Les causes des émeutes de la faim
actuellement en cours dans beaucoup de pays du Sud sont largement discutées par
la presse. Chacun y va de son commentaire. Il y a d'abord la croissance
mondiale qui oblige des pays comme
Toutes ces causes réunies incitent comme pour le pétrole à la spéculation. C'est en réalité cette spéculation qui abouti à l'explosion des prix et empêche des millions de personnes dans le monde, principalement dans les pays importateurs de s'approvisionner en nourriture. A Haïti, ces émeutes ont coûté sa place au premier ministre mais surtout créés une situation de famine dans un des pays les plus pauvres du monde. Les habitants en sont réduits à manger des galettes de boues qui évidement conduisent à des épidémies en plus de la famine. Au Sénégal, au Cameroun, en Ethiopie, au Mexique ou encore en Egypte et dans bien d'autres pays cette situation s'apprête à avoir comme conséquence des troubles politiques graves qui pourraient bien s'étendre et devenir une catastrophe humanitaire et entraîner des exodes ingérable pour la communauté internationale.
Voici un tableau plutôt réaliste de la situation telle que présentée par les médias mondiaux. Pourtant, une cause un peu plus lointaine mais qui est sans doute la cause réelle est volontairement occultée. Il s'agit des politiques d'ajustements structurels imposés par le FMI dans les années 80 et 90 à ces pays. A la fin des années 70 beaucoup de pays du Sud se sont endettées auprès d'autres pays (club de Paris qui réunit les principaux prêteurs) ou surtout du FMI. A cette époque, nous étions au sommet de l'idéologie néolibérale qui sous-tendait les orientations politiques du FMI. Ces politiques, connes sous le vocable de « consensus de Washington » ont eu pour conséquence de diminuer de manière radicale les productions agricoles locales en les obligeant à abandonner les cultures vivrières et accepter d'entrer dans des monocultures d'exportation. Ainsi, la côte d'ivoire devait se spécialiser dans la production de bananes et de café. Le Sénégal dans l'exportation de certains poissons, le Mexique dans le maïs et chacun devait abandonner les politiques de fixation de prix par l'Etat et de subventionnement afin d'entrer dans le grand marché mondial qui règlerait tous leurs problèmes. Dans le même temps l'hypocrisie étai poussée jusqu'à permettre aux Etats-Unis et à l'Union Européenne de permettre un subventionnement massif de leur propre agriculteurs ce qui leur permis d'exporter à des prix défiant la concurrence du Sud et de tuer la plupart des agricultures de ces pays.
Ainsi, on peut dire que contrairement à ce qui nous est présenté, la crise actuelle n'est pas une crise de la demande car la demande augmente régulièrement depuis la seconde guerre mondiale mas les gains de productivité énormes dans l'agriculture ont toujours permit de faire face à ces augmentations. Il s'agit d'une crise de l'offre. Beaucoup de pays qui auraient pu développer leurs agricultures par le maintien de barrières douanière ou d'aide à leurs paysans n'ont pas pu le faire et se retrouvent aujourd'hui démunies. D'ailleurs, il est frappant de comparer les pays qui souffrent aujourd'hui à ceux qui ont subit des dommages dues aux politiques d'ajustement structurels. Les pays comme l'Inde qui ont privilégier l'agriculture et défendu leurs paysans subissent beaucoup moins la situation actuelle que ceux qui sont entrés dans la logique du FMI. La seule chose que nous pouvons regretter aujourd'hui est le mutisme de notre camarade DSK qui au lieu de reconnaître la responsabilité de l'organisation qu'il dirige et changer radicalement les politiques du FMI pour les orienter vers des politiques de développement endogène, se limite à dire que la crise est grave et qu'il faut défendre des politiques de baisse des droits de douanes afin de diminuer les coûts des denrées de base pour les populations du Sud.
Publié par emirdeniz à 10:50:55 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Enfin, la particularité de cette profession à Paris est de concentrer une très grande proportion d'étrangers ou de français naturalisés, ce qui en fait parfois des lieux exotiques de part leur décoration intérieure et la musique d'ambiance afro-antillaise qu'on peut parfois écouter. Tout ceci relève peut être de la caricature mais une chose est vraie. Les taxis ont réussit en une seule journée à faire reculer le gouvernement sur une non-proposition d'un rapport informel d'une personnalité bien connue qu'est monsieur Attali.
