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Jumbo vers les dunes

Un voyage humanitaire en side-car et en véhicules tout terrain pour de jeunes handicapés

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La dernière (et longue) ligne droite | 02 mai 2006

Vendredi, à Djerba, c’est la journée célébrité. Gérard Klein, de la série "L’instit’" est sur l’île, à l’occasion du festival de la télévision. La plupart des membres du groupe du jumbo part à la rencontre de la star, à son hôtel. Certains, avec plus d’entrain que d’autres. Quentin par exemple profitera de cette porte ouverte sur le monde du show-biz pour mettre en valeur les textes de chanson qu’il compose. Après une série de photos, l’équipe rentre à l’hôtel pour une soirée folle.

Ca commence comme une petite session de chanson française, dans le hall de l’hôtel. Jo, Patricia, même la petite Camille ; les chanteurs se succèdent. La tension monte. Les cinquante fêtards éclatent finalement en cris et chansons, ce qui attire l’œil, et l’oreille, d’un autre groupe de Français. Ils nous mettent au défi en chantant et en dansant de leur côté. Finalement, les deux équipes fusionnent et forment une foule surexcitée qui hurle "on est les champions" à se briser les cordes vocales. Un membre du personnel vient nous rappeler qu’il existe un théâtre pour enfants où nous pourrons nous exprimer pleinement, sans nuire à la tranquillité des autres résidents.

Nous nous installons au milieu des peluches, des livres de coloriage, et des images de Mickey et Donald. On nous présente alors un grand spectacle de danse, et d’humour. Les chorégraphies se succèdent. D’abord de la danse acrobatique et gymnastique, ensuite disco, et finalement hip hop. Il n’y a plus de doute, les plus jeunes du jumbo ont le rythme dans la peau. Et là, la grande surprise de tous, Nasiha, notre guide mal aimée, débarque sur scène. Elle nous fait revivre les courts épisodes du voyage qui avaient fait d’elle le sujet de nombreuses blagues. C’était en fait Katie, bien déguisée, qui l’imitait à merveille.

Une journée sur la route

Le lendemain, direction Monastir. Il flotte, au dessus des têtes, un air de fin de vacances. La journée, consacrée entièrement au trajet, confirmera l’épuisement du groupe. A midi, on ne peut arriver à l’hôtel prévu pour le repas. On s’arrête à un restaurant typiquement tunisien. Dans des conditions d’hygiène plus que douteuses, un bon méchoui est préparé sous nos yeux, et sous les yeux du mouton accroché au barbecue. Ca change des menus "européanisés" des hôtels. On goûte enfin à l’authenticité tunisienne.

On marque ensuite une halte près de Monastir, pour remettre, à la ville, deux fauteuils roulants. On est accueilli, en fanfare, avec des jus de fruits et des pâtisseries orientales. La cérémonie sera rapide, et tant mieux : on est tous content de rejoindre l’hôtel. Nos véhicules sont escortés par des motards de la police tunisienne. On se croit dans un véritable convoi ministériel, ou dans la série Chips version maghrébine. Arrivés tard dans la soirée, une dernière information nous réchauffe le cœur avant de nous écrouler sur nos lits : demain, départ à 6 heures.

Le trajet Monastir-Tunis sera rapide. L’attente à Tunis, quant à lui, ne le sera pas. Après avoir patienté plus de cinq heures au port de La Goulette, on embarque enfin à bord du Méditerranée. Le blues de la fin du séjour, l’imminence de la séparation, et une grande fatigue se mêleront, lors du bilan du jumbo. La dernière réunion "officielle" déborde d’émotion. Chacun a son mot à dire sur la magie du voyage. Chacun remercie le groupe. Amour, fraternité, entraide, les mots forts reviennent entre les bruits de mouchoirs. Chacun admet être transformé par cette expérience inoubliable. On essaye de se consoler en fixant les dates des prochains rendez-vous. On refait rire en parlant de la "guite," ou des moments forts qui ont vu cristalliser tous les principes fondamentaux du jumbo. Tout le monde semble d’accord sur une chose : il y a désormais un "avant" et un "après" jumbo.

