" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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La classe de neige, de Emmanuel Carrère (Folio - 147 pages). Terminé le 10 avril 2006.
Genre : roman
Avis : 3/5
RESUME : Très
court roman où le point de vue adopté est celui de Nicolas, jeune
garçon timide, chétif, qui démarre mal sa classe de neige : son père,
qui n'a pas voulu qu'il prenne le car, l'a amené lui-même jusqu'au
chalet mais a oublié de lui donner son sac de voyage. Et voilà
lentement expliqué comment un simple oubli peut changer une vie, la
faire tourner au cauchemar.
Dans
ce livre, presque aucun dialogue ne vient perturber la lente
introspection de ce gamin, qui s'imagine les situations les plus folles
et s'inventent des mondes pour pallier la réalité douloureuse du sien.
Qui ne l'a jamais fait ? Tout semble tellement plus excitant à la
lumière des « films », -aussi morbides soient-ils-, que l'on tourne
dans sa tête.
Mais
son imagination sera loin d'atteindre la réalité des faits... Faits que
le lecteur appréhende par bribes et n'entendra jamais crûment, tout
comme Nicolas, qui lui, ne comprendra que viscéralement jusqu'où la
monstruosité humaine peut aller.
Publié par Alwenn à 16:58:43 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
Titus Flaminius, La piste gauloise, de Jean-François Nahmias (Albin Michel - 253 pages). Terminé le 10 avril 2006.
Genre : roman policier ado
Avis : 4/5
RESUME : Titus
Flaminius a décidé de servir dans l'armée romaine. César, en pleine
ascension, lui confie une mission : se rendre à Bibracte sous le
déguisement d'un marchand de vin, pour espionner Dumnorix, le vergobret
fraîchement élu, hostile à l'arrivée des Romains en Gaule. Mais Titus,
sous le nom de Titurius, va bien vite se retrouver dans son rôle
habituel d'enquêteur... En effet, le premier soir, lors d'un banquet,
son hôte est assassiné. Chargé par le conseil de famille d'élucider
cette mort étrange, Titus va louvoyer avec peine dans cet univers si
différent et dangereux...
Pour ce quatrième tome des aventures de l'enquêteur romain Titus
Flaminius, l'auteur nous fait voyager dans les contrées barbares
gauloises.
Si
l'enquête tient toujours une place importante, c'est surtout l'occasion
de faire connaissance avec ce peuple méconnu, comme nous prévient
l'avant-propos. A travers des détails culturels plutôt bien documentés
en règle générale, on parvient souvent à tordre le cou à certaines
images « astérisantes » ancrées depuis fort longtemps par cette BD que
l'on ne présente plus.
Dans
ces conditions, on regrettera alors que l'auteur ne soit pas
complètement allé jusqu'au bout de cette démarche. En effet, les
clichés ont la peau dure et un certain nombre d'entre eux, pour
quelques effets de manche servant l'intrigue policière, pointent encore
le bout de leur nez. La barbarie, les mœurs étranges, les coutumes
sanguinaires... Il est parfois malhonnête de la part de l'auteur
d'accentuer ces faits, qui pour certains, ne trouvent qu'une seule et
unique occurrence dans les sources historiques, et encore chez un autre
peuple que celui qu'il a choisi (chapitre « le chant des Carynx »).
De
même, on peut louer la volonté de situer historiquement cette fiction
(avant la conquête des Gaules par César) et d'y faire apparaître des
personnages dont la réalité historique est fondée (César, Diviciac,
Dumnorix...), mais alors on admettra beaucoup moins que leur histoire
soit tronquée ou falsifiée pour les besoins de scénario de l'auteur
(Dumnorix notamment).
J'admets
que ce sont là peut-être querelles byzantines... Soyons honnête : on
passe tout de même un bon moment de lecture, même si le rythme est
peut-être moins enlevé que les enquêtes précédentes. Titus est flanqué
d'un « assistant », Palinure, et tous deux parviennent à mener à bien
leur mission : nous procurer un moment de divertissement...et résoudre
leur enquête ! Et même si l'on peut légitimement contester certains
faits de civilisation ou d'histoire décrits, le but est au moins
d'avoir une image plus proche de la réalité de ce que fut ce peuple, et
sur ce point au moins, on ne peut en vouloir à l'auteur.
