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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Venise.net | 20 avril 2006

Venise.net, de Thierry Maugenest (Liana Levi, 2003 - 153 pages). Terminé le 24 avril 2006.

Genre : roman policier

Avis : 4/5

RESUME : Venise,
de nos jours. L'accident étrange survenu à une jeune universitaire
française, spécialiste de l'art du quattrocento, pousse un inspecteur
italien à prendre contact avec un vieil érudit américain. Quel lien le
Tintoret peut-il avoir avec les disparitions mystérieuses et tragiques
de tous les spécialistes d'histoire de l'art qui ont approché certaines
de ses œuvres ces dernières années ?

Petit
polar intelligemment construit : dans un va-et-vient qui suit les
avancées de l'enquête, le lecteur traverse les époques : époque moderne
rendu par la typographie des e-mails que s'échangent deux personnages,
et XVIème siècle à travers le récit imaginé autour de la figure
historique qu'est Jacoppo Robusti, dit « Il Tintoretto », « le Tintoret
» en français.

Dans ce même temps du présent, utilisé apparemment comme une marque de fabrique par T. Maugenest (voir ma critique de Manuscrit MS 408
par le même auteur), on suit l'histoire d'une période de la vie de ce
peintre, notamment à travers la réalisation de ses oeuvres à la Scuola
di San Rocco.


Bien documenté, l'auteur nous fait naviguer sur les canaux de la
Sérénissime, parcourir les ruelles : Venise est presque un personnage à
elle-seule tant on sent la connaissance de T. Maugenest pour cette
ville, et son attachement, poindre à tous les paragraphes. Cependant,
quand, comme moi, on n'a pas eu la chance de s'être rendu dans la cité
des Doges ou de bien la connaître, cela peut vite devenir agaçant
d'essayer de suivre un parcours dont les noms ne renvoient aucun écho.
Mais passons. L'imagination pallie facilement le manque de connaissance.


L'intrigue n'est pas un modèle du genre policier puisque l'on comprend
finalement très rapidement de quoi il en retourne et qui -ou quoi- se
cache derrière tout cela. Mais je ne crois pas que l'intérêt de ce
polar réside dans la recherche d'un coupable mais bien plus dans
l'évocation d'une période charnière de la Sérénissime, période de
basculement, dont le Tintoret, en vénitien de souche qu'il était, s'est
peut-être fait le représentant le plus objectif à travers des peintures
à l'atmosphère parfois lourde ou oppressante (cela est d'ailleurs bien
expliqué dans le roman par le vieux professeur).


A ce propos, j'ai trouvé cette figure du vieux professeur pour le moins
« amusante » : j'avais un peu de mal à imaginer un vieillard de 96 ans
rédigeant des mails. Attention ! Je ne suis pas en train de nier la
capacité des plus âgés à s'être adapté à l'ère internet quand elle est
apparue, mais tout de même, je trouve un peu « gros » cette image du
vieil érudit de 96 ans (tout de même !) cliquant et pianotant sur son
clavier.

Enfin,
ce court récit aura aiguisé ma curiosité pour l'œuvre du Tintoret et
pour l'histoire de Venise. Je n'ai pas vérifié la part de véracité
historique et celle de l'imaginaire romanesque, mais qu'importe,
l'essentiel est de passer un bon moment de lecture.

Publié par Alwenn à 11:20:25 dans @ Polars | Commentaires (0) |

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