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G8, les fantômes du nouvel ordre mondial. | 06 juin 2007

Voilà comment est géré le monde aujourd'hui. Par quelques chefs d'état et de gouvernement, jamais d'accord entre eux dans un cadre informel derrière des fils barbelés. Autant le dire, ce monde n'est depuis longtemps pas gouverné. Or, il ne s'effondre pas et le train-train continue entre micro et méga guerres, micro et méga crises et micro et méga contestation. Mais alors qui gouverne ? C'est ici qu'on voit la force des idées. Ce monde n'a plus besoin de personnes pour donner d'orientation politique car l'orientation politique est implicite et personne ne la remettra en cause. Les institutions internationales et leurs bureaucrates ont intériorisé un fonctionnement fondé sur le consensus de Washington. L'OTAN sait qu'elle doit se plier aux Etats-Unis et l'Union européenne avance dans le sens d'une méga-institution chargée de normer le libéralisation indépendamment de ce qui se passe dans le reste du monde. De là à dire qu'on s'emmerde ! Heureusement qu'il y a de temps un temps un coup de gueule du président Chavez pour sortir de cette partition écrite à l'avance. Il n'est plus là le temps ou Kroutchev tapait sur le pupitre des nations-unies avec sa chaussure. Le temps ou De Gaulle déclarait le Québec indépendant, ou les non-alignés se regroupaient ostensiblement pour dénoncer les impérialismes où les bruits des peuples révoltés ébranlaient les marché financier. Ne vous y trompez pas, l'agitation actuelle du président Poutine vise d'avantage à avoir un rapport de force pour négocier d'autres choses avec l'occident qu'à remettre en cause cet ordre global. Il n'y a qu'à voir la bourse, quoi qu'il arrive, les ventes de détails aux Etats-Unis calculés par l'Institut économique du Michigan pour le mois de mai sont plus importantes que le nom du président de la république en France. Autrefois quand la gauche arrivait au pouvoir les marchés étaient pétrifiés aujourd'hui ils rigolent. Tout se passe comme si ce monde financier était totalement déconnecté de la réalité politique et géopolitique. Le marché n'a que faire de la manière d'être gouverné du pays, il sait qu'il y a un background libéral minimum qui sera maintenu quoiqu'il arrive, on appelle cela la bonne gouvernance. Le marché n'a plus besoin de norme politique pour se gouverner car il dicte lui-même une norme implicite acceptée par tous. Cette norme non-écrite, ce contrat libéral de gré à gré ressemble à s'y méprendre au droit coutumier du moyen âge. Il ne faut pas enfreindre la coutume libérale, c'est la seule règle. Cette absence de règle et ce fondement sur ce que d'aucuns appelaient la « lex mercatoria » (1) a autrefois commencé à poser des problèmes avec l'avènement des nations et les contradictions qui allaient avec. On constate aujourd'hui que c'est encore une fois le conflit entre la norme idéologique non écrite et la réalité des corps politiques qui est susceptible à l'avenir de poser problème aux fantômes gouvernants du nouvel ordre mondial. (1) La lex mercatoria est un ensemble d'usages, de pratiques et de principes que les opérateurs du commerce international s'efforcent de respecter (codes de bonne conduite) sans passer par le droit international privé et donc sans désignation de la loi étatique, sauf les lois de police et celles portant sur des questions d'ordre public.

Publié par emirdeniz à 11:33:24 dans International | Commentaires (2) |

Amoureux de géographie | 02 juin 2007

Amoureux de géographie, de géopolitique ou d'économie, allez absolument faire un tour sur ce site :

http://www.worldmapper.org

Publié par emirdeniz à 19:32:40 dans Divers | Commentaires (1) |

Lire - Multitude | 26 mai 2007

Antonio Negri

Michael Hardt

 

Michael Hardt et Antonio Negri sont probablement les seuls penseurs de gauche à développer une œuvre originale et globale sur la mondialisation. Multitude est leur second ouvrage important sur le sujet après Empire. La notion de « multitude » est ici opposée à l'ancienne conception de peuple. Si Negri et Hardt ne réfutent pas l'idée d'une unité d'intérêt des peuples, en revanche, ils analysent de manière fine l'évolution des formes du salariat et de la production dans les pays développés. Ils estiment que c'est cette nouvelle forme de salariat à la fois multiple mais qui a des intérêts et des luttes communes qui sera la seule capable de mettre en place la démocratie globale qu'ils appellent de leurs vœux. Dans la première partie de  l'ouvrage, ils reviennent également sur la notion d'empire qui bien que centrée politiquement sur les Etats-Unis n'est plus une forme politique délimitée géographiquement mais plutôt un monstre tentaculaire qui possède des succursale à travers les multinationales mondiales. Ils expliquent comment cet empire, par le maintient d'une guerre asymétrique permanente tend à occuper de nouveaux espaces politiques et économiques.

