Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

FM en ville :

Loading

Index des rues :

Mai

DiLuMaMeJeVeSa
    123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Cul de sac :

counter statistics

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

Mission : Florent Pagny Impossible | 20 novembre 2007



 Un jour par inadvertance, au cours d'une soirée mondaine sur msn, ou durant une embuscade sur meetic, j'ai du laisser traîner une carte de visite, sur laquelle on retrouve mon nom et mon numéro de téléphone au boulevard Eusebio Cafarelli (dit le Chanoine), parce qu'il m'y arrive fréquemment n'importe quoi par téléphone comme les plus fidèles fans de mes aventures rocambolesques l'auront déjà remarqué une fois. J'arpentais mon salon en tâchant de trouver quelques mots justes et adéquats pour un blog sous-traité en Thaïlande, quand la sonnerie de mon téléphone retentit. Je décrochai comme soulagé d'un poids, interrompu dans mon triste et dur labeur de technocrate altermondialiste du verbe. « Monsieur, nous avons besoin de vous. A la salle polyvalente de la MJC de Saint-Binau en Velours. » Je comptais demander à qui j'avais affaire, car comme chacun sait, les salles polyvalentes des MJC se louent à n'importe qui pour une poignée de pain, et on a tôt fait de se retrouver embarqué avec des malandrins louches et peu recommandables, recherchés par INTERPOL, le FBI, le MI-6, ou les gardes champêtres rattachés à la police communale de Comblins-les-Picolettes sur la Douves. Mais mon interlocuteur ne me laissa pas le temps d'en placer une : « nous connaissons votre réputation, nous savons que vous êtes le meilleur. » Voilà une accroche qui valait toutes les présentations. Je me contentais d'un : « On se retrouve dans une heure. »

Trois heures plus tard, grâce à Billy mon système GPS volé au cours d'une mission tchétchène sur le dos d'un missile sol-sol hautement bactériologique que j'avais réussi à détourner sur un institut Pasteurovski, je me garais sur le parking de la salle polyvalente de la MJC de Saint-Binau en Velours. Un homme dont la silhouette se découpait dans l'entrée inondée de lumière me salua de la main et vint à ma rencontre.

- Difficile à trouver ? me fit-il d'un sourire narquois.

C'est vrai qu'après avoir pris la route qui contournait le petit village de Vilain-la-Débâcle, et que les Vilains-Lâches - les habitants de Vilain-la-Débâcle que le Saint Binaudien appellent carrément les Couards alors qu'ils ont dans les mêmes proportions portés la mode skinhead à la sortie de la guerre - surnomment le périphérique, je m'étais paumé dans la rue unique et en cul-de-sac du Hameau de Haille et Fineserbe.

- C'est que nous préférions rester discrets, continuait l'homme, nous avions parié que vous arriveriez en trois jours, mais vous êtes vraiment un très bon.

La flatterie a tendance à me rendre confiant, et je ricanais comme un imbécile qui se la joue. J'enfilais ma veste et je le suivais dans la salle polyvalente. Six hommes y étaient déjà attablés, et à peine avais-je désenfilé ma veste pour la jeter sur le portemanteau, qu'on me présentait un fauteuil cuir face à mes sept hôtes dont les visages restaient faiblement visibles perdus dans l'ombre. Là j'étais tombé sur un gros coup, pas de doute.

L'homme qui m'avait accueilli s'était assis au milieu de tous, et il commençait à me faire les présentations : René Lancelot de la confédération des véliplanchistes sexagénaires, Charles Frument du comité estival des fêtes du Bassin d'Arcachon, Laurent Romechko porte-parole de la météorologie télévisée, Hervé Sinclair de la SACEM, Julio Hernandez de la Paella Valenciana restaurant de bord de mer de la Côte Balnéaire del Sol, et Jacky vendeur de glaces. Il finit par lui-même, le meilleur pour la fin, Hughes Grante, grand sociétaire de la Compagnie des Plages privatisées landaises et des Campings qui vont avec.

- Vous voyez où nous voulons en venir ? me demanda-t-il.

Tout ce que je voyais c'est qu'il venait de faire les présentations, et que j'avais là une belle brochette de faiseurs de pognons des étés qui chauffent, à quelques exceptions près, comme ce Laurent Romechko de la Météo, ou ce Hervé Sinclair de la SACEM. Mais je balançais sans trop y réfléchir la première chose qui me passa à la tête : l'instinct du tueur, l'inspiration du neurone actif à la synapse sensible.

- Et bien, vous travaillez tous ou presque pour l'industrie estivale, mais vous avez eu (comme nous tous) un été pourri, d'où la présence de Laurent Romechko, et vous aimeriez réchauffer l'ambiance, d'où la présence de Monsieur Sinclair de la Sacem.

