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Trou noir | 17 novembre 2006

Que dire au lendemain de ce qui s'est passé hier soir. J'avais prévu au départ de ne rien dire. J'ai changé d'avis. Un militant politique ne doit pas rien dire, il n'a pas le droit de ne pas avoir d'avis, il doit montrer un chemin même s'il n'est pas sur à 100% que ce n'est pas le bon. Avec quelques année de moins (militant étudiant enthousiaste et ultracritique sur la social-démocratie) j'aurais dis : « il n'y a plus rien à faire dans ce parti ». J'y serais quand même resté mais j'aurais vu dans le vote d'hier soir un basculement soudain et massif de notre parti à droite.

Avec un peu de recul, je ne le vois pas comme ça. Si je n'ai, je l'avoue, pour le moment aucune explication sur ce qui s'est passé, je sais en revanche que le mouvement des idées est quelque chose de lent, qui doit maturer, qui parfois recule et enfin se confronte à la réalité pour être validé ou non.

Il faut donc prendre du recul et regarder le temps long. Ne pas avoir la tête dans le guidon. En discutant avec mes camarades qui ont voté Ségolène Royal, je me rends compte qu'ils sont d'accord avec moi sur la plupart des sujets mais que nous n'en tirons pas la même conclusion sur ce qu'il convient de faire dans la période politique dans laquelle nous sommes. Je me rends compte finalement que la volonté de gagner l'élection de 2007 est l'argument ultime qui emporte tout sur son passage et ne permet pas dès lors que la conviction que les conditions de la victoire passent par telle personne l'a emporté, d'avoir une discussion rationnelle avec ces camarades.

Ce qui s'est passé est donc un « évènement historique » (au sens de Max Weber) pour la gauche. A ce titre, il doit être analysé comme tel et non pas comme être surexploité. Les conditions d'un évènement historiques réunies ne signifient pas que le mouvement de fond a changé. Le tsunami à la surface ne change pas les courants contradictoires dans l'océan. La question que je me pose donc légitimement est donc de savoir, ayant été à côté de la plaque au moment de l'évènement historique, arriverons nous tout de même à canaliser le courant de fond. L'importance de l'évènement historique est-il suffisant pour qu'au moment du reflue de la vague, les gens sortent la tête de l'eau. Comme dirait Lenine : que faire ?

Je ne ferais pas comme lui (les thèses d'avril où il change complètement sa position au vu de l'évènement historique qu'est la révolution de février) mais je pense tout de même que notre rôle est d'accompagner la vague pour attraper les gens noyés en chemin.

Notre rôle est de tout faire pour d'abord écraser la droite. Une victoire de la gauche serait à n'en pas douter une source de moral pour les forces sociales de ce pays qui n'attendent que l'étincelle d'espoir pour déclancher le feu de la révolte.

Tout cela est probablement du charabia mais la veilleuse allumée dans la nuit est plus importante que le projecteur en plein jour.

Publié par emirdeniz à 18:25:50 dans France | Commentaires (3) |

Contre le mur de la honte | 06 novembre 2006

"COMMUNIQUÉ SPÉCIAL DU XVIe SOMMET IBÉRO-AMÉRICAIN DE CHEFS D'ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT CONTRE LA CONSTRUCTION D'UN MUR À LA FRONTIÈRE ENTRE LE MEXIQUE ET LES ÉTATS-UNIS

Convaincus que la coopération et le dialogue doivent prévaloir pour trouver des solutions justes et équilibrées au phénomène de la migration internationale, nous, les Chefs d'État et de Gouvernement des pays ibéro-américains, considérons que la construction de murs est une pratique incompatible avec les relations d'amitié et de coopération entre les États.

Nous considérons que la construction de murs n'arrête pas la migration non documentée, le trafic de migrants ni la traite de personnes, qu'elle incite à la discrimination et à la xénophobie et qu'elle favorise l'apparition de groupes de trafiquants qui font courir un plus grand danger aux personnes.

