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Emeutes de la fin, une responsabilité accablante du Nord | 07 mai 2008

Les causes des émeutes de la faim actuellement en cours dans beaucoup de pays du Sud sont largement discutées par la presse. Chacun y va de son commentaire. Il y a d'abord la croissance mondiale qui oblige des pays comme la Chine à importer massivement des céréales, du riz et d'autres denrées de bases pour nourrir sa population. Il y a ensuite des explications conjoncturelles comme la sécheresse qui dure depuis plusieurs années en Australie et qui diminue d'autant l'offre de céréales, l'Australie étant un des principaux exportateur de céréales. Une troisième cause est la volonté de différents états consommateurs comme les Etats-Unis ou l'Union Européenne de pousser massivement la production de « biocarburants » et qui induisent comme pour le maïs mexicain des explosion de prix qui empêchent les populations locales de s'approvisionner à des prix raisonnables.

                    

Toutes ces causes réunies incitent comme pour le pétrole à la spéculation. C'est en réalité cette spéculation qui abouti à l'explosion des prix et empêche des millions de personnes dans le monde, principalement dans les pays importateurs de s'approvisionner en nourriture. A Haïti, ces émeutes ont coûté sa place au premier ministre mais surtout créés une situation de famine dans un des pays les plus pauvres du monde. Les habitants en sont réduits à manger des galettes de boues qui évidement conduisent à des épidémies en plus de la famine. Au Sénégal, au Cameroun, en Ethiopie, au Mexique ou encore en Egypte et dans bien d'autres pays cette situation s'apprête à avoir comme conséquence des troubles politiques graves qui pourraient bien s'étendre et devenir une catastrophe humanitaire et entraîner des exodes ingérable pour la communauté internationale.

 

Voici un tableau plutôt réaliste de la situation telle que présentée par les médias mondiaux. Pourtant, une cause un peu plus lointaine mais qui est sans doute la cause réelle est volontairement occultée. Il s'agit des politiques d'ajustements structurels imposés par le FMI dans les années 80 et 90 à ces pays. A la fin des années 70 beaucoup de pays du Sud se sont endettées auprès d'autres pays (club de Paris qui réunit les principaux prêteurs) ou surtout du FMI. A cette époque, nous étions au sommet de l'idéologie néolibérale qui sous-tendait les orientations politiques du FMI. Ces politiques, connes sous le vocable de « consensus de Washington » ont eu pour conséquence de diminuer de manière radicale les productions agricoles locales en les obligeant à abandonner les cultures vivrières et accepter d'entrer dans des monocultures d'exportation. Ainsi, la côte d'ivoire devait se spécialiser dans la production de bananes et de café. Le Sénégal dans l'exportation de certains poissons, le Mexique dans le maïs et chacun devait abandonner les politiques de fixation de prix par l'Etat et de subventionnement afin d'entrer dans le grand marché mondial qui règlerait tous leurs problèmes. Dans le même temps l'hypocrisie étai poussée jusqu'à permettre aux Etats-Unis et à l'Union Européenne de permettre un subventionnement massif de leur propre agriculteurs ce qui leur permis d'exporter à des prix défiant la concurrence du Sud et de tuer la plupart des agricultures de ces pays.

 

Ainsi, on peut dire que contrairement à ce qui nous est présenté, la crise actuelle n'est pas une crise de la demande car la demande augmente régulièrement depuis la seconde guerre mondiale mas les gains de productivité énormes dans l'agriculture ont toujours permit de faire face à ces augmentations. Il s'agit d'une crise de l'offre. Beaucoup de pays qui auraient pu développer leurs agricultures par le maintien de barrières douanière ou d'aide à leurs paysans n'ont pas pu le faire et se retrouvent aujourd'hui démunies. D'ailleurs, il est frappant de comparer les pays qui souffrent aujourd'hui à ceux qui ont subit des dommages dues aux politiques d'ajustement structurels. Les pays comme l'Inde qui ont privilégier l'agriculture et défendu leurs paysans subissent beaucoup moins la situation actuelle que ceux qui sont entrés dans la logique du FMI. La seule chose que nous pouvons regretter aujourd'hui est le mutisme de notre camarade DSK qui au lieu de reconnaître la responsabilité de l'organisation qu'il dirige et changer radicalement les politiques du FMI pour les orienter vers des politiques de développement endogène, se limite à dire que la crise est grave et qu'il faut défendre des politiques de baisse des droits de douanes afin de diminuer les coûts des denrées de base pour les populations du Sud.

Publié par emirdeniz à 10:50:55 dans International | Commentaires (0) |

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