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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...

LIRE est le verbe que j'aimerais pouvoir conjuguer à toutes les personnes et à tous les temps le plus souvent possible...

Mes lectures ? De tout, de rien... je voyage dans les mots au gré de mes découvertes et de mes marottes du moment.


C'est ainsi qu'après avoir découvert la littérature jeunesse par
l'intermédiaire de mon travail, je m'en suis fait une passion. D'où le
mélange des genres de Fabula Bovarya.

Pas de panique ! Pour s'y retrouver, on suit la couleur
(même si je ne suis pas vraiment une fan des classifications en
littérature : les frontières ne sont pas toujours simples à déterminer)


- en ROSE : les livres de littérature jeunesse, les livres pour ado.

- en VIOLET : les livres pour "adultes".


Que dire de mes avis ? Sans doute qu'ils sont toujours très subjectifs
(forcément) mais, avant tout, toujours sincères. Je ne prétends pas être critique littéraire.

D'ailleurs, Monsieur Pennac, j'aurais bien aimé rajouter à vos "Droits imprescriptibles du lecteur" un onzième droit, qui me tient à coeur - et qui me paraît tout aussi essentiel que les dix autres - : le droit de ne pas avoir aimé un livre...(accompagné de son corollaire, le droit de le dire...)

Allez, pour la route, je termine avec ces fameux droits :

LES DROITS DU LECTEUR :

Le droit de ne pas lire.

Le droit de sauter des pages.

Le droit de ne pas finir un livre.

Le droit de relire.

Le droit de lire n'importe quoi.

Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)

Le droit de lire n'importe où.

Le droit de grappiller.

Le droit de lire à haute voix.

Le droit de nous taire.


(in Comme un roman, de Daniel Pennac)

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Cui prodest : à qui profite le crime ? | 09 juin 2006

Cui prodest ?, de Danila Comastri Montanari (10/18, grands détectives, 349 pages). Terminé le 11 juillet 2006.

RESUME EDITEUR : Publius Aurélius Statius a beau être un des sénateurs les plus puissants et respectés de la Rome impériale,lorsque ses domestiques le supplient de mener l'enquête sur la mort d'un des leurs, il se voit contraint d'accepter. Pour seuls indices, un pion de latrunculi, un jeu de stratégie très prisé des Romains, retrouvé près du cadavre, et l'empreinte ensanglantée d'une chaussure... Le limier romain, aidé de l'incontournable Castor, devra mobiliser tous ses talents de déduction, traquant l'assassin des bas-fonds de la bouillonnante cité jusque dans les domus les plus élégantes. Entre d'étranges esclaves épris de philosophie, un arrogant champion de latrunculi et un mystérieux devin, Aurélius aura fort à faire pour démasquer le tueur, d'autant plus que celui-ci n'en est pas à son coup d'essai.

Genre : polar antique

Avis : 4/5

« Cui prodest ? » : « A qui profite le crime ? ».


Voilà la question qu'il faut poser quand on se trouve face à un meurtre.

Pour sa quatrième enquête (j'ai déjà lu les trois tomes précédents : Cave canem, Morituri te salutant, Parce sepulto),
le richissime sénateur Publius Aurélius Statius va pénétrer plus avant
dans le monde caché de la domesticité, la sienne et celles des autres.


L'esclavage est une constante chez les peuples antiques mais la vision que les citoyens libres possèdent de l'esclave,le servus latin, diffère selon la classe sociale, l'éducation ou les principes philosophiques qui forgent l'individu.

Ce qu'il y a de très intéressant dans cette quatrième enquête du sénateur romain, outre l'intrigue en elle-même, c'est justement la multiplication des points de vue sur l'esclavage à travers le roman.On peut ainsi voir la vie dorée des esclaves d'Aurélius et sa complicité avec son affranchi Castor (décidément un personnage très attachant) et comparer avec le sort d'indigence subie par les esclaves des

classes défavorisées comme ceux qui travaillent dans les chaufferies de thermes miséreux des quartiers mal famés de Rome. Le rôle de l'esclave féminin est également bien expliqué : soumise aux volontés de son maître ou de ses enfants mâles, elle devient bien souvent un objet sexuel. Toutel'originalité de cette histoire réside dans le renversement des rôles que l'auteur va effectuer pour mettre, l'espace

de quelques jours, son sénateur de détective dans le rôle d'un esclave de basse extraction opérant un travail difficile. Totalement inconcevable dans la réalité des faits historiques et civilisationnels de la Rome antique bien sûr,mais c'est un roman ! Aurelius en ressort évidemment grandi dans sa fonction de riche citoyen romain généreux et bon... c'en est même peut-être un peu trop artificiel.

La dimension philosophique (épicurisme et stoïcisme) est également bien abordée pour permettre au lecteur de comprendre la différence de vision de l'homme libre sur l'esclave : Sénèque le stoïcien ne dit-il pas en effet que l'esclave est un homme comme les autres, et qu'il ne doit point être considéré comme un objet mais bien comme un être humain qui n'a simplement pas eu de chance ? A cet égard, le sénateur se rapprocherait d'ailleurs davantage du stoïcisme que de l'épicurisme dont il se revendique. Bref, tout le petit monde caché de Rome, le petit monde de l'esclavage sans lequel l'Urbs n'aurait pu fonctionner correctement, est bien rendu, bien décrit.


Quant à
l'intrigue, elle se déroule comme d'habitude sans anicroche : l'auteur
manipule le lecteur à sa guise, le perdant de fausses pistes
en vraies hypothèses jusqu'au dénouement final, assez inattendu finalement.

A qui profite le crime ? Souvent à celui que l'on attend le moins...

Comme dans les tomes précédents, Danila Comastri Montanari nous gratifie d'une nouvelle : « Une femme pour Publius Aurelius Statius » qui se laisse lire, comme le digestif de ce roman.

