<< Paroles d'enfants | Une journée tout terrain | Isuzu : lintelligence du 4x4 >>
Après deux jours installés à Tozeur, nous reprenons notre rythme de croisière. Cent cinquante kilomètres de ligne droite nous attendent pour rejoindre Douz. Sur le chemin nous traversons Chott El Djérid, un lac salé qui borde de part et d’autre la route. Encore un spectacle unique qui s’offre à nous. Un immense tapis blanc nous entoure. A cette saison, le lac ne recouvre pas encore son lit de sel. Seule une rivière subsiste, délivrant un panorama sur un contraste des plus agréables entre le bleu de l’eau et le blanc des strates salées. Devant cette magie de la nature, nous ressentons, sans exception, une impression de sérénité infinie. Les kilomètres s’écoulent et nous voguons paisiblement jusqu’à Douz. Débarqués à l’hôtel El Mouradi Douz, aux alentours de 13H00, nous nous empressons de s’attabler devant le buffet bien garnis. Comme chaque fois, nous ressortons de table repus. Digestion oblige, une partie de l’après-midi est réservée au quartier libre. Pour certains sonne alors l’heure de la sieste. Une bonne manière de réattaquer l’après-midi annoncée comme chargée. A 17h00, tout un convoi de quads investit la cour extérieure de l’hôtel. Chaque membre du groupe s’empresse de chevaucher les machines. Côté organisation, Philippe, un accompagnateur, et Patricia, le médecin de la troupe, entament les négociations du prix de l’activité. On annonce 10 dinars pour les enfants et 15 dinars pour les adultes. Mais au moment de partir, les prix changent, passant de 15 dinars à 20 dinars. Il s’engage alors une ferme négociation sur le ton de la contestation. Courroucé, Philippe ne compte pas se laisser berner de la sorte. Le gérant des quads monte au créneau et ne se laisse pas démonter. De son ton diplomatique, Patricia s’en mêle, mais rien à faire. Pour ne pas gâcher le plaisir des enfants, mais avec une certaine amertume, la négociation vire à l’avantage du gérant. Le différent réglé, les moteurs rugissent et nous roulons vers les dunes voisines. Tous en « file tunisienne », nous attaquons les dunes avec un plaisir non contenu. Mehdi, mal entendant et mal voyant, créé la surprise en pilotant, aidé par un accompagnateur, l’un de ces engins. C’est une véritable équipée sauvage qui se livre à l’exercice. Accélérations étourdissantes, bosses de sables, virages à la limite du deux roues, le vrombissement des moteurs couvre largement le bruit du vent qui caresse les dunes. L’adrénaline atteint son paroxysme. Les jeunes crient, hurlent au vent. L’ambiance de folie retombe trente minutes plus tard lorsqu’il faut ramener à bon port les quatre roues. La vitesse encore dans la tête, c’est à la promenade à dos de dromadaire qu’il faut penser. Un regard vers le ciel soudainement lourd et assombri nous fait hésiter quant à la décision à prendre. Tant pis, on prend le risque. L’occasion ne se représentera plus. Retour vers les dunes, mais cette fois à pied. Une cinquantaine de dromadaire, couchés sur leurs pattes, patientent bien tranquillement à l’entrée du désert. Chacun choisit sa monture et la caravane s’engage à travers les dunes. La démarche nonchalante et l’allure majestueuse, les dromadaires s’engouffrent au milieu de nul part. Tirés par les guides, accompagnés par des cavaliers du désert au galop, nos aventuriers font partie intégrante d’un convoi plutôt folklorique. Tout d’un coup le vent rugit, créant des rivières de sable. Le ciel gronde et les éclairs jaillissent. Le groupe assiste à une scène surréaliste. On s’imagine au cœur du Sahara. Personne n’a envie de repartir à l’hôtel. L’esprit des nomades a touché le cœur de tous. Au soir, revenus de la journée, les enfants, encore à bord de leur quad et de leur dromadaire, pensent d’abord à regagner leur couche.
Publié par leda à 08:39:17 dans Journal de bord | Commentaires (1) | Permaliens
04-05-2006 15:19
De Mehdi Sujet:
gentil