Publié par Alwenn à 16:48:45 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (1) | Permaliens
Poèmes de Verlaine en bandes dessinées, Collectif. (Petit à Petit - 96 pages) Terminé le 08 avril 2006.
Genre : bande dessinée
Avis : 4/5
La
petite maison d'édition « Petit à Petit » offre un beau livre au
contenu parfois contestable mais toujours intéressant. Le pari était
risqué : illustrer et interpréter les textes de grands poètes, Paul
Verlaine en l'occurrence ici. A noter qu'un effort a été fait pour
essayer de présenter la biographie du poète, dans un encadré noir, sur
la même page que le texte original. Le style y est malicieux et offre
des anecdotes pleines de sens et qui, à défaut d'éclairer toujours
l'œuvre, renseignent sur l'homme.
Les
17 poèmes choisis dans ce recueil sont illustrés de manière très
inégale : on aime ou pas le trait du dessinateur (différent à chaque
poème), - c'est affaire de goût -, mais on peut surtout être surpris de
l'interprétation du poème en lui-même : agréablement parfois, avec
certaines interprétations intelligentes et novatrices, qui apportent
une lumière nouvelle sur certains textes galvaudés ; désagréablement
dans certains cas, où l'on perd de vue le sens profond du texte et où
la scénarisation va chercher des idées bien trop éloignées de l'univers
verlainien.
Cependant,
comme le texte original est proposé sur la page de droite avant chaque
scénarisation, le lecteur peut se faire sa propre image du poème et ne
pas se laisser entièrement influencer par l'interprétation. Ensuite,
comme je le disais plus haut, c'est donc affaire de goût, et surtout
affaire de sensibilité personnelle. Quand on a côtoyé Verlaine
longtemps avant de lire ce livre, on peut être déçu, ou enchanté. C'est
quitte ou double. Mais l'ensemble demeure de bonne qualité et, sans
forcément tout aimer, on y trouvera sans doute son compte si l'on
apprécie ce prince des poètes que fut Verlaine. Et pour ceux qui le
découvrent, les jeunes notamment, ce peut être un bon moyen de les
amener vers la poésie avec un support (la BD) qu'ils apprécient souvent.
Publié par Alwenn à 16:46:14 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (0) | Permaliens
Le livre du temps, I. La pierre sculptée, de Guillaume Prévost (Gallimard - 236 pages). Terminé le 02 avril 2006.
Genre : roman d'aventure ado
Avis : 4/5
RESUME : Samuel,
garçon bien d'aujourd'hui, vit chez ses grands-parents depuis le décès
de sa mère. Son père, inconsolable, tient une petite librairie et
parfois, "disparaît" quelques jours pour réapparaître comme si de rien
n'était. Personne ne s'inquiète réellement de ces "fugues" récurrentes.
Jusqu'au jour où l'absence devuent vraiment trop longue. Sam
s'inquiète. Il se rend à la librairie de son père et y découvre dans la
cave une étrange pierre sculptée... c'est le début d'une aventure
extraordinaire...
Avant toute chose, mention spéciale pour la qualité de la conception de
la couverture et de la jaquette : c'est tout simplement superbe ! Quand
on prend ce livre entre ses mains pour la première fois, l'ambiance est
déjà créée : on a l'impression de détenir un vieux grimoire, un antique
et mystérieux ouvrage qui, une fois ouvert et parcouru, va peut-être
nous livrer des secrets merveilleux...
Et
merveilleux est bien l'adjectif qui colle à l'histoire : l'auteur nous
livre la quête d'indices d'un jeune héros, à travers le temps, pour
essayer de comprendre ce qu'il est advenu de son père, disparu depuis
quelques jours.