Publié par leda à 08:54:48 dans Journal de bord | Commentaires (0) |

Jumbo vers l'émotion | 29 avril 2006

Le matin, rien de tel qu’une petite balade dans le Sahara tunisien. Le soleil, encore bas dans le ciel, joue avec les ombres et dessine un décor digne des plus belles cartes postales. Les 4x4 du jumbo se courent après entre les dunes dorées. Aux manettes de l’un d’entre eux : Vincent, président de l’association et paraplégique. Philippe avait adapté, de façon plutôt artisanale, son Land Rover pour convenir à un handicapé. Avec deux béquilles et un bon mètre de scotch orange, le frein et l’accélérateur sont désormais contrôlables depuis la banquette arrière. Vincent a ainsi pu connaître la liberté de dévaler les pentes de sable fin, et Philippe a découvert une façon insolite de piloter son véhicule. « Ca fait pas mal de sensations. Il faut anticiper les manœuvres de l’autre » explique-t-il. Entraide, amitié, dépassement du handicap, tous les principes du jumbo vers les dunes cristallisent dans ce moment intense de fraternité. De retour à l’hôtel, l’émotion déborde. Vincent et Philippe fondent en larmes, l’un dans les bras de l’autre.

Après cette courte excursion, destination Matmata, notre escale avant de rejoindre l’île de Djerba. Entre les pauses essence et les pauses tourista, les passagers des cinq side-cars et huit 4x4 profitent de la variété incroyable des paysages tunisiens.

Dans la région de Matmata, certains Tunisiens habitent dans le flanc de la montagne rougeâtre. Ce sont les maisons troglodytes, qui rappellent des décors de films de science fiction.

Lors de notre halte de midi, certains voyageurs valides essayent de maîtriser le deux roues en fauteuil. Avec plus ou moins de succès. D’un coup, les handicapés se retrouvent bien plus habiles que les personnes valides.

En poursuivant notre route pour Djerba, un panneau « vue magique » attise notre curiosité. Le panneau ne mentait pas. Devant nos yeux ébahis, un authentique village berbère se découpe de la montagne. Mais nous n’avons pas le temps de profiter pleinement de ce panorama à couper le souffle : nous sommes attendus pour faire un don de fauteuils roulants.

Sur le chemin, malheur. Un pneu de side car éclate. Le matériel nécessaire à la réparation se trouve à plus de dix kilomètres de la crevaison. Le groupe doit se scinder en deux pour assurer le rendez-vous.

Une cérémonie simple nous attend au centre d’éducation spécialisée de Djerba. Quelques discours présentent l’état des services tunisiens d’aides aux handicapés. Avec ses faiblesses et ses espoirs. Cinq fauteuils roulants, quelques déambulateurs, et des boîtes remplies de jouets sont remis au centre. Un jeune Tunisien arrive, porté par ses parents. Il repart en fauteuil roulant.

Toute l’équipe du jumbo est heureuse de trouver l’hôtel, où nous passerons deux nuits. La journée se clôture par une soirée en discothèque pour les plus grands, où Kevin enflamme le dancefloor. Demain, c’est quartier libre pour tous. Rendez-vous au bar en bordure de piscine, pour siroter des cocktails à l’ombre des palmiers.

