Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

FM en ville :

Loading

Index des rues :

Juillet

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Cul de sac :

counter statistics

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

Taratata | 01 mai 2008

 


Qu'il fait bon faire la sieste devant la troisième chaîne. Ernest Haller l'ingénieur photo a trop laissé ses filtres aux poussières de la terre ocre de Tara, et comme dehors il fait gris par intermittences, j'ai l'impression d'avoir une cheminée qui crépite. Des parasites de l'ère hertzienne me strient parfois l'écran. Je me tourne et je me retourne. C'est au grand store orange de mon balcon qu'il revient de brûler l'espace quand le soleil revient. Les Ma'ame Sca'lett m'horripilent depuis longtemps, Ma'ame Sca'lett aussi d'ailleurs, plus encore, ou peut-être moins quand je recule dans le fauteuil : j'ai du vachement grandir depuis la dernière fois.

Je regarde deux pauvres balles de coton qui se remuent dans la brise, et je me demande, au spectacle des rendez-vous ratés et de la synchronisation à trois loupés le temps, ce que ça peut bien vouloir dire que « Autant en emporte le vent », et si ça voulait bien dire quelque chose avant. Avant les salles obscures.

Et puis pour ceux qui n'auraient pas tout suivi : franchement ma chère, c'est le cadet de mes soucis.


OST - Selznick Trademark / Main titles from Gone with the Wind - Max Steiner


Publié par maximgar à 16:06:37 dans 50, boulevard du Crépuscule | Commentaires (1) |

L'Amour & la Violence | 08 avril 2008

 

Dans les faux bourgs en carton pâte d'un décor hollywoodien, Faye ou qu'importe ne pense plus au gâchis. Elle regarde Warren ou qu'importe s'effacer, la tête posée sur son Delta de Vénus.

Elle avait trouvé le titre beau. Alors elle avait volé le livre. On s'empare comme on peut. On se crée du minimum nécessaire comme ça vient.

Dans l'envers du décor, la voix du vieil ouvreur édenté lui revient : « Vous avez vu l'histoire de Jesse James ? comment il vécut ? comment il est mort ? »

Il faisait secouer une clochette et annonçait les films comme on vend des journaux. Les titres qui s'envolent dans la rue, par dessus les voitures, par dessus les passants.

Il y a partout des échafaudages qui l'entourent. La carcasse du cinéma. Elle se dit que la vieille pute sait quand même bien se farder, pour ne donner qu'un visage lisse. Hypocrite en vingt-quatre images seconde.

« Ça vous a plu, hein ? vous en r'demandez encore ? »

Le lâche Robert Ford et tutti quanti. Bonnie & Clyde. Butch et le Sundance Kid, the Natural Born Killers... c'est moins beau sans caméra. C'est nul.

C'est comme un film d'auteur sans auteur.

Il ne reprendra plus connaissance. Elle n'aura pas d'autre solution que de se dire sourde, enfermée, attentive à la décante de leur cantique des sans cantique. Isolée au dépôt. Séparée d'un bout d'elle.


OST - L'amour et la violence - Sébastien Tellier


Publié par maximgar à 18:18:33 dans 50, boulevard du Crépuscule | Commentaires (0) |

Jake LaMotta dans l'écho de la Cavalleria Rusticana | 07 décembre 2007

 

Pendant que De Niro s'échauffe à petits bonds derrière l'ombre rouge des lettrines d'un taureau rageur, que la pellicule va si vite d'une bobine à l'autre que ses gestes sa danse en seront à jamais vaporeuse silhouette en suspension aléatoire, en gris incertains, le grand intermezzo symphonique se dilate, se jaspe, avec la certitude que dorénavant tout n'ira pas bien.

Alors puisque c'est la messe de Pâques, puisque personne ne se rend bien compte, et qu'Alfio bientôt refusera le vin de celui qui déjà lui mit les cornes, et que le sang de Turridu bariolera les vergers, que la foule criera « Hanno ammazzato compare Turiddu », que Lucia s'effrondera orpheline de son fils que même les guerres ne lui avaient volé, dans les bras de Santuzza récompensée de s'être vengée d'une ruade, mais malheureuse comme jamais, en fin de conte, Giaccobe La Motta sautille dans le noir et blanc, derrière le titre rouge, et les cordes poussiéreuses.

 

OST - Intermezzo sinfonico (Cavalleria Rusticana) - Pietro Mascagni

Publié par maximgar à 18:07:08 dans 50, boulevard du Crépuscule | Commentaires (1) |

Lettre de chez Tiffany's (3/3) | 21 novembre 2007

 

 

 

 

Monsieur Yumoshi,

Où sont passés les Japonais qui prennent des photos partout comme des clichés artifices à venir contre des souvenirs en mal de photos souvenirs, ou comme moi je fais des captures écran que je colorie patiemment en bleus acier et prusse ? Ce matin un livre vierge est tombé au milieu de la rue, et il n'y avait personne pour le prendre en photo. Et personne pour le prendre sur la tête.

C'est déjà ça, vous me direz.

La police était là par contre, et faisait concert de sirènes, attirant les badauds comme des compagnons d'Ulysse. Il y avait un peu de roulis, et je croyais voir mieux que les autres, ce qu'il y avait à voir dans ce livre géant. Alors je m'accrochais comme je pouvais, dans les hauteurs d'un réverbère boiteux.

