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Maintenant que vous me connaissez, je ne me présente plus ... Jean Pierre Masseret a semble-t-il été choqué par le fait que je me présente encore comme son collaborateur. En effet, je ne le suis plus depuis presque deux moi, mais je tiens à m'en excuser auprès de lui si je n'ai pas mis à jour mon blog suffisament rapidement. Il est vrai que son collaborateur le plus proche surveille de près mon site jusqu'à me demander d'en retirer certains articles. Je suis passé de l'autre côté de la barrière puisque je suis mantenant patron et quel patron puisque j'ai un salarié : moi-même. Une nouvelle aventure pour moi et une nouvelle expérience. Quant à mon ancien patron, il a semble-t-il réussi à me remplacer très rapidement par le N°3 de la liste UMP aux élections municipales messines. Chacun son évolution ...

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Libéralisme et socialisme | 28 mai 2008

 

La polémique de la semaine a été lancée par Bertrand. Peut-on être libéral et socialiste ? A priori non, puisque le débat est justement entre ceux qui veulent réguler le marché, disons des régulationnistes un peu keynésiens et ceux qui pensent que plus le marché est dérégulé, mieux il fonctionne, c'est le cas des libéraux. Ah oui mais non Bertrand n'avait pas vraiment voulu dire ça. Il parlait de libéralisme en général, sur les questions de meurs, sur les questions démocratiques, ... D'accord, dans ce cas, cela signifie que jusqu'à aujourd'hui le PS serait partisan de la dictature alors qu'il a toujours eu une avance sur les libertés publiques par rapport à la droite (abolition de la peine de mort, PACS, radios libres, libertés syndicales, ...). Ah non, Bertrand ne voulait pas dire qu'il y avait un débat entre ceux qui sont pour ou contre les libertés, il voulait montrer que la pensée de gauche a une filiation évidente avec les « libéraux » du 19ème siècle. Il est très facile de se fonder sur des arguments historiques pour justement rendre le débat anachronique et le déshistoriciser.

 

Qui étaient donc ces libéraux du 19ème siècle. Leurs deux chefs de files politiques et idéologiques sont Benjamin Constant et Alexis de Tocqueville. Il ne m'avait pas semblé évident que la pensée de gauche trouvait d'abord ses racines chez ces deux intellectuels. Le premier était contre la démocratie. L'idée répandue alors était qu'il fallait qu'une élite intellectuelle et financière dirige le pays. C'est le système censitaire qui a été utilisé jusqu'en 1871 (avec une brève période de suffrage universel lors de la révolution de 1848). Constant faisait le distinguo entre les libertés anciennes fondées sur le suffrage populaire et la participation des citoyens à la vie publique et les libertés modernes qui consistaient à ce que les citoyens laissent ces affaires à une élite professionnelle, il défendait évidement les seconde. Quant au second, Alexis de Tocqueville, auteur de « de la démocratie en Amérique », il est aujourd'hui encore l'auteur préféré du MEDEF et de François Bayrou pour ses idées très « libérales » sur le plan économiques. Ces intellectuels qu'on appelait libéraux à leur périodes si on souhaite s'y référé n'était donc pas du tout « libéraux » sur les questions de libertés publiques, de démocratie ou encore de lutte pour la libération des peuples. Alexis de Tocqueville justifiera et théorisera la nécessité d'exterminer par la violence le peuple algérien afin d'établir une colonie en Algérie.

 

Peut-être que Bertrand ne se référait pas non plus alors aux libéraux du 19ème siècle ? A quoi se réfère-t-il alors ? Aux intellectuels qui défendaient une liberté politique et économique au dessus de tout autre considération ? Il s'appelaient Bakounine, Proudhon, Auguste Blanqui et étaient des socialistes non pas libéraux mais libertaires, ce qui ne signifie évidement pas du tout la même chose.

 

Bertrand a manqué une occasion de se taire, ou alors qu'il nous explique vraiment ce qu'il entendait par libéral. Aux Etats-Unis les personnalités de gauche sont appelées « liberals ». C'est évidement en référence aux conservateurs américains. Bertrand souhaiterait-il que nous devenions un nouveau Parti Démocrate ?

 
  • Citation de Toqueville : « Démocratie et socialisme n'ont rien en commun sauf un mot, l'égalité. Mais notez la différence : pendant que la démocratie cherche l'égalité dans la liberté, le socialisme cherche l'égalité dans la restriction et la servitude ».

Publié par emirdeniz à 14:32:51 dans France | Commentaires (2) |

05-06-2008  18:16  05-06-2008 18:16
qui ça?  De  brigitte  Sujet:  qui ça? Url: [Liens]
Bertrand ? Lequel? Bertrand Mertz? Il veut être calife, lui aussi? Ben ça alors, c'est étonnant...!
29-05-2008  10:49  29-05-2008 10:49
libéralisme et socialisme  De  Erasme de metz  Sujet:  libéralisme et socialisme Url: [Liens]
Le débat lancé est important et les réactions glanées de ci delà montre l'étendue des incompréhensions et des ignorances. Tu as raison de souligner qu'il faut dire ce que l'on entend par libéral et se méfier d'une perspective historique. Mais en toute amitié tu tombes dans ce travers en utilisant une citation de Tocqueville parlant du socialisme alors que ce mot a à peine 20 ans à sa mort, des acceptions très différentes, et que la plupart des grands penseurs socialistes n'ont pas encore produits leurs oeuvres...et je passe sous silence les travers souligné sur Tocquevile :tous nos grands hommes, même les plus admirables, ne se sont pas extrait de leur temps totalement!! (cf Proudhon et l'antisémitisme) Si on utilise l'histoire en la confrontant au présent, on peut par exemple penser que tout le courant de gauche qui porte les coopératives et les mutuelles est un clair exemple de libéralisme économique associé à une "appropriation collective des moyens de production, donc libéral et socialiste Personnellement je ne distingue que difficilement libéralisme économique et politique. Dans ce sens gagner une vraie démocratie sociale (la démocratie au sein de l'entreprise) peut-être un des enjeux clefs pour la gauche socialiste (ou non) Derniers points - les penseurs du libéralisme économique à commencer par Adam Smith ont toujours justifié l'intervention de l'Etat pour corriger les injustices. C'est un courant très particulier du libéralisme, que je qualifie de totalitarisme libéral, qui tente de nous le faire oublier - par contre il y a une vrai question de priorité: il est plus important de trouver de nouvelles et vraies régulations (pas des digues que l'on contourne comme des lignes Maginot), que de promouvoir une extension du libéralisme qui a déjà tous les outils de son développement

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