Ah qu'ils ont de la chance ces experts, ils ne risquent rien. Ce sont les maires et conseillers généraux UMP qui vont tout prendre pour eux lors des prochaines élections municipales. J'ai même entendu dire que certains d'entre eux refusaient désormais de rouler des élus de l'UMP. Il vaut donc mieux dans notre pays être un expert que d'avoir le courage d'affronter le suffrage universel. Mr Attali sera bientôt oublié comme Mr Camdessus et d'autres avant. Il écrira des livres où il expliquera pourquoi la politique de Nicolas Sarkozy a échoué faute de l'avoir écouté.
Si les taxis de
Publié par emirdeniz à 11:35:06 dans France | Commentaires (2) | Permaliens
Par Nicolas Sacco
C'est un serpent de mer vieux de quarante-cinq ans. La droite cherche à tous prix à limiter l'exercice du droit de grève des fonctionnaires. Le service minimum à l'école est sans doute le coup le plus vicieux porté par un gouvernement à l'exercice du droit de grève.
Démonstration en deux actes.
Prologue : quand De Gaulle mangeait son képi
En 1963, face à la grève des mineurs, De Gaulle signe un décret de réquisition des mineurs qui est accueilli de la seule manière possible : par le mépris. Les mineurs poursuivent le mouvement. Le général mange son képi. Les gouvernements de droite prennent acte qu'il est impossible de lutter contre une foule en colère. Les Français soutiennent les grévistes et l'on n'imagine pas l'armée tirer sur la foule.
Acte I - 2008 : l'organisation du bris de grève
Sarkozy a retenu la leçon. Ministre de l'Intérieur, il a commencé, dès les grèves de 2004 contre la loi Fillon sur les retraites et l'acte II de la décentralisation, à préférer le pourrissement, à réutiliser des agents provocateurs, ces policiers en civil infiltrant les manifestants. Et les défilés pacifiques de se transformer comme par enchantement en groupes violents incontrôlables devant les caméras de télévision...
Il franchit désormais le Rubicon et organise le bris de grève. Les enseignants en grève sont remplacés au mieux par des animateurs, au pire par quelques agents municipaux sans qualification, employés par les communes, les frais étant compensés par l'Etat grâce aux traitements retenus pour fait de grève.
Le droit de grève, protégé par
Acte II - Et maintenant ? Les maires de gauche dans la tourmente...
Le calcul est diabolique. Alors que la poignée d'usagers en colère en appelait à l'Etat sur sa compétence (l'éducation), elle se tournera vers les communes. A elles de répondre aux problèmes de garde d'enfants ! Et tant pis pour les maires de gauche qui refusent de se transformer en briseurs de grève : ils auront à affronter la grogne des usagers quand les enseignants se plaignent de la politique de l'Etat.
Coup double ! La politique de casse du service public d'éducation est payée par les élus de gauche...
Mais, non, il ne faut pas voir le mal partout...
A bon entendeur
Publié par emirdeniz à 10:11:23 dans France | Commentaires (0) | Permaliens
Michel Rocard a eu la gentillesse de répondre à mon article que je lui avais fais parvenir par mail.
Je vous livre ici la réponse intégrale de Michel Rocard.
Cher camarade,
Je suis sensible au soin que tu as pris de traiter de mon argumentation. Le PS a besoin de débats sérieux, sereins et approfondis. Poursuivons-les. C'est pourquoi j'ai accordé grande attention à ton blog.
Mais pour que le dialogue fasse progresser de nouveaux accords entre nous, il faut se comprendre et pour se comprendre, ne pas dévier l'argumentation et le débat.