Nous nous sommes engagés lors de ce Sommet à situer la personne du migrant au centre des programmes et projets migratoires, en garantissant que les politiques migratoires de chaque État respectent pleinement les droits humains de tous les migrants. De même, nous reconnaissons que les migrants enrichissent la diversité culturelle et améliorent le fonctionnement économique et social des sociétés réceptrices.

Nous manifestons notre profonde préoccupation pour la décision adoptée par le Gouvernement des Etats-Unis d'Amérique de construire un mur à sa frontière avec le Mexique, étant donné qu'elle constitue une mesure unilatérale contraire à l'esprit d'entente qui doit caractériser la considération des problèmes communs entre pays voisins et qu'elle affecte la coopération dans l'Hémisphère.

Nous exhortons les autorités dudit pays [les Etats-Unis] à développer des mesures tendant à la régularisation de travailleurs venant d'autres pays et à mettre en marche des programmes de travailleurs temporaires qui assurent le plein respect de leurs droits humains et relatifs au travail.

Nous, les Chefs d'État et de Gouvernement ibéro-américains, lançons un appel ferme au Gouvernement des Etats-Unis d'Amérique afin qu'il reconsidère la construction d'un mur de division en Amérique.
"

Publié par emirdeniz à 14:44:54 dans International | Commentaires (0) |

L'image du jour | 27 octobre 2006

J'ai trouvé cette image drôle alors je voulais vous la faire partager.

Publié par emirdeniz à 17:44:36 dans Divers | Commentaires (1) |

Lettre ouverte à Wilhem Leibfritz, chercheur à l’OCDE | 18 octobre 2006

Monsieur,

Je vous écris simplement pour vous dire mon étonnement suite aux recommandations du rapport intitulé "étude économique de la Turquie 2006".

N'ayant trouvé aucun moyen sur votre site de faire des commentaires sur ce contenu, je me permets de vous écrire. En effet, j'ai l'impression que vous vous présentez comme des observateurs neutres et comme si vos recommandations n'avaient aucunes conséquences sur les politiques publiques qui sont menées dans ces pays. Je reconnais souvent la grande qualité de vos contributions en termes statistiques surtout dans un pays comme la Turquie qui n'a pas les outils statistiques appropriés. Cependant, comment ne pas s'étonner de vos recommandations concernant le salaire minimum d'une part et la retraite d'autre part ?

Je remarque que lorsque ça vous arrange vous réussissez à contextualiser des mesures (comparaison des taux de remplacement dans l'OCDE pour les pensions de retraite) et lorsque ça ne vous arrange pas (ou plutôt ça n'arrange pas le "business") vous faites des propositions décontextualisées. Vous proposez d'augmenter la durée de cotisation retraite à 65 ans. Or, vous savez certainement que l'espérance de vie en Turquie est inférieure de 5 points par rapport à la moyenne de l'OCDE et qu'il est inférieur de dix ans par rapport aux pays les plus avancés. Cette remarque n'est pas d'ordre moral mais économique puisque lorsque les gens vivent moins longtemps on verse également les pensions pendant moins longtemps.

Ensuite, sur le SMIC puisque cette recommandation n'est pas la première, cela fait plusieurs fois que vous revenez à la charge sur le SMIC. Vous proposez en effet de d'appliquer plusieurs SMIC selon les régions (en réalité de baisser le SMIC dans certaines régions). Vous devez certainement savoir que le SMIC n'a en aucun cas été créé comme un outils d'ajustement de la productivité mais bien comme un outils (keynésien) de régulation économique car sinon avec un marché de l'emploi aussi vaste en nombre de bras disponibles les salaires plafonneraient à un niveau très faible comme dans certains pays émergents où depuis des années les salaires stagnent malgré des croissances économiques à deux chiffres. Vous avez en revanche raison de préciser qu'il faut prendre des mesures de rééquilibrage entre l'ouest et l'est du pays mais les handicaps de l'est ne viennent pas selon moi des salaires trop élevés dans le secteur formel qui insisterait à aller dans le secteur informel mais de facteurs géographiques et géopolitiques (absence d'infrastructure d'éducation et de transport modernes, instabilité politique liée à la proximité de l'Iran et de l'Irak, problème kurde, relief montagneux, ...).

