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En cinéma, on dit généralement que les suites sont toujours moins bien que les premiers. C'est sans doute moins vrai et moins systématique pour la musique mais le constat s'impose que mis à part quelques rares cas en voie d'extinction, nombreux sont les groupes et artistes qui s'échouent sur l'écueuil du nécessaire renouvellement et dont la source d'inspiration s'assèche disque après disque.
Un exemple frais : Christophe Miossec, chanteur breton qui fait son retour avec « L'Etreinte » sixième opus sur lequel on a un peu de mal à reconnaître l'artiste écorché et amer qui nous charmait sur « Boire l'album qui le révèlât en 1995.
Il y a deux ans Miossec fêtait son quarantième anniversaire en sortant un album sobrement intitulé « 1964 », l'année de sa naissance. Immédiatement consacré meilleur disque du brestois,. La presse et les grands médias (la télévision généraliste notamment qui l'avait jusque là totalement ignoré) ne ratait pas l'occasion d'enfin reconnaître comme il se doit celui qu'on présentait à ses débuts comme le nouveau Gainsbourg.
Comme s'il avait fallu attendre le cinquième opus pour se rendre compte du talent du bonhomme.
Mais là où les fans inconditiionels de Miossec pouvaient commencer à s'inquiéter c'etait à la lecture des arguments avancés pour justifier cette reconnaissance tardive : « album de la maturité » (bouh quelle horreur), « Miossec assagi », « moins de textes, davantage de musique » « un Miossec apaisé »... autant d'éléments qui démontraient qu'il avait fallu apparemment que le chanteur ravalât sa bile et sa rage des débuts pour mériter le concert de louanges dont il était devenu l'objet pour « 1964 ».
Toujours est-il qu'avec ce disque plus calme et très orchestré, le chanteur brestois devenait respectable et fréquentable.
A l'écoute de son nouvel opus « l'étreinte » tout frais sorti la semaine dernière, je me dis que « 1964 » était un bien bel album.
En tout cas, meilleur que ce disque lourdeau, inégal, barbant même parfois et assez peu surprenant tant mélodiquement qu'au niveau des paroles.
J'aurais dû un peu m'en douter en découvrant la pochette du disque où l'on découvrait le portrati peint de Miossecle avec des couleurs vives et chatoyantes qui contrastaient beaucoup avec les pochettes plutôt sombres ou clair-obscures auxquelle le brestois nous avait habitué..
L'écoute du premier single « La facture d'éléctrictité » m'avait aussi bien refroidi : mélodie poussive, lyrics pas fameuses (« jai pris peur de tes baisers comme on prend peur des araignées ») et des chœurs guillerets pour enrober tout ça, on était loin du Miossec des débuts.Dire que la suite est du même tonneau serait tomber un peu dans la caricature mais on se demande où est bien passé le Miossec de « boire « et baiser » celui des lendemains de cuite et des désillusions.
Bon, tout n'est pas mauvais dans cet disque.
Certains titres (La mélancolie, Le loup dans la bergerie, La grande marée) sont même assez émouvants et poignants mais il manque ce petit quelque chose qui fait pencher la balance du bon ou du mauvais côté.
On peut y entendre un Christophe Miossec plutôt jovial et apaisé (rendant hommage à sa « maman » et à son « bonhomme » notamment) dans la lignée de « 1964 » avec la désillusion en moins.
A l'évidence, le breton a vieilli (et nous avec).
A moins qu'il s'agisse d'une nouvelle attitude, d'un Miossec nouveau, le Miossec de Bruxelles, heureux de vivre (et accessoirement épanoui sentimentalement) qui souhaite désormais « mettre davantage de lumière dans sa musique » qu'il trouve désormais « un peu triste » (sic).
Dommage. Je l'aimais bien moi le Miossec ombrageux des débuts.
Bien sûr, tout juste sorti, « L'étreinte » recueille déjà tous les suffrages de la presse qui, unanime (de Telerama aux Inrocks, en passant par le Monde ou France 2) encense et couvre de d'éloges un disque « lumineux », dont on dit que c'est le « meilleur album de Miossec ».
Que voulez-vous, au même titre que Dominique A, M , Cali ou Emilie Simon, il fait désormais partie de ces artistes intouchables qui sous prétexte de représenter (il est vrai dignement) une nouvelle chanson française qui souffre un peu de la comparaison avec ses aînés (l'héritage Brel Ferré Brassens Ferré est parfois lourd à porter), bénéficie d'un traitement de faveur de la part médias qui empêche toute objectivité quand à la valeur réelle de leurs productions.
Une insitution donc, en quelque sorte.
Un comble quand même pour quelqu'un qui écrivait ces lignes en 1995 : « Regardes un peu la France/ c'est magnifique toute cette torpeur/Tous ces anciens de l'adolescence/ Immobiles devant Pasqua l'horreur/
www.christophemiossec.com
Publié par volfoni77 à 13:26:46 dans gros plan | Commentaires (0) | Permaliens
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