Grave dilemme pour la gauche turque. On la somme de choisir entre garder cette laïcité « à la turque » qui rend si originale ce pays et l'Union Européenne. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n'est pas aujourd'hui de soutient plus fort en Turquie à l'entrée dans l'union que les islamo-conservateurs et de plus sceptiques que la gauche républicaine. La première raison de ce paradoxe tient à la constitution turque. En effet dans celle-ci deux articles font références à la laïcité. Tout d'abord l'article 2 qui précise que : « La République de Turquie est un Etat de droit démocratique, laïque et social, respectueux des droits de l'homme dans un esprit de paix sociale, de solidarité nationale et de justice, attaché au nationalisme d'Atatürk et s'appuyant sur les principes fondamentaux exprimés dans le préambule. » et l'article 24 qui enfonce le clou en précisant que : « le principes énoncés à l'article 2 ne peuvent être modifiés et que l'armée est garante de ces principes. Publié par emirdeniz à 22:07:09 dans International | Commentaires (2) | Permaliens
LES LILAS ET LES ROSES
Louis Aragon
O mois des floraisons mois des métamorphoses.
Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés
Je n'oublierai jamais l'illusion tragique
Le cortège les cris la foule et le soleil
Les chars chargés d'amour les dons de la Belgique
L'air qui tremble et la route à ce bourdon d'abeilles
Le triomphe imprudent qui prime la querelle
Le sang que préfigure en carmin le baiser
Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
Entourés de lilas par un peuple grisé
Je n'oublierai jamais les jardins de la France
Semblables aux missels des siècles disparus
Ni le trouble des soirs l'énigme du silence
Les roses tout le long du chemin parcouru
Le démenti des fleurs au vent de la panique
Aux soldats qui passaient sur l'aile de la peur
Aux vélos délirants aux canons ironiques
Au pitoyable accoutrement des faux campeurs
Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d'images
Me ramène toujours au même point d'arrêt
A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
Une villa normande au bord de la forêt
Tout se tait L'ennemi dans l'ombre se repose
On nous a dit ce soir que Paris s'est rendu
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Et ni les deux amours que nous avons perdus
Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
Douceur de l'ombre dont la mort farde les joues
Et vous bouquets de la retraite roses tendres
Couleur de l'incendie au loin roses d'Anjou
(Le Crève-coeur, 1941)
Publié par emirdeniz à 16:26:49 dans Divers | Commentaires (0) | Permaliens
Certains se mettent à y croire. Le centre serait devenu le nouvel eldorado de la gauche. La stratégie de l'union de la gauche aurait échoué et il faudrait aller chercher des voix au centre étant donné que selon certains l'élection « se gagne au centre ». C'est ce qu'avait pensé Lionel Jospin, je n'en dirais pas plus sur cet argument.
Cette illusion centriste est un serpent de mer qui revient régulièrement au Parti Socialiste et notamment dans sa version la plus sociale libérale qui a toujours cherché pour se débarrasser des crypo-marxistes que nous serions à nouer des alliances au centre.
S'il est vrai qu'entre ce que propose Bayrou et ce que voudraient certains au PS sans le dire n'est pas très éloigné, il est tout à fait suicidaire pour la gauche de s'engager sur cette voie pour plusieurs raisons, je m'explique.
Tout d'abord, il est faux de dire que la gauche n'a jamais gouverné avec le centre. Toute la 4ème république et certains épisodes de la 3ème si tenté qu'on puisse dire que les radicaux étaient centristes. A chaque fois, on s'est rendu compte que cela était un échec et on est revenu à l'union populaire.
Deuxièmement, dire que la gauche doit gouverner avec le centre c'est accepter que le Parti Socialiste ne soit plus au cœur de la gauche mais à sa droite avec une opposition à sa droite et une opposition à sa gauche. Quel serait alors le nouveau spectre politique ? Le PS pour gagner devrait accepter une dérive droitière pour gagner des voix au centre et pousserait la droite conservatrice à nouer des alliances avec l'extrême droite pour arriver au pouvoir.
Troisièmement, le spectre politique de la France est structuré par deux questions essentielles : la question sociale en premier et la question laïque et l'éducation en second. Or, accepter d'affronter d'autres forces de progrès sur la question sociale serait la touche finale à la coupure entre les forces sociales de notre pays et le Parti Socialiste. Et accepter une alliance avec la démocratie chrétienne sur la laïcité et l'éducation : pas de commentaire.