Tu me prêtes, et c'est le fond de ton argumentation, une assimilation entre la gauche antilibérale et le non à l'Europe. Or jamais je n'ai écrit ni pensé cela, et surtout pas dans la dernière tribune. Si beaucoup de gens se sont retrouvés sur ces deux positions, le non à l'Europe est infiniment plus large. J'y ai vu pour ma part comme beaucoup de commentateurs d'ailleurs un refus profond de la précarité que produit massivement le capitalisme mondial dans son état actuel, associé à la conviction que je crois fausse mais qui fut majoritaire, que l'Europe est pour quelque chose dans cette évolution alors qu'elle a pris naissance aux Etats Unis.
Je ne me reconnais donc pas du tout dans "l'analyse simpliste d'un oui pro marché et d'un non anti marché". Les analyses sont différentes, les forces en cause différentes même s'il leur arrive de converger en partie. Mais si l'on veut approfondir ces débats pour finir par les trancher, il est essentiel de ne pas les confondre.
Sur ce qui est majeur dans notre différence, il ne faut pas non plus se tromper. Je ne suis pas plus prêt que toi à renoncer à la notion d'égalité. En revanche je suis à l'évidence beaucoup plus sensible que tu ne sembles l'être au caractère international de notre stratégie et je me sens à l'aise par exemple avec nos camarades sociaux démocrates scandinaves qui réussissent à faire chez eux des sociétés beaucoup plu égalitaires que la notre.
Le point difficile est sans doute l'affaire de l'économie de marché. Je te donne acte que personne ne parle plus de sa suppression, et que personne n'ose plus revendiquer l'économie intégralement régie par la puissance publique.
Mais , et c'est là qu'on a toujours manqué de temps et d'espace pour creuser cette affaire, et que par exemple j'ai beaucoup simplifié dans la Tribune Libre que tu incrimines, il y a une énorme différence entre le fait de constater que nous sommes en économie de marché et que nous n'y pouvons pas grand chose, quitte à regretter secrètement l'étatisme perdu et à s'en inspirer quand même dans nos projets de réforme, et le fait de savoir s'en servir pour faire avancer nos projets égalitaires et sociaux en mettant le jeu du marché de notre coté par des incitations ou des pénalisations, notamment fiscales et en appuyant les forces sociales associatives et surtout syndicales dans leurs permanentes négociations. C'est cela que le PS à la différence des autres partis socialistes d'Europe, n'a pas encore appris à faire. Il y a beaucoup d'exemples. L'un, tu le cites, c'est les nationalisations. Je te rappelle que j'étais pour, mais pour les faire autrement. Elles auraient été moins fragiles si on leur avait laissé une liaison avec le marché au lieu de les faire dépendre exclusivement du budget de l'Etat. Un autre exemple est les 35 heures, où nous avons compliqué la vie des PME, pourtant pour une cause juste, en jouant trop l'autoritarisme de l'Etat et pas assez la négociation sociale appuyée sur une puissante incitation fiscale. Ça aurait été un peu plus lent, mais plus solide et plus durable.
Tout cela en faisant au plus court. Merci en tous cas de t'intéresser à ces débats, essentiels pour le Parti.
Bien à toi,
Michel Rocard
Publié par emirdeniz à 17:45:09 dans Divers | Commentaires (1) | Permaliens
Michel Rocard a écrit une tribune
aujourd'hui dans le journal Libération qui mérite d'être lue même si, pour l'essentiel,
il reprend une théorie qu'il a déjà exposé depuis longtemps concernant les deux
gauche et une « majorité réformiste » qui s'en dégagerait.
Je ne reviendrais pas sur ces propos les plus médiatisés qui ne concernent qu'une partie infime de cette tribune mais qui a servit d'effet marketing pour de journalistes parisiens qui utilisent les batailles internes du PS pour boucler leurs fin de mois.
Selon cette théorie, ces deux gauches seraient l'une sociale démocrate, orientée vers une économie de marché régulée, même si le terme de régulation n'est pas utilisé en tant que tel, nous y reviendrons ; et une autre gauche antilibérale qui refuserait l'économie de marché et qui serait anti-européenne. Ce schisme (pour utiliser un terme religieux) de la gauche serait merveilleusement illustré par le référendum de mai 2005 sur la constitution européenne.