Publié par leda à 00:56:01 dans Journal de bord | Commentaires (0) |

Une journée tout terrain | 27 avril 2006

Après deux jours installés à Tozeur, nous reprenons notre rythme de croisière. Cent cinquante kilomètres de ligne droite nous attendent pour rejoindre Douz. Sur le chemin nous traversons Chott El Djérid, un lac salé qui borde de part et d’autre la route. Encore un spectacle unique qui s’offre à nous. Un immense tapis blanc nous entoure. A cette saison, le lac ne recouvre pas encore son lit de sel. Seule une rivière subsiste, délivrant un panorama sur un contraste des plus agréables entre le bleu de l’eau et le blanc des strates salées. Devant cette magie de la nature, nous ressentons, sans exception, une impression de sérénité infinie. Les kilomètres s’écoulent et nous voguons paisiblement jusqu’à Douz. Débarqués à l’hôtel El Mouradi Douz, aux alentours de 13H00, nous nous empressons de s’attabler devant le buffet bien garnis. Comme chaque fois, nous ressortons de table repus. Digestion oblige, une partie de l’après-midi est réservée au quartier libre. Pour certains sonne alors l’heure de la sieste. Une bonne manière de réattaquer l’après-midi annoncée comme chargée. A 17h00, tout un convoi de quads investit la cour extérieure de l’hôtel. Chaque membre du groupe s’empresse de chevaucher les machines. Côté organisation, Philippe, un accompagnateur, et Patricia, le médecin de la troupe, entament les négociations du prix de l’activité. On annonce 10 dinars pour les enfants et 15 dinars pour les adultes. Mais au moment de partir, les prix changent, passant de 15 dinars à 20 dinars. Il s’engage alors une ferme négociation sur le ton de la contestation. Courroucé, Philippe ne compte pas se laisser berner de la sorte. Le gérant des quads monte au créneau et ne se laisse pas démonter. De son ton diplomatique, Patricia s’en mêle, mais rien à faire. Pour ne pas gâcher le plaisir des enfants, mais avec une certaine amertume, la négociation vire à l’avantage du gérant. Le différent réglé, les moteurs rugissent et nous roulons vers les dunes voisines. Tous en « file tunisienne », nous attaquons les dunes avec un plaisir non contenu. Mehdi, mal entendant et mal voyant, créé la surprise en pilotant, aidé par un accompagnateur, l’un de ces engins. C’est une véritable équipée sauvage qui se livre à l’exercice. Accélérations étourdissantes, bosses de sables, virages à la limite du deux roues, le vrombissement des moteurs couvre largement le bruit du vent qui caresse les dunes. L’adrénaline atteint son paroxysme. Les jeunes crient, hurlent au vent. L’ambiance de folie retombe trente minutes plus tard lorsqu’il faut ramener à bon port les quatre roues. La vitesse encore dans la tête, c’est à la promenade à dos de dromadaire qu’il faut penser. Un regard vers le ciel soudainement lourd et assombri nous fait hésiter quant à la décision à prendre. Tant pis, on prend le risque. L’occasion ne se représentera plus. Retour vers les dunes, mais cette fois à pied. Une cinquantaine de dromadaire, couchés sur leurs pattes, patientent bien tranquillement à l’entrée du désert. Chacun choisit sa monture et la caravane s’engage à travers les dunes. La démarche nonchalante et l’allure majestueuse, les dromadaires s’engouffrent au milieu de nul part. Tirés par les guides, accompagnés par des cavaliers du désert au galop, nos aventuriers font partie intégrante d’un convoi plutôt folklorique. Tout d’un coup le vent rugit, créant des rivières de sable. Le ciel gronde et les éclairs jaillissent. Le groupe assiste à une scène surréaliste. On s’imagine au cœur du Sahara. Personne n’a envie de repartir à l’hôtel. L’esprit des nomades a touché le cœur de tous. Au soir, revenus de la journée, les enfants, encore à bord de leur quad et de leur dromadaire, pensent d’abord à regagner leur couche.

Publié par leda à 08:39:17 dans Journal de bord | Commentaires (1) |

Du folklore à foison ! | 26 avril 2006

Imaginez le jardin d’Eden, avec sa végétation luxuriante, et ses cascades d’eau turquoise. Maintenant enlevez l’accessibilité pour les handicapés, et rajoutez des hordes de touristes bruyants. Vous avez l’oasis de Chebika. Dans les montagnes voisines, qui rappellent clairement la surface de Mars, les vendeurs récupèrent fossiles et géodes qu’ils essayent de refourguer aux visiteurs mal avertis. Mais les jeunes du jumbo, en fins négociateurs, réussiront à troquer quelques stylos contre ces cailloux renfermant de magnifiques cristaux de couleurs.

A vingt minutes de là, on s’arrête au Tamerza palace pour le repas de midi. Dans le buffet, de la viande de dromadaire nous est proposée, dans sa sauce au henné. Mais rassurez-vous, les rares courageux à y goûter ne reviendront pas avec  le sourire teinté.

De retour à l’hôtel, les plus jeunes plongent dans la piscine intérieure de la propriété. On assiste à un véritable moment de plaisir et de détente entre valides et non valides. Mehdi incarne le refus de la discrimination, en coulant enfants handicapés et valides, sans distinction.

Ce soir, on nous a concocté un spectacle inédit. Après un départ hésitant, le  groupe se perd dans la palmeraie de Tozeur, avant de prendre place sous une tente berbère. Au menu : musique traditionnelle, danse exotique (et torride !), et cuisine typique. On est badigeonné de folklore tunisien. Après l’intervention du manipulateur de serpents et de scorpions, dont l’humour reste incompréhensible pour le commun des Français, on fête les anniversaires de Jocelyne et d’Adeline, nées respectivement un 24 et 26 avril. La parole revient alors à Vincent, organisateur, et Jean Louis, principal sponsor du projet. Le trémolo dans la voix du mécène révèle une émotion qui touche tout le groupe. Ce voyage lui permet de découvrir une ambiance familiale et d’entraide humaine qu’il n’aurait jamais connu autrement.

Rien de tel pour concrétiser l’authenticité tunisienne de la soirée : quelques vendeurs étalent leurs babioles devant nos yeux d’occidentaux désintéressés, et visiblement repus.

