" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Phaenomen, de Erik L'Homme (Gallimard Jeunesse, pages). Terminé le 03 août 2006.
Genre : roman
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Fous ? Idiots ? Bons à rien ?
Aux yeux du personnel de la Clinique du Lac, Violaine, Claire, Nicolas et
Arthur sont un peu tout ça à la fois. Pas vraiment des héros. Et pourtant...
Quand le seul médecin qui se soucie de leur sort disparaît, enlevé par de
mystérieux agents, ses jeunes protégés n'hésitent pas : ils se lancent sur ses
traces. Sans se douter qu'ils sont aussi sur la piste d'un des plus grands
secrets du XXe siècle. Leur vie ne sera plus jamais la même. L'histoire de
l'humanité non plus. Une course poursuite haletante, où quatre adolescents vont
puiser dans leur handicap la source de pouvoirs surnaturels. Le premier livre
de la nouvelle saga d'Erik L'Homme vous emporte dans un monde plus vaste que le
nôtre.
J'attendais avec impatience ce nouveau
roman de Erik Lhomme. J'ai connu cet auteur au tout début de son aventure dans
le monde de la littérature jeunesse quand il a écrit sa fantastique trilogie du
Livre des Etoiles, que j'avais dévorée avec grand plaisir (tome 1 :
Qadehar le sorcier, tome 2 : Le seigneur Sha, tome
3 : Le visage de l'Ombre). Je n'ai pas lu ses romans qui
semblaient plutôt tourner autour du registre de la science fiction mais
celui-là m'avait bien mis l'eau à la bouche.
Premier opus d'une nouvelle trilogie, en
découvrant la quatrième de couverture, on s'attend à beaucoup de mystère et de
fantastique. Du mystère, il y en a ; du fantastique (au sens littéraire du
terme), assez peu en définitive.
Les quatre personnages principaux sont néanmoins
extrêmement attachants et l'enquête qu'ils mènent m'a ramené à des souvenirs
émus de mes antiques bibliothèques roses : tout ça possède un air de Club
des cinq à la Enid Blytton qui n'a pas été pour me déplaire, bien au contraire.
L'histoire tourne autour d'une grande chasse au trésor que l'on suit avec
avidité grâce à l'art maîtrisé de la narration d'Erik L'Homme.
Le plus indéniable de l'histoire résidera
certainement,- pour la catégorie de lecteurs à laquelle le livre est
supposément destiné-, dans ce fameux
« plus grand secret du XXème siècle » avec lequel l'éditeur appâte
de client. Les jeunes vont adorer. Pour ma part, j'ai eu la malchance de lire
ce livre tout de suite après Les arcanes du chaos de Maxime Chattam et
j'en ai donc nettement moins profité... Je m'explique : il semblerait en
effet très à la mode de jouer avec la veine du complot historique et
militaro-industriel, en axant évidemment le tout sur cette super-puissance
fascinante et effrayante que sont aujourd'hui les Etats-Unis dans l'esprit des
gens... J'ai donc dû, forcée et contrainte, me resservir d'une louchée de théorie
du complot (NSA et autres agences aux activités plus ou moins occultes), d'une
pincée des dérives du système sécuritaire mondial ambiant (puces RFID, système
échelon) et d'une cuillérée de Men in Black méchants courseurs de
gentils-qui-n'ont-rien-fait-à-part-vouloir-savoir-ce-qu'on-nous-cache...Sur le
coup, ça m'a un petit peu agacé, étant donné que j'avais plongé dans cette
lecture pour effacer les relents identiques contenus dans le thriller de
Chattam. Je rassure tout le monde : je me suis calmée. D'une part parce
que ce livre joue dans la catégorie jeunesse, et que les jeunes, à défaut de
lire Chattam, trouveront un plaisir fou à lire Phaenomen, et que d'autre
part, on ne peux malheureusement pas échapper aux modes et que celle-ci est
désormais bien implantée, et risque de durer (à mon grand dam, car je pense en
avoir fait le tour).
Et puis, et puis, il y a la narration
parfaitement menée par l'auteur : la construction est d'une simplicité désarmante
mais efficace : chapitres courts, s'ouvrant sur un titre composé d'un mot
latin et de sa traduction (et ça, pour la prof de latin que je suis, on ne
pouvait pas me faire plus plaisir !), début systématique du chapitre par
un court passage en italique en point de vue interne, sans jamais aucune
dénomination, histoire que le lecteur cherche à savoir quel personnage parle et
pouvoir en apprendre ainsi davantage sur ce dernier, récit de l'aventure mené
tambour battant.
Bref, un très bon moment de lecture, et je
pense que je lirai la suite avec grand plaisir si elle présente cette qualité. J'espère
juste secrètement que le thème abordé ne sera pas aussi simple (et, osons le
dire, fantasmagorique) que celui qui est entre-dévoilé dans le teasing final...