C'est ici que se trouve la première contradiction. En effet, les électeurs de gauche et même les électeurs socialistes ont voté majoritairement pour le non lors de ce référendum. Dire que ce schisme serait insurmontable signifie que la gauche est condamnée à être divisée entre une minorité (qui a voté oui) qui dirigerait une majorité (qui a voté non) qui se cantonnerait à un rôle de contestation.
Cette analyse est aujourd'hui partagée par de nombreux éditorialistes parisiens du monde à libé en passant par le nouvelobs et donc par une majorité de sympathisants socialistes. Cette théorie des deux gauches est fausse pour de nombreuses raisons. D'abord concernant la constitution européenne, de la même manière que le non n'était pas majoritairement un vote anti-européen, le oui n'était pas non plus un vote pro-libéral. Il y avait dans le oui de gauche des éléments critiques qui, s'ils ont du être cachés pendant la campagne pour des raisons électorales s'entendaient dans les discours entre militants. Les arguments étaient davantage tournés vers les maigres avancées du texte en matière de gouvernance que vers la nécessité inéluctable d'accepter le marché comme mode de régulation en dernière instance.
On voit donc bien que l'analyse simpliste d'un oui pro-marché et d'un non anti-marché ne tient pas. Secundo, l'analyse de monsieur Rocard nécessite que les partisans du non, ou bien encore ce qu'on appelle traditionnellement « l'aile gauche » du PS seraient majoritairement contre l'économie de marché. Or, jamais aucun dirigeant socialiste, de quel courant qu'il soit n'a jamais dit qu'il était contre l'économie de marché depuis Jean Pierre Chevènement dans les années 70. Les socialistes, dans leur ensemble sont pour l'économie de marché. Il n'y a d'ailleurs qu'à voir la manière dont ils ont géré le pays depuis 1981 pour se rendre compte que les chars soviétiques n'ont jamais défilé sur les champs Elysées. Alors pourquoi utiliser de telles absurdités comme arguments ? Tout simplement pour faire peur à la base du PS, majoritairement sage et pas aventurière et lui faire croire qu'un PS ancré à gauche signifie un retour aux « vieilles lunes » socialistes. Quels sont d'ailleurs ces vieilles lunes ? Les nationalisations ? La régulation économique ? L'importance de l'éducation nationale ?
Sur ces trois points qui pourraient faire clivage et en particulier sur le premier l'histoire récente nous a montré que bon nombre de ces privatisations ont été nuisible à l'intérêt des français. Par exemple, la privatisation d'Elf dans TOTAL a donné un géant énergétique qui prend d'abord en compte son intérêt financier plutôt que de penser au pouvoir d'achat des français qui ont besoin de se déplacer pour aller travailler.
Tout cela relève donc de la manœuvre politique. Si j'étais paranoïaque, ce que je ne suis pas, je dirais du complot contre la gauche.
Je prétends au contraire que la gauche a une capacité à se renouveler, à avoir des idées, et même à gagner tout en restant à gauche. Et cela pour plusieurs raisons. La première est la capacité plastique du Parti Socialiste en termes d'orientation politique. En effet, le PS a été capable en deux décennies de dire quelque chose puis son contraire en fonction des aléas politiques. Il est donc capable de trouver une orientation politique et de s'y tenir pour peut qu'il se mette réellement à travailler. La seconde c'est qu'en réalité, cette division est largement artificielle et que lorsque je discute avec des personnes plutôt « à droite » du PS, peu de mesures prises unes à unes ne nous distingueront de manière inconciliable si ce n'est le degré que nous mettrons chacun dans nos réformes. La troisième, c'est que malgré Michel Rocard, et malgré la propagande sociale libérale de certains depuis des années, le Parti Socialiste ne renoncera pas contrairement au New Labour et au SPD à la notion d'égalité. C'est en effet cette notion qui fera qu'un socialiste restera toujours progressiste et qu'il ne confondra pas amélioration des retraites avec mise à plat du système par répartition, amélioration de l'Europe et libéralisation à tout craint, amélioration des relations sociales et pouvoir au patronnât.
Car enfin, comme l'a dit le grand Jaurès, la gauche française, comme le peuple français n'est pas schismatique, elle est révolutionnaire.
Publié par emirdeniz à 15:45:22 dans France | Commentaires (2) | Permaliens
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