, passons...

Pour
rentrer un peu plus dans les détails, je trouve que la construction est très
lâche, avec quelques passages véritablement bien sentis mais qui à mon sens ne
rattrapent pas la médiocrité de l'ensemble.

Dès
la lecture du titre, comme on peut s'en douter depuis la déferlante Dan
Brown, voilà encore une intrigue qui s'arc-boute sur le « mystère » des
Templiers...Grand dieu ! Nous revoilà plongés dans la théorie de
l'objet mystérieux trouvé dans les ruines du Temple de Salomon et
ramené de Jérusalem par les 9 pauvres chevaliers du Christ... Bla, bla,
bla... A cela, rajoutez une confrérie secrète plus ou moins
ésotérico-scientifique, et ramenez le tout vers lessphères obscures des
romans à pistes et cryptogrammes. Désolée d'être cynique,
mais je n'ai trouvé aucune originalité à la trame souterraine du livre.

En
outre, une certaine originalité de construction voulue par l'auteur dessert en
réalité le livre puisqu'un lecteur averti sentira tout de suite l'alliance
malheureuse des genres. En effet, les passages les plus réussis (toujours à mon
sens) émane d'un genre qui s'apparenterait davantage à la Fantasy (le passage
des Châteaux du Cercle de Pierre) : le souffle épique qui anime les
chapitres de la bataille, et ceux des tournois, montre que l'auteur se sent à
l'aise dans ce type de narration. Mais on établit mal le lien avec l'intrigue
des Templiers. Tant qu'à réaliser une uchronie, autant forcer le trait et
brosser le tableau en entier. Mais là, cela revient à voir sur la même toile du
Manet et du Dali. L'alliance des genres
rend toutes les fondations bancales.

Parce
que finalement, on peut presque sentir la juxtaposition des univers que
l'auteur aime : ambiance Nom de la Rose pour le début et la vie au
monastère, ambiance Lancelot dans le cheminement du chevalier errant et
de son écuyer, ambiance typique moyen-âge avec les tournois, ambiance
Tolkien (dans Le retourdu roi) avec la bataille entre le bien et le
mal, le savoir et l'obscurantisme, ambiance jeu de piste à la Dan Brown
dans les dernières pages avec les énigmes à résoudre... Et une fin,
comment dirais-je..., quelque peu abrupte. Alors oui, pour une fois
cela fait du bien de ne pas subir le très commercial et actuel teasing
des livres de jeunesse, mais là, on a presque envie de hurler : « C'est
tout ? Tu m'as baladé sur 500 pages pour ça ? ».... Et puis ce qui me
reste profondément en travers de la gorge, c'est le meurtre de l'abbé
qui n'est JAMAIS résolu ! Cela va à l'encontre des règles élémentaires
de construction d'un roman ! On ne balade pas son lecteur sans lui
résoudre les énigmes qu'on lui a jeté en pâture (surtout au tout début
du
roman) !

Au
final, je suis déçue et franchement, si le livre peut faire illusion auprès
d'un jeune public (auquel il est destiné), encore peu averti des conventions
qui régissent les droits et devoirs d'un auteur envers son lecteur, il ne leurrera
personne d'autre. Amateur de vrais romans d'aventures, passe ton chemin.

Publié par Alwenn à 19:22:08 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (8) |

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