Mais chut, je ne dirai rien de plus... Je risquerais de me faire traquer à mon
tour pour les informations confidentielles que je dévoilerais... Je suis
surveillée, vous êtes surveillés et les secrets les plus chauds de notre
histoire sont encore à exhumer ! (on a rien inventé de mieux que les
théories du complot pour donner l'impression aux gens que l'histoire possède un
sens caché, non ?)
SPOILER : NE PAS LIRE L'ARTICLE SUIVANT SI
VOUS N'AVEZ PAS LU LE ROMAN !!!
Note du 19 août
2006 : Voilà qui va rajouter de l'eau au moulin d'Erik L'Homme !!!
C'est tout à fait incroyable. Les coïncidences peuvent être parfois vraiment
troublantes !!!
Space Flight Center de la NASA à Greenbelt (Maryland) ont confirmé, mardi 15
août, qu'ils avaient lancé une recherche pour tenter de retrouver les quelque
10 000 à 13 000 bandes contenant les données originales de la mission Apollo
11.
d'un homme sur la Lune dans la mer de la Tranquillité. Ces données ont été
recueillies depuis notre satellite et transmises ensuite aux stations au sol de
l'agence spatiale américaine : Goldstone en Californie, Honeysuckle Creek et
l'Observatoire Parkes en Australie. Puis, elles ont été envoyées au Goddard
Space Flight Center qui les a transférées ensuite aux Archives nationales à la
fin de 1969. Plus tard, le centre de la NASA a voulu les récupérer. Mais en
vain.
Le dommage est d'autant plus grand que la qualité vidéo, par exemple, de ces
données est bien supérieure à celles qui, le 21 juillet 1969, ont fait rêver
des centaines de millions de téléspectateurs, lorsque Neil Armstrong,
commandant de la mission Apollo 11, a posé le premier pas sur le sol lunaire.
L'astronaute américain, d'un ton faussement naturel, y est alors allé de son
célèbre : "C'est un petit pas pour l'homme et un bond de géant pour
l'humanité."
Outre ces vidéos manquent aussi à l'appel toutes les bandes sur lesquelles
sont enregistrées les précieuses données techniques et médicales de la mission
accomplie par Neil Armstrong, Edwin Aldrin et Michael Collins. En tout, quelque
2 000 boîtes pleine de bandes magnétiques dont on espère qu'elles sont
simplement mal rangées et qu'elles n'ont pas été effacées par négligence ou
économie pour être utilisées à d'autres fins.
La NASA, qui a souffert ces dernières années de quelques ratés et des
conséquences dramatiques de l'explosion de la navette Columbia, n'avait pas
besoin d'une telle affaire à l'heure où elle tente de redorer un peu son
blason.
C. Ga. Paru dans le journal LE MONDE, le 17 août 2006.
Publié par Alwenn à 19:21:03 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (19) | Permaliens
Les arcanes du chaos, de Maxime Chattam (Albin Michel, 458 pages). Terminé le 28 juillet 2006.
Genre : roman
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Esoterisme,
codes secrets, sectes millénaires, complots... après le succès de sa
trilogie L'Ame du Mal, et du Sang du temps, Maxime Chattam, le nouveau
maître du thriller français, nous entraîne dans une terrifiante course
contre la montre, contre la mort, au-delà du miroir.
Bon, allez, avouons-le : je suis un peu déçue par le nouveau thriller du désormais incontournable Maxime Chattam.
Force
est de constater qu'il a choisi la facilité pour son scénario : point
besoin de dévoiler la trame de l'intrigue pour le dire, il suffit de
lire la quatrième de couverture réalisée par l'éditeur pour le deviner.
C'est vrai que d'entrée de jeu, ça sent la da-vinci coderie... Sauf que
Maxime Chattam mêle à toutes ces astuces de thriller dernière
génération une dimension actuelle, politique, glosant sur les dossiers
chauds de ces 6 dernières années... Rien de très excitant ni de très
novateur malheureusement.
Je
lui reprocherais également de ne pas se renouveler dans l'écriture, ni
dans la construction de ses récits : mêmes personnages-types que dans
ses autres romans, même artifices littéraires (récit enchâssé d'une
tierce personne pour venir gonfler la trame de départ, pour finir par
les relier) et même manière d'aborder ses éléments à suspens, en fin de
chapitre et au dénouement. Bref, le petit père Chattam s'essouffle ou
alors se repose sur ses lauriers.
Je
serais tout de même de mauvaise foi si je ne reconnaissais pas avoir
été bluffée deux fois : la première fois pour un élément dont je ne
peux dévoiler ici la teneur au risque de rendre public un spoiler, et
puis à la fin, que Maxime Chattam sait régler comme la partition sans
faute d'un opéra à plusieurs voix. Ok. Soyons honnête, la fin est
bluffante. Mais en même temps, je n'aime pas trop ces discours
paranoïaques sur la théorie du complot militaro-industriel, surtout
quand on décide de les coupler à des données ésotériques plus ou moins
obscures. Internet confirme ce que Chattam avance à plusieurs reprises
dans son roman, mais ces théories du complot finissent par épuiser.