 

Pas très éloigné d'un mélange de néomarxisme et des nouvelles sciences sociales, les deux penseurs posent peut-être les jalons d'une nouvelle pensée altermondialiste qui a vocation à s'enrichir. Quelques critiques tout de même concernant notamment la notion de nation qui est selon eux dépassée mais dont on voit l'actualité dans de nombreux pays y compris européens. Enfin, on peut noter que Negri s'est tout de même trompé dans son analyse au moment du référendum sur le TCE ou la multitude dont il parle a largement voté non alors que lui appelait à voter oui.

 

Publié par emirdeniz à 17:41:15 dans Divers | Commentaires (0) |

Le lapin, la carpe et les autres … | 22 mai 2007

Etonnement au Parti Socialiste. Bernard Kouchner aurait rejoint la droite. Oh, comme c'est étonnant ! Ne serait-ce pas le même Kouchner qui était pour la guerre en Irak, pour le CPE, pour la réforme des retraites de Raffarin et pour la réforme de la sécu. Eh bien si c'est lui. Lui qui à chaque fois qu'il mettait un coup à la gauche continuait à être mis en avant au Parti Socialiste. C'est bien lui. Etonnant alors ? Non, bien sûr. Ce qui est étonnant c'est que le Parti Socialiste aille chercher ses secrétaires nationaux à Challenge (magazine économique ultralibéral duquel est issu Eric Besson). A l'heure de toutes les refondations, renouvellements, ravalement de façade, reconstruction, ... il serait peut être temps pour nous de comprendre que les gens qui vont trahir donnent des signes et qu'il vaut mieux dans ce cas prévenir. Si les traitres ne sont pas programmés génétiquement comme le pense certainement Nicolas Sarkozy, ce qui est sur c'est que quelqu'un qui a déjà tiré contre son camp plusieurs fois risque de recommencer. Espérons alors que le prochain premier secrétaire ne s'appellera pas Michel Rocard. A bon entendeur.

Publié par emirdeniz à 11:13:24 dans France | Commentaires (0) |

Refermons la parenthèse de Tours | 14 mai 2007

Y'a-t-il encore un Parti Communiste Français ? La question se pose après ces élections présidentielles qui ont définitivement enfoncé le PCF à moins de 2%. Evidement, le vote utile n'y ait pas pour rien, et le PCF aurait fait un peut plus dans un autre contexte, un peu plus oui mais un peu seulement. La double question que doit se poser aujourd'hui le PCF est de savoir 1. S'il est encore communiste 2. S'il lui reste un espace entre le PS et l'extrême gauche. Quel sens a aujourd'hui l'engagement au PCF sinon de se dire qu'on est radical mais qu'on veut gérer le pays. Une influence électorale aussi faible ne permet en effet plus de peser sur grand-chose et remet gravement en cause l'existence même d'un tel outil.

 

Au moment de la scission au congrès de Tours les frères ennemis s'étaient déchirés sur la question de la 3ème internationale, communiste celle-là. Par la suite, la soumission des communistes français à la ligne de Moscou leur permettait de justifier une existence indépendante dans la mesure où il n'était pas question pour eux de gérer la République bourgeoise. Aujourd'hui et depuis des années les communistes sont en direction dans les collectivités locales ou dans les gouvernements avec des socialistes et leur orientation sur des sujets concrets est bien en deçà des nécessaires coup de gueule de Marie Georges Buffet. Le PCF n'aura probablement plus de groupe à l'assemblée et les déchirements internes promettent le dernier congrès du PCF. Alors je l'affirme, refermons la parenthèse de Tours, retrouvons nous dans la maison commune, malgré les difficultés que cela posera, malgré le rejet de certaines orientations sociales libérales du Parti Socialiste. Une force ex-communiste, permettra au contraire au Parti Socialiste de maintenir son ancrage à gauche qu'on veut aujourd'hui plus que jamais remettre en cause. Je ne ferais pas aux militants du PCF l'insulte du mépris comme certains le font. Je pense que ce courant de pensée aux côtés de la gauche du PS à tout son rôle à jouer à la fois dans l'orientation du PS mais aussi dans le lien qui demeure encore réel des militants du PCF avec le monde ouvrier.

Publié par emirdeniz à 20:54:08 dans France | Commentaires (2) |

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