" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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L'arbre, de Pierre Magnan (Folio,pr.ed.1992-142 pages). Terminé le 26 avril 2006.
Genre : conte ( ?)
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : Connaissez-vous
la légende du chêne, immense et majestueux, qui domine le petit village
de Montfuron depuis la nuit des temps ? On raconte que, lorsque la mort
rôde, l'arbre se met à brûler... Les étranges pouvoirs de cet oracle
mystérieux déchaînent les peurs, les passions et les convoitises.
Certains sont prêts à tout, même à tuer, pour s'en emparer.
Humez,
humez ! Voilà une histoire qui sent bon la Provence ! Même si l'on n'a
pas l'accent, la lecture de ce court conte gouleyant chante avec les
inflexions du sud de la France. Je ne connaissais pas Pierre Magnan,
bien qu'ayant maintes fois entendu parler de son œuvre (c'est lui qui a
écrit La maison assassinée) ou de son style si particulier et,
franchement, après lecture je n'en suis pas déçue ! Bien au contraire !
Quelle langue savoureuse ! Tous ces mots, dont certains, tombés en
désuétude, qui se côtoient ici sans fausse note, et que l'on meure
d'envie d'adopter pour ne pas les oublier une fois le livre refermé :
mirliflore, boulingrins... Toutes ces tournures de phrases qui vous
happent et vous enrobent, saisissant votre imagination dans la moindre
de ses images... Et jusqu'au nom des personnages... Ah ! heureux
Polycarpe Truche d'arborer un état-civil aussi piquant ! Quelle
truculence ! Monsieur Magnan force le respect : il porte l'amour de la
langue française au travers de ses phrases et érige l'écriture au rang
d'art suprême. Chapeau !
Publié par Alwenn à 21:39:57 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
Poèmes de Rimbaud en bandes dessinées, Collectif (Petit à Petit, 2003-96 pages). Terminé le 25 avril 2006.Avis : 4/5
Après avoir lu les poèmes de Verlaine en BD, quoi de plus normal que de
s'attaquer à ceux du voyant de Charleville, « l'homme aux semelles de
vent », Arthur Rimbaud ?
Depuis
mon adolescence, je voue une admiration sans borne à ce poète, et sans
avoir toujours tout compris de sa poésie, je l'ai aimée et portée en
moi, fascinée par son parcours hors-norme.
Je
ne répèterai pas les commentaires d'usage sur cette entreprise de
scénariser des poèmes puisque j'en ai déjà parlé dans ma critique sur Les poèmes de Verlaine en BD. Mon avis est quasi-identique.
A
un détail près : je trouve ici, dans la plupart des cas, le dessin plus
incisif, plus agressif que chez Verlaine. Ce n'est souvent pas mon
style de dessin (je dois avouer que j'ai même un peu de mal avec
certains traits), mais il faut reconnaître que cela donne une
profondeur supplémentaire à la critique affleurante des poèmes :
l'image du bourgeois tant haï par Rimbaud (A la musique) ainsi que la religion et son cortège de Tartuffes (Les pauvres à l'église, Le châtiment du Tartuffe) entre autres.
Certaines scénarisations sont d'une facture assez classique, donc abordables par tous (Ma bohème, Première soirée, Le dormeur du val), d'autres me posent un sérieux souci d'interprétation (Honte (alors là, il faudrait m'expliquer le rapport avec Jack l'éventreur...), Bonne pensée du matin, et même Sensation ou Aube).
Mes trois préférés sont Roman (actualisé et avec un gros parti pris interprétatif très intéressant : je l'ai déjà exploité avec mes élèves en cours), Bal des pendus et surtout, surtout, Le mal. J'ai complètement flashé sur cette interprétation moderne de Le mal,
qui m'a totalement conquise dans l'actualité de son fond. Je pense que
là aussi je vais tenter une exploitation pédagogique, en centrant sur
la dimension argumentative de la scénarisation (qui existe déjà bien
sûr dans le poème mais qui là, passera d'autant mieux auprès des élèves
que les images renverront à des référents culturels et historiques
connus d'eux car récents.)
Bref,
comme pour Verlaine, il y a à boire et à manger, comme on dit, et le
tout est de ne pas s'en faire une indigestion. Et puisque je viens de
tenter un méchant jeu de mots (on ne se moque pas, svp), je voudrais
encore une fois saluer le talent de Christophe Renault qui se charge
des encarts biographiques, qui sont à chaque fois rédigés avec beaucoup
d'humour et de clins d'œil.
Publié par Alwenn à 21:20:29 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (0) | Permaliens
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