Les exemples sont encore nombreux, mais je pense que vous ne tirez en aucun cas les leçons de ce qui s'est passé dans certains pays (Argentine, Asie du sud est) qui ont suivi ce genre de recommandation et qui ont subit de graves crises sociales, politiques et économiques. Je ne dis pas que vous êtes exactement dans le dogmatisme du consensus de Washington mais cela y ressemble beaucoup.

Vous êtes responsables de beaucoup de maux et en même temps vous êtes irresponsables politiquement parce que vous n'êtes pas élus.

Ceci est une lettre ouverte que je vais publier sur mon Blog.

En attendant une réponse de votre part.

Bien à vous,

Publié par emirdeniz à 17:14:13 dans International | Commentaires (0) |

La Belgique au bord du gouffre. | 10 octobre 2006

On n'en a pas tant parlé que ça de ces élections. Comme si une extrême droite à 30% et au-delà était devenu quelque chose de normal, de banal voire d'accepté dans notre vieille Europe. On n'en a pas parlé non plus parce que les résultats de cette élection sont un leurre puisqu'on pensait que l'extrême droite allait prendre la ville d'Anvers et qu'elle ne l'a pas prise.

En réalité, l'extrême droite progresse partout, et si comme le dit le leader du Vlaams Belang les étrangers n'avaient pas eu pour la première fois le droit de voter, le résultat aurait pu être tout autre. L'extrême droite progresse surtout dans les villes petites et moyennes, là où les rapports de forces politiques sont plus figés qu'en ville, là où on ne se remet pas en quelques années d'une extrême droite aussi élevée. Il ne faut donc pas se fier aux résultats d'Anvers ou de quelques grosses ville pour minimiser la victoire importante de l'extrême droite à ses élections.

Cette situation a été celle de la France en 2001 où les victoires de Paris et de Lyon ont caché les défaites dans les zones traditionnellement de gauche au moins sociologiquement et l'hésitation des masses entre un repli conservateur voire populiste, une gauche sociale-libérale, et le plus souvent l'abstention.

La première des responsabilités en revient à la sociale démocratie qui n'a aucune réponse à apporter aux victimes de la mondialisation libérale qui se tournent vers l'extrême droite. La seconde est celle des médias. Hier encore, lors d'un reportage sur Euronews sur ces élections, l'image principale du reportage était des jeunes filles voilée marchant dans la rue comme c'est souvent le cas dans les reportages sur l'immigration. Sauf que là c'était un reportage sur la Belgique. Ce clin d'œil inconscient aux électeurs du Vlaams Belang fait parfois basculer un citoyen Lambda du « côté obscur de la force » en tout cas il y contribue. En quoi, une jeune fille portant le voile peut elle représenter une élections municipale en Belgique. Et, s'il s'agissait d'illustrer l'immigration, il aurait fallu dire dans les commentaires que le problème de l'immigration avait été un thème de campagne au minimum, et même avec cela pourquoi renvoi t on toujours l'immigrer à une religion ? La jeune femme sur les images était probablement une citoyenne belge depuis plusieurs générations.

Je ne souhaite pas mélanger dans cet article la question de l'unité belge qui nécessiterait un autre article, mais tout de même. La aussi, la Belgique est en train de vivre, presque dans le silence la fin de cette unité. Même nos camarades socialistes s'y mette à coup de commentaires du genre « les flamand ceci ou les flamands cela ... ». Bref, la Belgique est comme capitale de l'Europe, à l'image de celle-ci : touché de plein fouet par la mondialisation et ne trouvant comme seule réponse que celle inscrite dans sa mémoire.

Publié par emirdeniz à 10:18:09 dans Europe | Commentaires (0) |

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