J'adorais tout ça du temps que j'étais une fan inconditionnelle de
X-Files, mais franchement, le filon s'épuise et épuise.
Et
puis certaines parties du récit personnel du personnage principal,
Yael, sont peu exploitées, voire complètement laissées de côté
(l'épisode du grand-père)... et ça, monsieur Chattam, vous ne nous
aviez pas habitués à ça... d'habitude, tout s'imbrique parfaitement,
comme un jeu de mécano... Alors que là, on a parfois l'impression que
vous avez cherché à combler les trous...
Bref, hormis la fin, j'aurais presque été tentée de classer Les arcanes du Chaos
dans la catégorie des livres que je regrette presque d'avoir acheté. A
lire quand il sortira en poche, parce que pour le prix d'un poche, ça
ne coûtera pas grand-chose. Et à moins d'être un aficionado des
théories du complot, amateurs de bon thriller, passez votre chemin.
Je suis peut-être un peu sévère, mais quand on a été habitué à manger de la brioche, on trouve le goût du pain un peu amer.
Publié par Alwenn à 14:40:30 dans @ Thrillers | Commentaires (2) | Permaliens
La villa des mystères, de Fédérico Andahazi (Folio SF, 151 pages). Terminé le 16 juillet 2006.
Genre : roman
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Eté 1816: le temps est exécrable sur les rives du lac Léman. Désoeuvrés, Lord
Byron, Percy et Mary Shelley, Claire Clairmont et le docteur Polidori, hôtes
illustres de la villa Diodati, se lancent un défi littéraire écrire l'histoire
gothique ultime, la plus sombre, la plus originale. Polidori, secrétaire et
souffre-douleur de Byron, jaloux du talent de son maître, reçoit d'étranges
lettres anonymes qui l'informent de l'existence des jumelles Legrand, des
comédiennes scandaleuses, courtisanes, célèbres et méprisées. Et qui surtout
lui proposent un étrange pacte littéraire... Qui lui écrit ces lettres scellées
à la cire noire ? Que devra-t-il donner en échange du chef-d'œuvre dont il rêve
? Cette Villa des mystères est le théâtre d'un roman gothique moderne qui
explore des régions insoupçonnées, troublantes, de la sexualité, et revisite
avec malice un moment fondateur des littératures de l'imaginaire : la création
du Frankenstein de Mary Shelley.
L'histoire s'appuie sur un fait historique
réel : le séjour en suisse de Byron, des Shelley, de Claire Clermont
(demie-sœur de Mary Shelley) et du docteur Polidori dans la villa Diodati.
Cette villégiature donna lieu à un pari dont l'enjeu passerait à la postérité :
lancé par Byron en cet été 1816, il s'agissait d'écrire le récit le plus
effrayant possible...Et Frankenstein naquit ainsi de l'esprit de Mary
Shelley...
Mais l'intérêt du livre réside plutôt dans
la focalisation sur le personnage le moins connu de la petite troupe et
pourtant bien réel : le docteur John William Polidori. Ténébreux
personnage auquel on s'attache bien malgré nous, parce qu'il incarne l'être
humain dans toute sa médiocrité et toute sa fragilité face au gigantisme du
génie du trop fameux Lord Byron... J'avoue avoir été séduite par ce personnage
auquel je me suis parfois identifiée, notamment dans sa quête du don
d'écriture.
La structure épistolaire entretient
vraiment bien le suspense et instaure avec le lecteur une connivence entre lui
et Polidori, seul à recevoir ces mystérieuses lettres cachetées. L'autre
personnage, que je ne peux nommer ni développer sans déflorer une partie de
l'histoire, est quant à lui fascinant et repoussant, un monstre au sens premier
du terme, - un tératome-, mais dont l'intelligence et la sensibilité rapprochent de l'humain.
intrigue autour de la sexualité est également intéressant dans la mesure où il
permet d'associer la littérature, l'instinct de survie et la création
littéraire dans une triade gothique maudite et maléfique qui laisse songeur...
Pas idiot du tout cette idée, monsieur Andahazi : il fallait y
penser !
dans ma tête : assez convenue dans le sens où elle ne se départit pas du
schéma classique de la chute des nouvelles ou court roman noir, et en même
temps, follement intelligente et excitante...
En résumé, petit roman à consommer sans
modération : rondement mené, il laisse une arrière pensée terrible quand
on l'a terminé : et si rien ne s'acquérait sans que l'on y perde quelque
chose ?
Publié par Alwenn à 18:02:13 dans @ Romans gothiques | Commentaires (0) | Permaliens
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