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Présentation

Je m'apelle Emir Deniz. J'ai 28 ans, je suis conseiller de Jean Pierre Masseret au Conseil Régional de Lorraine. J'ai travaillé pendant 2 ans comme assistant d'Henri Emmanuelli à l'assemblée nationale. Politiquement, je suis membre du Parti Socialiste. J'ai également été membre du Bureau National et du Secrétariat National du MJS chargé de l'éducation. J'ai également milité pendant de longues années à l'UNEF, années qui restent les plus belles pour moi ...

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Michel Rocard et le tropisme social-démocrate | 15 janvier 2008

Michel Rocard a écrit une tribune aujourd'hui dans le journal Libération qui mérite d'être lue même si, pour l'essentiel, il reprend une théorie qu'il a déjà exposé depuis longtemps concernant les deux gauche et une « majorité réformiste » qui s'en dégagerait.

Je ne reviendrais pas sur ces propos les plus médiatisés qui ne concernent qu'une partie infime de cette tribune mais qui a servit d'effet marketing pour de journalistes parisiens qui utilisent les batailles internes du PS pour boucler leurs fin de mois.

Selon cette théorie, ces deux gauches seraient l'une sociale démocrate, orientée vers une économie de marché régulée, même si le terme de régulation n'est pas utilisé en tant que tel, nous y reviendrons ; et une autre gauche antilibérale qui refuserait l'économie de marché et qui serait anti-européenne. Ce schisme (pour utiliser un terme religieux) de la gauche serait merveilleusement illustré par le référendum de mai 2005 sur la constitution européenne.

C'est ici que se trouve la première contradiction. En effet, les électeurs de gauche et même les électeurs socialistes ont voté majoritairement pour le non lors de ce référendum. Dire que ce schisme serait insurmontable signifie que la gauche est condamnée à être divisée entre une minorité (qui a voté oui) qui dirigerait une majorité (qui a voté non) qui se cantonnerait à un rôle de contestation.

Cette analyse est aujourd'hui partagée par de nombreux éditorialistes parisiens du monde à libé en passant par le nouvelobs et donc par une majorité de sympathisants socialistes. Cette théorie des deux gauches est fausse pour de nombreuses raisons. D'abord concernant la constitution européenne, de la même manière que le non n'était pas majoritairement un vote anti-européen, le oui n'était pas non plus un vote pro-libéral. Il y avait dans le oui de gauche des éléments critiques qui, s'ils ont du être cachés pendant la campagne pour des raisons électorales s'entendaient dans les discours entre militants. Les arguments étaient davantage tournés vers les maigres avancées du texte en matière de gouvernance que vers la nécessité inéluctable d'accepter le marché comme mode de régulation en dernière instance.

On voit donc bien que l'analyse simpliste d'un oui pro-marché et d'un non anti-marché ne tient pas. Secundo, l'analyse de monsieur Rocard nécessite que les partisans du non, ou bien encore ce qu'on appelle traditionnellement « l'aile gauche » du PS seraient majoritairement contre l'économie de marché. Or, jamais aucun dirigeant socialiste, de quel courant qu'il soit n'a jamais dit qu'il était contre l'économie de marché depuis Jean Pierre Chevènement dans les années 70. Les socialistes, dans leur ensemble sont pour l'économie de marché. Il n'y a d'ailleurs qu'à voir la manière dont ils ont géré le pays depuis 1981 pour se rendre compte que les chars soviétiques n'ont jamais défilé sur les champs Elysées. Alors pourquoi utiliser de telles absurdités comme arguments ? Tout simplement pour faire peur à la base du PS, majoritairement sage et pas aventurière et lui faire croire qu'un PS ancré à gauche signifie un retour aux « vieilles lunes » socialistes. Quels sont d'ailleurs ces vieilles lunes ? Les nationalisations ? La régulation économique ? L'importance de l'éducation nationale ?

Sur ces trois points qui pourraient faire clivage et en particulier sur le premier l'histoire récente nous a montré que bon nombre de ces privatisations ont été nuisible à l'intérêt des français. Par exemple, la privatisation d'Elf dans TOTAL a donné un géant énergétique qui prend d'abord en compte son intérêt financier plutôt que de penser au pouvoir d'achat des français qui ont besoin de se déplacer pour aller travailler.

Tout cela relève donc de la manœuvre politique. Si j'étais paranoïaque, ce que je ne suis pas, je dirais du complot contre la gauche.

Je prétends au contraire que la gauche a une capacité à se renouveler, à avoir des idées, et même à gagner tout en restant à gauche. Et cela pour plusieurs raisons. La première est la capacité plastique du Parti Socialiste en termes d'orientation politique. En effet, le PS a été capable en deux décennies de dire quelque chose puis son contraire en fonction des aléas politiques. Il est donc capable de trouver une orientation politique et de s'y tenir pour peut qu'il se mette réellement à travailler. La seconde c'est qu'en réalité, cette division est largement artificielle et que lorsque je discute avec des personnes plutôt « à droite » du PS, peu de mesures prises unes à unes ne nous distingueront de manière inconciliable si ce n'est le degré que nous mettrons chacun dans nos réformes. La troisième, c'est que malgré Michel Rocard, et malgré la propagande sociale libérale de certains depuis des années, le Parti Socialiste ne renoncera pas contrairement au New Labour et au SPD à la notion d'égalité. C'est en effet cette notion qui fera qu'un socialiste restera toujours progressiste et qu'il ne confondra pas amélioration des retraites avec mise à plat du système par répartition, amélioration de l'Europe et libéralisation à tout craint, amélioration des relations sociales et pouvoir au patronnât.

Car enfin, comme l'a dit le grand Jaurès, la gauche française, comme le peuple français n'est pas schismatique, elle est révolutionnaire.

Publié par emirdeniz à 15:45:22 dans France | Commentaires (2) |

16-01-2008  09:47  16-01-2008 09:47
ouais  De  emir  Sujet:  ouais Url: [Liens]
Salut Rémi, Bonne année. L'exemple d'Elf renvoi effectivement à des années sombre de la politique française en Afrique et ailleurs et à des magouilles. Je voulais simplement constater qu'aujourd'hui, les 15 m d'€ de bénéfices de TOTAL vont dans la poche des actionnaires alors qu'ils pourraient servir à investir dans la modernisation par exemple de notre industrie chimique. En Lorraine le groupe TOTAL Pétrochimical licencie en ce moment à tour de bras. Ca aurait pu être différent en cas de non privatisation. A+
15-01-2008  17:03  15-01-2008 17:03
elf.. hum  De  remi  Sujet:  elf.. hum Url: [Liens]
D'accord avec toi sur bcp de points.. Par contre prendre comme exemple Elf, je doute que ca soit judicieux tant cette compagnie s'est comportée de manière odieuse lorsqu'elle était nationalisée (cf Françafrique). La privatisation ne changeant rien sur ce point. Tu cites à la fin le SPD allemand, je t'invite à lire l'analyse de leur dernier congrès ("un bad godesberg de gauche pour le SPD") http://nouvelleere.wordpress.com/2008/01/11/le-nouveau-programme-du-spd-le-godesberg-de-gauche/ amitiés

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