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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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La villa des mystères | 13 juillet 2006

La villa des mystères, de Fédérico Andahazi (Folio SF, 151 pages). Terminé le 16 juillet 2006.

Genre : roman

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Eté 1816: le temps est exécrable sur les rives du lac Léman. Désoeuvrés, Lord
Byron, Percy et Mary Shelley, Claire Clairmont et le docteur Polidori, hôtes
illustres de la villa Diodati, se lancent un défi littéraire écrire l'histoire
gothique ultime, la plus sombre, la plus originale. Polidori, secrétaire et
souffre-douleur de Byron, jaloux du talent de son maître, reçoit d'étranges
lettres anonymes qui l'informent de l'existence des jumelles Legrand, des
comédiennes scandaleuses, courtisanes, célèbres et méprisées. Et qui surtout
lui proposent un étrange pacte littéraire... Qui lui écrit ces lettres scellées
à la cire noire ? Que devra-t-il donner en échange du chef-d'œuvre dont il rêve
? Cette Villa des mystères est le théâtre d'un roman gothique moderne qui
explore des régions insoupçonnées, troublantes, de la sexualité, et revisite
avec malice un moment fondateur des littératures de l'imaginaire : la création
du Frankenstein de Mary Shelley.

Qualifié de « roman », je serais tentée
d'attribuer davantage le qualificatif de « nouvelle » à ce court récit
qui nous entraîne dans les profondeurs gothiques du XIXème siècle
dans une structure narrative digne des meilleurs récits à chute...





L'histoire s'appuie sur un fait historique
réel : le séjour en suisse de Byron, des Shelley, de Claire Clermont
(demie-sœur de Mary Shelley) et du docteur Polidori dans la villa Diodati.
Cette villégiature donna lieu à un pari dont l'enjeu passerait à la postérité :
lancé par Byron en cet été 1816, il s'agissait d'écrire le récit le plus
effrayant possible...Et Frankenstein naquit ainsi de l'esprit de Mary
Shelley...


Mais l'intérêt du livre réside plutôt dans
la focalisation sur le personnage le moins connu de la petite troupe et
pourtant bien réel : le docteur John William Polidori. Ténébreux
personnage auquel on s'attache bien malgré nous, parce qu'il incarne l'être
humain dans toute sa médiocrité et toute sa fragilité face au gigantisme du
génie du trop fameux Lord Byron... J'avoue avoir été séduite par ce personnage
auquel je me suis parfois identifiée, notamment dans sa quête du don
d'écriture.


La structure épistolaire entretient
vraiment bien le suspense et instaure avec le lecteur une connivence entre lui
et Polidori, seul à recevoir ces mystérieuses lettres cachetées. L'autre
personnage, que je ne peux nommer ni développer sans déflorer une partie de
l'histoire, est quant à lui fascinant et repoussant, un monstre au sens premier
du terme, - un tératome-, mais dont l'intelligence et la sensibilité rapprochent de l'humain.

Le parti pris de l'auteur de concentrer son

intrigue autour de la sexualité est également intéressant dans la mesure où il
permet d'associer la littérature, l'instinct de survie et la création
littéraire dans une triade gothique maudite et maléfique qui laisse songeur...
Pas idiot du tout cette idée, monsieur Andahazi : il fallait y
penser !

La fin ? Deux avis entrent en conflit

dans ma tête : assez convenue dans le sens où elle ne se départit pas du
schéma classique de la chute des nouvelles ou court roman noir, et en même
temps, follement intelligente et excitante...

En résumé, petit roman à consommer sans
modération : rondement mené, il laisse une arrière pensée terrible quand
on l'a terminé : et si rien ne s'acquérait sans que l'on y perde quelque
chose ?

Publié par Alwenn à 18:02:13 dans @ Romans gothiques | Commentaires (0) |

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