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CLUEDO KREW

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Zalem | 27 juin 2008

J'déambule la nuit dans Zalem et la haine
N'enflamme pas les yeux des SDF qui traînent
En préambule de ce poème je formule un vœu
Une tente MSF pour chacun d'entre eux
Vœu pieu pour les uns, lieu commun pour les autres
Façon de se disculper ce qu'on est bien chez les nôtres
Blasés de la misère visible qui partagez
Le cliché du clodo qui refuse le boulot sachez !
Qu'au bout du rouleau y'a pas de magot caché,
Y'a pas de complot de prolos qui en veulent à vos euros
Pour les marmots fauchés entrés en révolte
Après la mort pour rien de deux potes sous les volts
Deux mots rassurent le bobo
« Tolérance zéro ! » rappelle Sarko Zorro
Libéral sans attelles qui martèle les cerveaux
Et qui ne tape pas que sur les nerfs des mecs du Cluedo
Quand il essaie le mot karcher et mesure son écho !
Avocat de Neuilly ! Avoue que t'as la trique dis
Ta matraque dans le slip trahit tes envies de fric
Le pouvoir du costard chic et de l'agenda bien rempli
N'ont rien à voir avec la république des accros au jaja
Pas de famille pour celui-là
Que le souvenir du trauma
Trois fous virent dans le coma
Suite au combat... livré pour la goutte !
En plein après-midi les gueules cassées cassent la croûte au milieu du carbone
Et leurs corps d'hommes meurtris sont si loin
Du mien mieux portant je me sens bien
Loin si loin de tous mes voisins les spectres urbains
Pour eux souvent pas de choix, pas de voie de sortie,
Et pas l'envie de trouver un meilleur toit que le pont de Bercy.
En face des colonies marginales le béton de l'économie d'Etat !
Triste césure spatiale
Risque de suicide social
Les deux extrêmes du Capital se matent par-delà la Seine
La cour des miracles !
Toujours la même claque !
Mais l'habitude de dire non de compter les moignons
D'enjamber les culs-de-jatte
Parfois ma tête éclate
Parfois ma tête éclate

Rien à voir pourtant
Avec le temps qui suit celui des conflits
Quand le deuil en série se substitue aux tueries !
Aujourd'hui moins de traces, moins de mutilés dans les rues
Plus beaucoup de poilus témoins du bal des obus et pourtant
Qui supporte de parler avec ceux dont le corps annonce la mort
Avec ceux dont le sort est de cumuler le vécu ?
Dans la rue On s'habitue si bien à la vue des indigents
On ne les distingue plus très bien du reste des gens
On force le pas quand le cœur ne suit pas

Zalem !

Cité décadente sous la fiente des pigeons mutants
Capitale brassant mille rêves différents
Où chaque jour la faim d'un enfant croise un caprice de Cadillac !


Fang Shih Yu

Publié par Fang Shih Yu à 22:57:48 dans Tu veux du rap papa ? | Commentaires (0) |

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