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Le lapin, la carpe et les autres … | 22 mai 2007

Etonnement au Parti Socialiste. Bernard Kouchner aurait rejoint la droite. Oh, comme c'est étonnant ! Ne serait-ce pas le même Kouchner qui était pour la guerre en Irak, pour le CPE, pour la réforme des retraites de Raffarin et pour la réforme de la sécu. Eh bien si c'est lui. Lui qui à chaque fois qu'il mettait un coup à la gauche continuait à être mis en avant au Parti Socialiste. C'est bien lui. Etonnant alors ? Non, bien sûr. Ce qui est étonnant c'est que le Parti Socialiste aille chercher ses secrétaires nationaux à Challenge (magazine économique ultralibéral duquel est issu Eric Besson). A l'heure de toutes les refondations, renouvellements, ravalement de façade, reconstruction, ... il serait peut être temps pour nous de comprendre que les gens qui vont trahir donnent des signes et qu'il vaut mieux dans ce cas prévenir. Si les traitres ne sont pas programmés génétiquement comme le pense certainement Nicolas Sarkozy, ce qui est sur c'est que quelqu'un qui a déjà tiré contre son camp plusieurs fois risque de recommencer. Espérons alors que le prochain premier secrétaire ne s'appellera pas Michel Rocard. A bon entendeur.

Publié par emirdeniz à 11:13:24 dans France | Commentaires (0) |

Refermons la parenthèse de Tours | 14 mai 2007

Y'a-t-il encore un Parti Communiste Français ? La question se pose après ces élections présidentielles qui ont définitivement enfoncé le PCF à moins de 2%. Evidement, le vote utile n'y ait pas pour rien, et le PCF aurait fait un peut plus dans un autre contexte, un peu plus oui mais un peu seulement. La double question que doit se poser aujourd'hui le PCF est de savoir 1. S'il est encore communiste 2. S'il lui reste un espace entre le PS et l'extrême gauche. Quel sens a aujourd'hui l'engagement au PCF sinon de se dire qu'on est radical mais qu'on veut gérer le pays. Une influence électorale aussi faible ne permet en effet plus de peser sur grand-chose et remet gravement en cause l'existence même d'un tel outil.

 

Au moment de la scission au congrès de Tours les frères ennemis s'étaient déchirés sur la question de la 3ème internationale, communiste celle-là. Par la suite, la soumission des communistes français à la ligne de Moscou leur permettait de justifier une existence indépendante dans la mesure où il n'était pas question pour eux de gérer la République bourgeoise. Aujourd'hui et depuis des années les communistes sont en direction dans les collectivités locales ou dans les gouvernements avec des socialistes et leur orientation sur des sujets concrets est bien en deçà des nécessaires coup de gueule de Marie Georges Buffet. Le PCF n'aura probablement plus de groupe à l'assemblée et les déchirements internes promettent le dernier congrès du PCF. Alors je l'affirme, refermons la parenthèse de Tours, retrouvons nous dans la maison commune, malgré les difficultés que cela posera, malgré le rejet de certaines orientations sociales libérales du Parti Socialiste. Une force ex-communiste, permettra au contraire au Parti Socialiste de maintenir son ancrage à gauche qu'on veut aujourd'hui plus que jamais remettre en cause. Je ne ferais pas aux militants du PCF l'insulte du mépris comme certains le font. Je pense que ce courant de pensée aux côtés de la gauche du PS à tout son rôle à jouer à la fois dans l'orientation du PS mais aussi dans le lien qui demeure encore réel des militants du PCF avec le monde ouvrier.

Publié par emirdeniz à 20:54:08 dans France | Commentaires (2) |

L’illusion centriste | 23 février 2007

Certains se mettent à y croire. Le centre serait devenu le nouvel eldorado de la gauche. La stratégie de l'union de la gauche aurait échoué et il faudrait aller chercher des voix au centre étant donné que selon certains l'élection « se gagne au centre ». C'est ce qu'avait pensé Lionel Jospin, je n'en dirais pas plus sur cet argument. Cette illusion centriste est un serpent de mer qui revient régulièrement au Parti Socialiste et notamment dans sa version la plus sociale libérale qui a toujours cherché pour se débarrasser des crypo-marxistes que nous serions à nouer des alliances au centre. S'il est vrai qu'entre ce que propose Bayrou et ce que voudraient certains au PS sans le dire n'est pas très éloigné, il est tout à fait suicidaire pour la gauche de s'engager sur cette voie pour plusieurs raisons, je m'explique. Tout d'abord, il est faux de dire que la gauche n'a jamais gouverné avec le centre. Toute la 4ème république et certains épisodes de la 3ème si tenté qu'on puisse dire que les radicaux étaient centristes. A chaque fois, on s'est rendu compte que cela était un échec et on est revenu à l'union populaire. Deuxièmement, dire que la gauche doit gouverner avec le centre c'est accepter que le Parti Socialiste ne soit plus au cœur de la gauche mais à sa droite avec une opposition à sa droite et une opposition à sa gauche. Quel serait alors le nouveau spectre politique ? Le PS pour gagner devrait accepter une dérive droitière pour gagner des voix au centre et pousserait la droite conservatrice à nouer des alliances avec l'extrême droite pour arriver au pouvoir. Troisièmement, le spectre politique de la France est structuré par deux questions essentielles : la question sociale en premier et la question laïque et l'éducation en second. Or, accepter d'affronter d'autres forces de progrès sur la question sociale serait la touche finale à la coupure entre les forces sociales de notre pays et le Parti Socialiste. Et accepter une alliance avec la démocratie chrétienne sur la laïcité et l'éducation : pas de commentaire. Cette troisième voie est donc un leurre, elle mènerait à l'échec du Parti Socialiste voire à sa disparition de l'échiquier politique en se faisant phagocyter sur sa gauche par d'autres forces plus en phase avec la réalité sociale de ce pays. Le Parti des classes moyennes n'existera pas car les classes moyennes n'existent pas dans un pays ou le salaire moyen est de 1200 € net. La seule stratégie qui permette la victoire de la gauche a toujours été et reste l'Union populaire des forces de progrès qui depuis la révolution se transmettent une mémoire de génération en génération pour faire avancer ce pays dans des moments d'effervescence populaire sinon les socialistes seront disqualifiés pendant très longtemps.