Publié par leda à 08:56:29 dans Journal de bord | Commentaires (2) |

En route pour les étoiles | 25 avril 2006

Après une nuit reposante bien méritée, le groupe attaque avec envie une nouvelle journée qui s’annonce prometteuse. Dés 8h00 du matin, toute l’équipe est sur le pied de guerre dans le hall de l’hôtel Amina. Seul le temps, plutôt menaçant, grise quelques mines. Quoiqu’il en soit le convoi s’engage sur l’asphalte avec comme destination Tozeur et ses dunes de sable. Plus de 200 kilomètres séparent nos aventuriers de leur point de mire. Un parcours jalonné de surprises plus inédites les unes que les autres. A commencer par l’hospitalité toujours plus généreuse des Tunisiens. Chaque passage du convoi se voit gratifier systématiquement de saluts de la main des habitants. Un geste qui fait chaud au cœur et que nous retournons avec plaisir. Ces kilomètres parcourus, c’est aussi l’occasion de vivre un dépaysement complet, ou comme rétorquerait avec humour Marcel, le père d’Adeline : « oui, c’est des paysans ».
En effet tout au long des routes se tiennent des paysans, des cultivateurs ou encore des éleveurs accompagnés de leurs bestiaux. Chaque autochtone affiche fièrement son mouton égorgé, pendu par les pattes, devant le pas de sa porte. Une bête qui terminera bien entendu en un bon méchoui. Les moutons sont d’ailleurs légions dans la région. En témoigne les innombrables camionnettes surchargées par les bêtes entassées les unes sur les autres. Une vision surprenante qui en a fait sourire plus d’un.  Autre image surprenante, des cohortes de jeunes tunisiens qui déambulent dans chaque ville ou village que nous traversons. Ils accourent vers le bord des routes, parfois même de manière périlleuse, pour regarder avec un œil curieux ou émerveillé le convoi. Plus la progression se poursuit en direction du sud, plus le décor se transforme sous nos yeux. D’une végétation florissante agrémentée de cactus imposants  nous passons à un paysage désertique donnant vue sur un horizon sans fin. Après quatre heures de trajet, nous faisons halte à Gafsa afin de se sustenter dans le restaurant d’un hôtel 3 étoiles. Encore ébahis par le spectacle, nous partageons nos impressions à chaud. Mais pas le temps de s’appesantir, Vincent, le responsable du groupe annonce le programme de cet après-midi. Arrivés à Tozeur, c’est avec les étoiles que nous aurons rendez-vous sur le site touristique de Tatouine où s’ensablent les décors de Starwars. A la nouvelle, les jeunes s’enflamment et ne peuvent déjà plus tenir en place. Nous devons écourter notre arrêt pour rejoindre au plus vite ce rêve désertique qui se précise. Tout le monde s’engouffre dans les véhicules, après avoir pris soins de changer de partenaires, toujours dans l’esprit de favoriser les échanges humains. Nous avalons trois heures de bitumes, et nous voilà arrivés à Tozeur. Pour la première fois, nous nous sentons vraiment en plein cœur de la Tunisie. Chaleur aride, palmiers en tous genre, souks, architecture géométrique faite de brique couleur ocre : autant de détails qui transpirent les racines du pays. Pas de temps à perdre, nous prenons camp à l’hôtel quatre étoiles Le Ksar rouge. Trois quarts d’heure plus tard, nous embarquons dans les 4x4 et délaissons les side-cars. Les jeunes s’installent à l’arrière des pick-up et nous entamons notre course vers les étoiles. Sur la piste, notre guide Naziha, indique le chemin à suivre, d’une manière plus qu’hasardeuse. Quoiqu’il en soit nous passons par Ounk Djemel (en français le cou du chameau). Les cœurs battent la chamade et les handicapés poussent des cris d’excitation. Devant nous, le désert. Un paysage lunaire surréaliste s’étend à perte de vue. Trente minutes de course sur les pistes et nous voilà devant le décor de Tatooine. Les véhicules se rassemblent en peloton à l’entrée. Sortis des 4x4 nous nous éparpillons à travers les restes de la cité fantastique. Mais très vite, Vincent organise la montée à pied d’une immense dune pour prendre une photo du groupe. L’euphorie gagne les rangs. Les handicapés réalisent même des cascades pour redescendre. Perrine glisse sur les fesses, Kevin, quant à lui, préfère surfer sur le ventre. Après cette sacrée partie de rigolade, Vincent rappel son « gang des roulettes » au bercail et nous repartons vers l’hôtel. C’est au bord de la piscine que nous finissons la soirée par une série de blagues bon enfant. La tête dans les étoiles, François, le père de Perrine préfère piquer une tête dans la piscine pour rafraîchir son esprit encore en ébullition de tant d’émotions.

Publié par leda à 08:37:59 dans Journal de bord | Commentaires (0) |

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