Maintenant que vous me connaissez, je ne me présente plus ... Jean Pierre Masseret a semble-t-il été choqué par le fait que je me présente encore comme son collaborateur. En effet, je ne le suis plus depuis presque deux moi, mais je tiens à m'en excuser auprès de lui si je n'ai pas mis à jour mon blog suffisament rapidement. Il est vrai que son collaborateur le plus proche surveille de près mon site jusqu'à me demander d'en retirer certains articles. Je suis passé de l'autre côté de la barrière puisque je suis mantenant patron et quel patron puisque j'ai un salarié : moi-même. Une nouvelle aventure pour moi et une nouvelle expérience. Quant à mon ancien patron, il a semble-t-il réussi à me remplacer très rapidement par le N°3 de la liste UMP aux élections municipales messines. Chacun son évolution ...
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Michel Rocard a eu la gentillesse de répondre à mon article que je lui avais fais parvenir par mail.
Je vous livre ici la réponse intégrale de Michel Rocard.
Cher camarade,
Je suis sensible au soin que tu as pris de traiter de mon argumentation. Le PS a besoin de débats sérieux, sereins et approfondis. Poursuivons-les. C'est pourquoi j'ai accordé grande attention à ton blog.
Mais pour que le dialogue fasse progresser de nouveaux accords entre nous, il faut se comprendre et pour se comprendre, ne pas dévier l'argumentation et le débat.
Tu me prêtes, et c'est le fond de ton argumentation, une assimilation entre la gauche antilibérale et le non à l'Europe. Or jamais je n'ai écrit ni pensé cela, et surtout pas dans la dernière tribune. Si beaucoup de gens se sont retrouvés sur ces deux positions, le non à l'Europe est infiniment plus large. J'y ai vu pour ma part comme beaucoup de commentateurs d'ailleurs un refus profond de la précarité que produit massivement le capitalisme mondial dans son état actuel, associé à la conviction que je crois fausse mais qui fut majoritaire, que l'Europe est pour quelque chose dans cette évolution alors qu'elle a pris naissance aux Etats Unis.
Je ne me reconnais donc pas du tout dans "l'analyse simpliste d'un oui pro marché et d'un non anti marché". Les analyses sont différentes, les forces en cause différentes même s'il leur arrive de converger en partie. Mais si l'on veut approfondir ces débats pour finir par les trancher, il est essentiel de ne pas les confondre.
Sur ce qui est majeur dans notre différence, il ne faut pas non plus se tromper. Je ne suis pas plus prêt que toi à renoncer à la notion d'égalité. En revanche je suis à l'évidence beaucoup plus sensible que tu ne sembles l'être au caractère international de notre stratégie et je me sens à l'aise par exemple avec nos camarades sociaux démocrates scandinaves qui réussissent à faire chez eux des sociétés beaucoup plu égalitaires que la notre.
Le point difficile est sans doute l'affaire de l'économie de marché. Je te donne acte que personne ne parle plus de sa suppression, et que personne n'ose plus revendiquer l'économie intégralement régie par la puissance publique.
Mais , et c'est là qu'on a toujours manqué de temps et d'espace pour creuser cette affaire, et que par exemple j'ai beaucoup simplifié dans la Tribune Libre que tu incrimines, il y a une énorme différence entre le fait de constater que nous sommes en économie de marché et que nous n'y pouvons pas grand chose, quitte à regretter secrètement l'étatisme perdu et à s'en inspirer quand même dans nos projets de réforme, et le fait de savoir s'en servir pour faire avancer nos projets égalitaires et sociaux en mettant le jeu du marché de notre coté par des incitations ou des pénalisations, notamment fiscales et en appuyant les forces sociales associatives et surtout syndicales dans leurs permanentes négociations. C'est cela que le PS à la différence des autres partis socialistes d'Europe, n'a pas encore appris à faire. Il y a beaucoup d'exemples. L'un, tu le cites, c'est les nationalisations. Je te rappelle que j'étais pour, mais pour les faire autrement. Elles auraient été moins fragiles si on leur avait laissé une liaison avec le marché au lieu de les faire dépendre exclusivement du budget de l'Etat. Un autre exemple est les 35 heures, où nous avons compliqué la vie des PME, pourtant pour une cause juste, en jouant trop l'autoritarisme de l'Etat et pas assez la négociation sociale appuyée sur une puissante incitation fiscale. Ça aurait été un peu plus lent, mais plus solide et plus durable.
Tout cela en faisant au plus court. Merci en tous cas de t'intéresser à ces débats, essentiels pour le Parti.
Bien à toi,
Michel Rocard
Publié par emirdeniz à 17:45:09 dans Divers | Commentaires (1) | Permaliens
22-01-2008 11:41
De David Sujet:
Harmonisation fiscale et justice sociale
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