" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Un coin tranquille pour mourir, de Yvonne Besson (Pocket- 402 pages). Terminé le 20 avril 2006.
Genre : roman policier
Avis : 4/5
RESUME : Découverte
macabre dans le collège d'une petite ville de la côte normande :
Robert, le stagiaire, a été retrouvé vidé de son sang dans les
toilettes, les veines tailladées. Suicide ? Meurtre ? Il n'est
apparemment que le premier d'une liste de morts suspectes que le
commandant Carole Riou du SRPJ de Rouen va devoir élucider... Mais le
monde des profs lui réserve bien des surprises...
Démarrage
sur les chapeaux de roue : dès les premières lignes, on se retrouve
plongé dans le journal intime cru et violent d'un tueur en série, ou «
tueur multirécidiviste » comme on dit en France... Les premières pages
laissent des frissons dans le dos tant l'abject est décrit avec le
tranchant de la plume.
Puis,
changement de décor : une salle de profs... Là, l'auteur s'amuse, à la
manière d'Agatha Christie, à nous présenter tous les personnages qui
vont nous accompagner au fil de l'histoire : leur personnalité, leur
nom etc. Tous les personnages avec les relations qu'ils entretiennent
les uns par rapport aux autres et parmi lesquels il y a celui ou ceux
qui tiendront le rôle principal à la fin de l'intrigue.
Ma
première réaction, épidermique, a été de trouver ces profs un peu
caricaturaux. Pourtant, je savais que l'auteur connaissait elle-même
très bien ce milieu enseignant. Et puis, petit à petit, je me suis
décillée : ce que je trouvais caricatural n'était rien de moins q'une
vision réaliste du monde des profs, vu sous le kaléïdoscope de l'ironie
et de la littérature... Hum... Ca peut faire peur parfois, mais c'est
vrai qu'on est un peu comme ça...
Les
personnages sonnent « vrais », chacun possède une personnalité bien
définie. Là où, en revanche, on pourrait reprocher à Yvonne Besson un
excès de zèle, c'est dans la généalogie des personnages et dans leur
histoire familiale. J'ai parfois cru me trouver face à du Zola sauce
XXème siècle qui tentait d'expliquer les névroses professorales. Bon
là, quand même, faut pas pousser mémé dans les escaliers, les profs
n'ont heureusement pas tous l'arbre généalogique des Rougon-Macquart et
nous n'avons pas tous des secrets d'alcôve familiaux que nous essayons
à tout prix de dissimuler !
L'intrigue
? Bien ficelée. On se laisse prendre très facilement dans les pièges
que nous tend l'auteur. On tâtonne dans la recherche de la vérité. Et
quand on commence à l'entrevoir, on jubile : pas de pirouette
littéraire ni de deus ex machina, tous les éléments de l'intrigue
s'enchaînent avec logique et réalisme.
Un
regret : le dénouement qui ne « claque » pas. Il s'étire alors que le
lecteur sent que tout est joué. On s'attend justement à un dernier
rebondissement, on est tendu... Mais non. L'histoire s'achève avec
beaucoup moins de brio qu'elle n'avait commencé. Eh oui, c'est ça aussi
la vie : rien de très glorieux une fois la couche de vernis ôtée.
Enfin,
on notera des réflexions très pertinentes à la fin du livre sur le
rapport des profs de français à la littérature, ou plutôt à ce qu'il
considère (ou pas) comme de la littérature. Dire que le polar par
exemple est de la « prose alimentaire » révèle en effet l'état d'esprit
élitiste de certains enseignants de lettres vis-à-vis de la lecture -ou
de l'écriture-. Dieu merci, pour ma part, j'ai balayé cela depuis
longtemps et c'est sans vergogne que je me nourris de cette prose, et
je me suis délectée de celle d'Yvonne Besson. Une bonne découverte.
Publié par Alwenn à 13:14:55 dans @ Polars | Commentaires (0) | Permaliens
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