A Tokyo on peut voir tant de choses, depuis les hauteurs de fer forgées. Alors vous ne vous rendez peut-être plus compte, de tout ce qu'on peut écrire dans un libretto immaculé géant tombé d'un aéroplane nuageux. A moins que ce ne soit New-York qui vous a fait ça.

Moi, je passe mes journées à regarder tout ce qu'on pourrait y écrire dans ce livre, s'il était tombé ailleurs.

Cordialement

N.


OST - Moon River - Hi-Posi


Publié par maximgar à 17:07:48 dans 50, boulevard du Crépuscule | Commentaires (3) |

Lettre de chez Tiffany's (2/3) | 21 novembre 2007

 

Chers Holly & Paul,

J'écrivais à Truman, il n'y a pas si longtemps. Il y a de cela un café à peine. C'était avant qu'un cahier géant ne vienne s'écraser au milieu de la rue. Ce n'est pas vraiment la peine que je vous en donne tous les détails, vous les aurez bien assez tôt par les journaux.

J'avais pensé lui demander, « sais-tu ce que sont devenus, Holly et Paul ? », mais je me suis retenu. Aux dernières nouvelles, et tout du moins à la sienne, vous seriez plutôt allés de travers. Surtout toi, Holly, préférant Manhattan avec un écrivain sans le sou à la vie entretenue de maîtresse docile en plein latifundisme brésilien. Mais qu'est-ce qu'on s'en fout ? Vous ne l'avez pas lue. Surtout toi, Holly. On le sait, ça ne fait pas longtemps que tu fréquentes les bibliothèques.

Je continue de jalouser Paul. Pas pour ce qui est d'avoir trouvé du ruban pour sa machine à écrire, (j'ai laissé tomber la Remington Portative et je milite pour les portables et l'écriture sans papier, ce qui n'est pas plus mal vue ma production, manquerait plus que des arbres souffrent pour ça). Non ma jalousie c'est de le savoir être tombé sur une bague dans une pochette surprise, et être allé la faire graver chez ce grand joaillier de la Cinquième Avenue pour le breakfast.

Je me disais, vous savez, ce soir c'est Nouvel An, on pourrait aller voir les cotillons la fête, et vous m'écouteriez raconter mes dernières aventures, même (surtout) les inédites. Mais vous n'aurez pas ce courrier pour ce soir. Et moi je serai en retard pour préparer quoi que ce soit.

Je me disais, aussi, ce matin au réveil, en écoutant mon Holly à moi, qu'on ne pouvait pas retourner dans les rêves. Alors que la vie, on arrive parfois à se replonger dedans. Et vos aventures encore plus. En version multilingue même des fois. Et vous voir refaire ce que vous n'aviez jamais fait, chacun votre tour - je ne crois pas avoir jamais bu du champagne avant le petit-déjeuner, je ne m'étais encore jamais baladée de si bonne heure le matin je veux dire depuis que je suis à New-York, est-ce que vous aimez ? si j'aime quoi ? Tiffany's ! - c'est comme tricher avec votre bonheur, l'étaler au mieux, parce qu'on en a pas assez. Ne le répétez pas à Truman.

Les rêves qui se répètent ne ressemblent plus à des rêves, ce sont des peurs, des manques, des contraintes, des fixettes, du subi, des regrets, et parfois même des remords. Alors j'essaye de ne rien répéter, pas mêmes mes rêvasseries, toujours être à la pointe de l'imaginaire pas encore imaginé. Il est difficile des fois d'avoir une. rêverie à raconter, j'en conviens, manque de matière, manque de temps, ou mégalomanie du verbiage qui invite à raconter plus beau et plus sensible. Il est vrai aussi que ces derniers temps, j'ai pris une mauvaise habitude de taiseux... mais je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps avec ça.

Je vous l'ai déjà dit, vous n'êtes pas mon couple préféré, c'est cette aube de sixties qui vous donne votre charme. Si vous étiez encore des nôtres, on vous lancerait des cailloux sur les plates-formes de blog pour une minorité, l'autre majorité (y compris la minorité) vous zieutant l'œil baveur et la larme à la commissure des lèvres. Mais ce sont quelques points communs, comme les promenades dans des villes vides, parce qu'on ne peut pas les imaginer autrement, les cigarettes qui font sceptre, et la limitation à dix dollars dans les bijouteries. Quoique, une nouveauté très ingénieuse à vous ferait fureur maintenant, et je sauterais dessus comme Coyote sur Bip Bip : un bouton de cadran de téléphone à bout d'argent à 6$95. Même que chez Tiffany's on est toujours bien reçu et on y trouve beaucoup de compréhension, contrairement à la Bibliothèque Nationale.

Je vous laisserai là, je ne parlerai pas de la pluie et du beau temps, car il me semble qu'Holly fait un malaise quand on lui cause bulletin météo. Trop de sing-sing tue la chanson.

Cordialement.

N.


OST - Moon River - Audrey Hepburn

 


Publié par maximgar à 16:53:00 dans 50, boulevard du Crépuscule | Commentaires (0) |

1| 2| >>