Publié par emirdeniz à 16:47:45 dans France | Commentaires (0) |

Sarko, bébé Chirac | 30 janvier 2007

Il nous refait le coup de Chirac en 1995. Promis, Sarkozy est plus à gauche que la gauche. Il cite Jaurès et Blum, en appelle aux travailleurs trahis par la gauche ... La différence avec Chirac, c'est qu'au moins Chirac n'avait pas de programme. Sarkozy, lui, en a un et a beaucoup de mal à vrai dire a justifier ces postures tout en maintenant un programme ultra libéral. L'affaire du CNE en est la preuvre. Après avoir dit qu'il fallait généraliser le CNE et mettre à mort le CDI, la droite pratique le rétropédalage et explique que ce n'est pas tout a fait ça mais un peu quand même. Idem sur la fiscalité. Tant que la droite continuera comme cela et restera dans ses contradictions entre une option ultralibérale non assumée et des postures sociales, nous n'avons rien à craindre. Cela montre également que sur les questions sociales, si la campagne reste sur ces questions, la gauche sera très difficile à battre et nous attendons de notre candidate qu'elle réponde à l'énorme attente sociale exprimée à travers les manifestations sur le Contrat Première Embauche. La question sociale reste donc bel et bien le premier problème de ce pays, les autres en dépendent, la victoire aussi.

Publié par emirdeniz à 10:30:13 dans France | Commentaires (0) |

Trou noir | 17 novembre 2006

Que dire au lendemain de ce qui s'est passé hier soir. J'avais prévu au départ de ne rien dire. J'ai changé d'avis. Un militant politique ne doit pas rien dire, il n'a pas le droit de ne pas avoir d'avis, il doit montrer un chemin même s'il n'est pas sur à 100% que ce n'est pas le bon. Avec quelques année de moins (militant étudiant enthousiaste et ultracritique sur la social-démocratie) j'aurais dis : « il n'y a plus rien à faire dans ce parti ». J'y serais quand même resté mais j'aurais vu dans le vote d'hier soir un basculement soudain et massif de notre parti à droite.

Avec un peu de recul, je ne le vois pas comme ça. Si je n'ai, je l'avoue, pour le moment aucune explication sur ce qui s'est passé, je sais en revanche que le mouvement des idées est quelque chose de lent, qui doit maturer, qui parfois recule et enfin se confronte à la réalité pour être validé ou non.

Il faut donc prendre du recul et regarder le temps long. Ne pas avoir la tête dans le guidon. En discutant avec mes camarades qui ont voté Ségolène Royal, je me rends compte qu'ils sont d'accord avec moi sur la plupart des sujets mais que nous n'en tirons pas la même conclusion sur ce qu'il convient de faire dans la période politique dans laquelle nous sommes. Je me rends compte finalement que la volonté de gagner l'élection de 2007 est l'argument ultime qui emporte tout sur son passage et ne permet pas dès lors que la conviction que les conditions de la victoire passent par telle personne l'a emporté, d'avoir une discussion rationnelle avec ces camarades.

Ce qui s'est passé est donc un « évènement historique » (au sens de Max Weber) pour la gauche. A ce titre, il doit être analysé comme tel et non pas comme être surexploité. Les conditions d'un évènement historiques réunies ne signifient pas que le mouvement de fond a changé. Le tsunami à la surface ne change pas les courants contradictoires dans l'océan. La question que je me pose donc légitimement est donc de savoir, ayant été à côté de la plaque au moment de l'évènement historique, arriverons nous tout de même à canaliser le courant de fond. L'importance de l'évènement historique est-il suffisant pour qu'au moment du reflue de la vague, les gens sortent la tête de l'eau. Comme dirait Lenine : que faire ?

Je ne ferais pas comme lui (les thèses d'avril où il change complètement sa position au vu de l'évènement historique qu'est la révolution de février) mais je pense tout de même que notre rôle est d'accompagner la vague pour attraper les gens noyés en chemin.

Notre rôle est de tout faire pour d'abord écraser la droite. Une victoire de la gauche serait à n'en pas douter une source de moral pour les forces sociales de ce pays qui n'attendent que l'étincelle d'espoir pour déclancher le feu de la révolte.

Tout cela est probablement du charabia mais la veilleuse allumée dans la nuit est plus importante que le projecteur en plein jour.

Publié par emirdeniz à 18:25:50 dans France | Commentaires (3) |

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