Il y a quelques mois de cela, j'écrivais à quel point la guerre contre le Liban était une erreur stratégique pour Israël du point de vue de la région. Les troupes américaines n'arrivent toujours pas à stabiliser l'Irak, l'Iran s'est considérablement renforcé du fait de l'incapacité des européen et des américain à lui imposer ses choix, la Turquie s'apprête à intervenir en Irak du Nord et le Liban n'a plus ni stabilité politique, ni stabilité tout court.
Dans ce contexte, l'intervention Israélienne a bel et bien révélé les failles de l'alliance Israélo-américaine. Or, depuis quelques jours, Israël lance des appels du pied à la Syrie afin de tenter de négocier une paix séparée et de diviser le camp anti-israélien. Le prix de cette paix improbable sera a n'en pas douter plus cher que si elle avait eu lieu il y a un an ou plus. Pourquoi Israël souhaite-t-il changer de stratégie dans la région. D'abord, nous l'avons dit, par réalisme, les israéliens ont bien compris que la stratégie américaine de « grand moyen orient » avait échoué à court et à moyen terme et doivent se protéger de l'alliance « Syrie-Iran-Hezbollah ». Mais surtout, leur allié américain a semble-t-il décidé lui aussi de changer de stratégie. Les Etats-Unis s'apprêtent quoiqu'en dise le président Ahmadinejad à négocier une paix globale avec l'Iran seul moyen de stabiliser l'Irak. Cela passera nécessairement par une reconnaissance du rôle de l'Iran dans la région et l'acceptation de celle-ci comme une puissance nucléaire en devenir.
La realpolitik électorale des républicains américains au vu des cortèges de soldats tués en Irak chaque jour, va donc peut-être avoir raison de leur idéologie. Evidement, cela ne revient pas à dire qu'Israël et les Etats-Unis auraient des divergences de vue vis-à-vis de ce qu'ils souhaitaient pour le moyen orient mais il est certain que les israéliens auraient préféré une intervention militaire en Iran plutôt qu'en Irak car ils savaient, eux, que la véritable menace pour Israël viendra de là.
Publié par emirdeniz à 11:02:09 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Voilà comment est géré le monde aujourd'hui. Par quelques chefs d'état et de gouvernement, jamais d'accord entre eux dans un cadre informel derrière des fils barbelés. Autant le dire, ce monde n'est depuis longtemps pas gouverné. Or, il ne s'effondre pas et le train-train continue entre micro et méga guerres, micro et méga crises et micro et méga contestation.
Mais alors qui gouverne ? C'est ici qu'on voit la force des idées. Ce monde n'a plus besoin de personnes pour donner d'orientation politique car l'orientation politique est implicite et personne ne la remettra en cause. Les institutions internationales et leurs bureaucrates ont intériorisé un fonctionnement fondé sur le consensus de Washington. L'OTAN sait qu'elle doit se plier aux Etats-Unis et l'Union européenne avance dans le sens d'une méga-institution chargée de normer le libéralisation indépendamment de ce qui se passe dans le reste du monde. De là à dire qu'on s'emmerde ! Heureusement qu'il y a de temps un temps un coup de gueule du président Chavez pour sortir de cette partition écrite à l'avance.
Il n'est plus là le temps ou Kroutchev tapait sur le pupitre des nations-unies avec sa chaussure. Le temps ou De Gaulle déclarait le Québec indépendant, ou les non-alignés se regroupaient ostensiblement pour dénoncer les impérialismes où les bruits des peuples révoltés ébranlaient les marché financier. Ne vous y trompez pas, l'agitation actuelle du président Poutine vise d'avantage à avoir un rapport de force pour négocier d'autres choses avec l'occident qu'à remettre en cause cet ordre global.
Il n'y a qu'à voir la bourse, quoi qu'il arrive, les ventes de détails aux Etats-Unis calculés par l'Institut économique du Michigan pour le mois de mai sont plus importantes que le nom du président de la république en France. Autrefois quand la gauche arrivait au pouvoir les marchés étaient pétrifiés aujourd'hui ils rigolent.
Tout se passe comme si ce monde financier était totalement déconnecté de la réalité politique et géopolitique. Le marché n'a que faire de la manière d'être gouverné du pays, il sait qu'il y a un background libéral minimum qui sera maintenu quoiqu'il arrive, on appelle cela la bonne gouvernance.
Le marché n'a plus besoin de norme politique pour se gouverner car il dicte lui-même une norme implicite acceptée par tous. Cette norme non-écrite, ce contrat libéral de gré à gré ressemble à s'y méprendre au droit coutumier du moyen âge. Il ne faut pas enfreindre la coutume libérale, c'est la seule règle. Cette absence de règle et ce fondement sur ce que d'aucuns appelaient la « lex mercatoria » (1) a autrefois commencé à poser des problèmes avec l'avènement des nations et les contradictions qui allaient avec. On constate aujourd'hui que c'est encore une fois le conflit entre la norme idéologique non écrite et la réalité des corps politiques qui est susceptible à l'avenir de poser problème aux fantômes gouvernants du nouvel ordre mondial.
(1) La lex mercatoria est un ensemble d'usages, de pratiques et de principes que les opérateurs du commerce international s'efforcent de respecter (codes de bonne conduite) sans passer par le droit international privé et donc sans désignation de la loi étatique, sauf les lois de police et celles portant sur des questions d'ordre public.
Publié par emirdeniz à 11:33:24 dans International | Commentaires (2) | Permaliens
Grave dilemme pour la gauche turque. On la somme de choisir entre garder cette laïcité « à la turque » qui rend si originale ce pays et l'Union Européenne. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n'est pas aujourd'hui de soutient plus fort en Turquie à l'entrée dans l'union que les islamo-conservateurs et de plus sceptiques que la gauche républicaine. La première raison de ce paradoxe tient à la constitution turque. En effet dans celle-ci deux articles font références à la laïcité. Tout d'abord l'article 2 qui précise que : « La République de Turquie est un Etat de droit démocratique, laïque et social, respectueux des droits de l'homme dans un esprit de paix sociale, de solidarité nationale et de justice, attaché au nationalisme d'Atatürk et s'appuyant sur les principes fondamentaux exprimés dans le préambule. » et l'article 24 qui enfonce le clou en précisant que : « le principes énoncés à l'article 2 ne peuvent être modifiés et que l'armée est garante de ces principes. Publié par emirdeniz à 22:07:09 dans International | Commentaires (2) | Permaliens
Hrant Dink. Peu de gens connaissaient en France ce journaliste jusqu'à ce qu'il ne soit lâchement assassiné devant la porte de son journal il y a quelques jours. Des milliers de turcs sont aujourd'hui allé à ses funérailles pour montrer au monde entier que la haine diffusée par diaspora arménienne et certains nationalistes turcs n'est pas partagée par l'immense majorité des turcs.Publié par emirdeniz à 16:23:49 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Par A.H.L Libération.frPublié par emirdeniz à 15:43:29 dans International | Commentaires (2) | Permaliens
Commentaires