Suivre
Samuel, garçon bien d'aujourd'hui, dans ses voyages temporels n'est pas
une sinécure ! Après la découverte d'une pierre sculptée peu ordinaire
- c'est elle qui va permettre les bonds dans le temps -, on suit Samuel
à travers quatre époques (celle des Vikings, des Egyptiens, de la
guerre 14-18- Bruges au Moyen-Age), quatre lieux différents sur un
rythme endiablé : les épisodes s'enchaînent avec rapidité, dans une
écriture pleine de mordant et d'humour !
Le
fil conducteur (la recherche du père mystérieusement disparu depuis
quelques jours) plonge le lecteur dans les méandres d'univers aussi
variés et divers qu'intéressants. On a sans cesse envie de connaître la
suite de cette histoire... Surtout lorsqu'on arrive aux derniers mots
de ce premier tome... Patience... L'éditeur nous promet le retour de
Samuel pour février 2007...
Publié par Alwenn à 16:44:23 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (0) | Permaliens
L'affaire Jennifer Jones, Anne Cassidy (Milan-317 pages).Terminé le 27 mars 2006.
Genre : roman ado (??? voir critique)
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Au
moment du meurtre, tous les journaux en avaient parlé pendant des mois.
Des dizaines d'articles avaient analysé l'affaire sous tous les angles.
Les événements de ce jour terrible à Berwick Waters. Le contexte. Les
familles des enfants. Les rapports scolaires. Les réactions des
habitants. Les lois concernant les enfants meurtriers. Alice Tully
n'avait rien lu à l'époque. Elle était trop jeune. Cependant, depuis
six mois, elle ne laissait passer aucun article, et la question
sous-jacente restait la même : comment une petite fille de dix ans
pouvait-elle tuer un autre enfant ?
Alice Tully. 17 ans, jolie, cheveux coupés très court. Étudiante, serveuse dans un bistrot.
Et Frankie, toujours là pour elle.
Une vie sans histoire.
Mais une vie trop lisse, sans passé, sans famille, sans ami. Comme si elle se cachait.
Comme si un secret indicible la traquait...
J'ai longtemps hésité avant de trancher mon avis sur ce roman. Et encore, je ne suis pas complètement sûre d'y être parvenue.
Estampillé
de manière voyante sur la première de couverture « Prix du meilleur
livre ado en Angleterre », on se dit que malgré cette glauque histoire
de meurtrière d'enfant (citée sur la quatrième de couverture), on va
avoir le droit à une histoire comme les Britanniques savent nous en
donner : intimiste, personnelle, émouvante.
Je
ne peux pas nier que ce soit le cas, mais quelle ambiance sombre !
L'univers hyper-réaliste devient plus étouffant, plus suffocant, au fur
et à mesure de la lecture, et penser que ce livre est destiné à des
ados peut laisser songeur...
La
longue descente aux enfers de cette fillette, le sordide des conditions
dans lesquelles elle va s'effectuer, tout est amené par l'auteur dans
un va-et-vient constant entre passé et présent qui crée chez le lecteur
un véritable malaise. Et la dissociation des « personnages » de
Jennifer Jones en accentue encore la force : peut-on être vraiment si
différent à quelques années d'intervalle, avec ce fardeau que l'on
devra à tout jamais porter ?
Les
thèmes abordés sont cependant profonds : les gens sont-ils capables de
changer ? Naît-on monstre ou le devient-on ? Les actes que l'on commet
peuvent-ils trouver une explication en nous, en notre environnement
familial ou social ? Peut-on pardonner le meurtre ? Peut-on SE
pardonner ? A-t-on le droit de refaire partie d'une société qui nous a
condamné pour un crime atroce ?
Les
pistes d'exploration de ce livre sont multiples et fouillent les
tréfonds sombres et angoissants de la nature humaine. A travers
l'histoire de cette jeune fille qui sort de prison au moment où elle
sort de son adolescence et s'apprête à mener une vie d'adulte, on
parcourt le cheminement tortueux d'une histoire hors-norme,
bouleversante et terrifiante à la fois.
Alors,
oui, c'est un beau livre. Mais un livre noir. Oppressant. Et le malaise
qu'il crée dure même après avoir refermé le livre. Un livre pour ados ?
Pas si sûre...
Publié par Alwenn à 16:41:25 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (29) | Permaliens
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