Cette troisième voie est donc un leurre, elle mènerait à l'échec du Parti Socialiste voire à sa disparition de l'échiquier politique en se faisant phagocyter sur sa gauche par d'autres forces plus en phase avec la réalité sociale de ce pays. Le Parti des classes moyennes n'existera pas car les classes moyennes n'existent pas dans un pays ou le salaire moyen est de 1200 net.
La seule stratégie qui permette la victoire de la gauche a toujours été et reste l'Union populaire des forces de progrès qui depuis la révolution se transmettent une mémoire de génération en génération pour faire avancer ce pays dans des moments d'effervescence populaire sinon les socialistes seront disqualifiés pendant très longtemps.
Publié par emirdeniz à 16:47:45 dans France | Commentaires (0) | Permaliens
En France le mot intellectuel a quasiment toujours été associé à "de gauche". Que s'est il passé pour que les même qui hier défendaient la dictature du prolétariat et se félicitaient de la "libération" de Saigon par le Vietminh soutiennent aujourd'hui le plus ultra libéral et atlantiste leader de droite, en rupture complète avec une certaine tradition gaulliste et "sociale" de la droite française traditionnelle.
Le fait n'est pas nouveau puisque certains d'entre eux avaient déjà soutenu l'invasion américaine de l'Irak en 2003. On aurait pu pensé alors, comme certains le pensaient que Saddam était un dictateur etc. etc., en quelque sorte un soutien humanitaire à un Bush qu'ils ne soutiennent pas par ailleurs. Mais a les entendre aujourd'hui soutenir sans réserves le petit Bush français la question se pose de savoir si c'est la gauche qui a changé comme ils le disent ou si c'est eux qui ont troqué leurs habits de gauchistes pour le vedétariat philosophique du tout Paris.
André Glucksman, ancien maoiste qui qualifiait le gouvernement Pompidou de "dictature faciste" et qui théorise son passage de l'ultra gauche à presque l'extrême droite par le néant idéologique de la gauche. Finkelkraut, Weizmann, Bruckner, tous des anciens compagnons de route de la gauche.
Comment cela est-il possible ? Prenons l'explication de Glucksman, c'est à dire le sois disant néant idéologique de la gauche. Le rôle des intellectuels de gauche n'était il pas justement de combler ce vide idéologique ? Par ces mots même Glucksman et consors admettent leurs propres défaites idéologiques faces aux néoréactionnaires et montrent qu'ils se sont eux même pliés face à l'ordre établi. D'ailleurs n'ont-ils pas toujours été dans le sens du vent étant donné qu'ils ont été gauchistes en 68 (en dehors de Finkelkraut), mittérandiste dans les années 80 et Sarkosistes aujourd'hui.
En réalité, ces "avant gardes" se sont toujours trompés et lorsqu'ils renient aujourd'hui ce qu'ils ont fait ou dit hier c'est un terrible aveux d'impuissance qui mène nécessairement à un défaitisme qui ne peut être quez sarkosien.
En quoi serait il légitime de soutenir Sarkozy aujourd'hui ? Sur quelles valeurs de gauche s'appuient ils pour le justifier ? L'ultralibéralisme, l'autoritarisme, ou encore le néoimpérialisme américain ?
Heureusement, leur crédibilité est inversement proportionnel à leur bruit médiatique.
Publié par emirdeniz à 21:18:58 dans Divers | Commentaires (0) | Permaliens
Il nous refait le coup de Chirac en 1995. Promis, Sarkozy est plus à gauche que la gauche. Il cite Jaurès et Blum, en appelle aux travailleurs trahis par la gauche ... La différence avec Chirac, c'est qu'au moins Chirac n'avait pas de programme. Sarkozy, lui, en a un et a beaucoup de mal à vrai dire a justifier ces postures tout en maintenant un programme ultra libéral. L'affaire du CNE en est la preuvre. Après avoir dit qu'il fallait généraliser le CNE et mettre à mort le CDI, la droite pratique le rétropédalage et explique que ce n'est pas tout a fait ça mais un peu quand même. Idem sur la fiscalité. Tant que la droite continuera comme cela et restera dans ses contradictions entre une option ultralibérale non assumée et des postures sociales, nous n'avons rien à craindre. Cela montre également que sur les questions sociales, si la campagne reste sur ces questions, la gauche sera très difficile à battre et nous attendons de notre candidate qu'elle réponde à l'énorme attente sociale exprimée à travers les manifestations sur le Contrat Première Embauche. La question sociale reste donc bel et bien le premier problème de ce pays, les autres en dépendent, la victoire aussi.
Publié par emirdeniz à 10:30:13 dans France | Commentaires (0) | Permaliens
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