Allez, un peu de patience, les autres tomes sont en cours de traduction.

Publié par Alwenn à 19:14:47 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) |

La déesse noire | 06 juin 2006

Murena, La déesse noire (livre cinquième), de Dufaux et Delaby (Dargaud, 50 pages). Terminé le 06 juin 2006.

RESUME : Rome,
au printemps 62. Après la mort de sa mère Agrippine et de Burrhus,
l'ancien préfet des cohortes prétoriennes, le jeune Néron poursuit son
règne. Sa nouvelle favorite, Poppée, tire quant à elle ses ficelles
depuis l'ombre du Prince, ombre grandissant sous le sceau peu à peu
marqué de la folie...


Genre : bande dessinée

Avis : 4/5

Si
je n'achète pas souvent de bd, c'est bien pour cette raison : ce sont
de petites mignardises qui ne durent jamais assez longtemps à mon goût.
C'est comme ces bonbons de mon enfance que l'on commençait à doucement
suçoter, histoire de profiter, mais dans lesquels on finissait par
croquer avidement dès que l'on sentait le cœur fondant sous l'enrobage
prêt à céder... Les bd ont exactement le même effet sur moi. Je
commence toujours doucement, mais je suis bien trop vite happée par
l'histoire et je n'aurais de cesse de tourner les pages jusqu'à la
dernière.

Résultats
des courses sur Muréna : ça faisait un an que j'attendais la sortie du
tome 5. Samedi, je suis allée faire un tour à la librairie, et je m'en
suis emparée. Je l'ai docilement ramené à la maison, où je lui ai
changé quatre fois de place mais sans jamais l'ouvrir (si c'est pas du
masochisme, ça...). Et hier soir, je n'ai pas pu résister. Je l'ai
ouvert à 1 heure du matin, juste avant de m'endormir, en me disant
qu'ainsi, je ne lirais que les premières pages... Si ce n'est pas être
naïf que d'être si peu objectif sur soi !.... 45 minutes plus tard,
j'avais fini. Est-ce qu'on peut imaginer cette distorsion ? Un an
d'attente consommé en 45 minutes... Arrrrrrggggg...

Cela
dit, je ne suis pas du tout déçue (d'avoir terminé la bd, si, mais ça
c'est une autre histoire). Dufaux et Delaby nous livrent ici un album
au dessin épatant : je n'ai pas cessé de m'extasier sur le goût du
détail, sur les couleurs (j'adore particulièrement les teintes d'orange
ocré des scènes de nuits dans les demeures éclairées aux lampes à
huile), les visages, la mise en scène... Il est sûr que pour cela au
moins, je pourrai rouvrir tant que je veux l'album, je découvrirai même
des détails qui m'auront échappé à la première lecture.

Le
scénario demeure centré sur le personnage de Néron, qui prend une telle
ampleur que la place attribuée à Lucius Murena, héros éponyme de la bd,
en est restreinte. Le figure du prince basculant dans la folie est ici
au cœur de l'histoire.

Les
femmes ont toujours ce rôle qui, depuis le début de l'aventure Muréna,
les propulse au rang de grandes manipulatrices. D'une beauté froide
mais merveilleuse, Poppée a remplacé Acté dans le lit du Prince et
tisse sa toile patiemment. Il y a toujours cette double identité de la
femme « belle de jour » et monstre des ténèbres qui est un thème
récurrent chez le duo. Poppée n'est en sorte qu'un avatar d'Agrippine.

Sénèque
est toujours là, mais on sent que le philosophe perd peu à peu de son
emprise sur le jeune César. Ce basculement de la folie que l'on
évoquait plus haut fait d'ailleurs l'objet d'une scène qui m'a
personnellement « ennuyée » : lorsque je l'ai lue la première fois,
sans aller voir la note correspondante, je l'ai trouvée un peu
artificielle. Or on connaît le souci d'exactitude du duo qui s'appuie
sur de la documentation et s'entoure d'historiens du monde romain pour
s'assurer une certaine véracité historique. Je me suis trouvée un peu
démunie face à cette scène où Néron, enivré des paroles mielleuses de
Pétrone, finit par se mettre nu face à sa cour, qui l'admire du regard
que l'on porte sur les statues divines. En allant voir la note
correspondante, les deux auteurs ont l'honnêteté d'annoncer que cette
scène est pure invention et qu'elle doit symboliser le basculement de
Néron vers la folie et le rôle qu'a joué son entourage en attisant ses
délires. Soit. Mais franchement, j'ai trouvé un côté trop « travaillé »
à cette scène, qui ne cadre pas avec la « spontanéité » des autres
scènes.

Le
passage de la course de char est très bien (clin d'œil à l'anthologique
scène de Ben Hur, sans nul doute) mais son gros défaut est de « manger
» 11 pages du livre. Comme c'est un passage extrêmement visuel, avec
une scénarisation très cinématographique, on avale un cinquième du
livre sans s'en rendre compte. D'où aussi ce sentiment de frustration
quand on termine l'album, car à bien réfléchir, peu d'intrigues
finalement se nouent dans cet opus. C'est un album centré sur les
personnages, leurs pensées, leurs rôles les uns par rapport aux autres,
leurs cheminements... On sent que se mettent en place les pièces d'un
jeu d'échec machiavélique où chaque individu aura son rôle à jouer.
Pour l'instant, l'heure est au positionnement.

Bref,
il va falloir que je patiente encore un an pour la suite... En
attendant, je pourrais toujours relire les tomes précédents. Et les
regarder jusqu'à satiété, car il y a vraiment une qualité de dessin que
j'adore. Longue vie au duo Dufaux-Delaby !

Publié par Alwenn à 09:16:57 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (0) |

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