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En écoutant les déclarations de Deniz Baykal (leader de la gauche en Turquie) j'ai cru entendre les déclarations de Ségolène Royal au soir de la défaite aux élections présidentielles. Il disait en substance : « Nous n'avons pas perdu puisque nous avons progressé de 1,5% à ... 20,5%. J'ai donc été une nouvelle fois affligé de voir qu'on ne changerais rien à la stratégie de la gauche qui consiste en gros à faire une alliance avec l'armée sur une base laicarde en se coupant totalement de la base populaire qui devrait (et qui a été) la sienne et en ne s'appuyant que sur l'élite intellectuelle et les anciennes classes moyennes urbanisée qui sont attachée davantage à leur mode de vie « à l'occidentale » qu'au progrès social pour tous.
La gauche turque ne semble donc
pas en mesure à court terme de sortir de l'ornière dans laquelle elle s'est
elle-même enfermée en refusant obstinément de proposer ou de défendre un
programme qui soit autre chose que « tout sauf Erdogan ». On a même
entendu à plusieurs reprises des dirigeants du CHP (Parti Républicain du Peuple)
défendre l'idée d'une coalition avec l'extrême droite (MHP Parti d'Action
Nationale) pour barrer la route à l'AKP (Parti de
Or, il y a quelques semaines, des manifestations monstre réunissaient dans les rues des certaines de milliers de personnes pour refuser à la fois la remise en cause de la laïcité et la mainmise politique et idéologique de l'armée sur la politique turque avec des slogans comme « ni coup d'Etat, ni Charia ». C'est donc l'échec du CHP de ne pas avoir réussi à capitaliser ces personnes sur son nom et de se retrouver aujourd'hui dans l'opposition avec encore moins de député que la dernière fois. En Turquie comme ailleurs, les voix ne sont pas acquise à la gauche surtout quand elle n'a aucun projet pour le pays.
Publié par emirdeniz à 10:16:26 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
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