Ils se retournèrent tous les uns vers les autres. Même si leurs visages restaient dans le noir, on entendait à la surprise de leurs chuchotements, qu'ils étaient épatés. Hughes Grante reprit la parole :

- On nous avait prévenus que vous étiez un bon, mais vous dépassez toutes nos attentes.

Laurent Romechko se leva et avança dans la lumière vers un tableau posé au mur. On y trouvait plein de graphiques et de hiéroglyphes.

- Voyez-vous, commença-t-il, l'été a été complètement nase.

L'homme de la SACEM s'était levé à son tour et avait marché vers le mur opposé, où se trouvait un autre tableau plein de graphiques et de cartes de France.

- Nous avons observé une corrélation entre un tube de l'été et le temps tout pourri.

Hughes Grante frappa sa table du poing, en appuyant sur la touche play de son radio-cassette et en brandissant une photo de chanteuse plutôt sexy qui ne me laissa immédiatement pas insensible, même si a priori le beat lascif qui cognait dans les petites baffles du poste n'était que trop pas assez structuré pour mes goût de trip-hopeur averti :

- Oui ! tout le temps que Rihanna a chanté « UMBRELLA » cet été, il a fait moche.

C'est vrai que maintenant que j'y réfléchissais, ils n'avaient pas tort. L'homme de la SACEM n'était pas à cours d'argument :

- Je dirai même plus ! Depuis que son single « don't stop the music » est sorti en radio, il n'arrête pas de passer. Si ça ce n'est pas un preuve.

Je me levais de mon fauteuil et me dirigeais vers un premier tableau, puis vers le second, fis semblant de m'y intéresser. Je n'avais qu'une unique inquiétude. De toute évidence, non seulement la petite Rihanna chantait n'importe quoi, mais c'était prémonitoire. Restait à savoir ce que ces hommes allaient me demander de lui faire prémonitoirer, si vous me concédez le néologisme. Qu'elle chante « Magic Sarko » ou « Nico in my mind » !!! on ne sait jamais où la mégalomanie de certains peut pousser la culture pop ? Avant qu'ils ne me fassent leur proposition, j'avançais mes pions.

- Vous désirez donc que je lui écrive une chanson, comme « Sunglasses », ou « Fouette moi la crème solaire » ?

J'avais déjà le riddim dans la peau à l'idée de traîner quelques jours en studio avec cette petite. Mais ces hommes avaient un plan encore plus machiavélique.

- Nous avons un plan encore plus magnifique.

Je me retournais légèrement inquiet.

- Vous allez écrire pour Florent Pagny.

Je crois sincèrement que l'Homme a des limites. Un jour un athlète courra le 100 mètres plus vite que jamais, et nul ne le battra jamais, à moins de réduire la distance du 100 mètres, de changer ses chaussures ou la qualité des pistes. Un jour un nageur nagera le 100 mètres plus vite que jamais, et nul ne le battra jamais, à moins de réduire la distance du 100 mètres, de changer son maillot de bain ou la densité de l'eau. Et ainsi de suite. Je crois sincèrement que l'Homme est un individu plein de limites, et que là je venais de toucher une des miennes.

Je les ai donc laissés en plan, et je suis reparti en me paumant sur le périphérique de Vilain-la-Débâcle, juste après la rocade de Saint-Binau en Velours, en croisant David Halliday au passage... pauvre de lui.


OST - Umbrella - Rihanna


Publié par maximgar à 11:28:22 dans 64, boulevard Cafarelli | Commentaires (21) |

Joe le Taxi | 19 novembre 2007

 

 J'avais appelé un taxi pour aller route de l'Abbé, à la recherche d'un bon vieux trente-trois tours aux sillons qui crachoteraient, à la pochette qui sentirait le papier jauni où se couchent et se lèvent les histoires de vieux birbes négligés dans les bouquins encore plus débraillés des étagères branlantes des bouquineries qui sentent le papier jauni, et ainsi de suite dans l'abandon... Je ne prends que très rarement les taxis. Là, c'était histoire de, parce que je venais juste de regarder un Crime de Manuel Pradal et que je me sentais de m'asseoir sur une banquette arrière pour griffonner la juste injustice et l'amertume au sens du goûter qu'il m'en était resté.

Par ici, comme dans beaucoup d'endroits au monde, les taxis ne roulent pas dans de jaunes américaines à l'enjoliveur qui brille. Plutôt dans des grosses anonymes qui refusent l'uniforme. Là, ce devait être une Mercedes Grise d'avant les années quatre-vingt-dix, je n'avais pas fait attention plus que ça, je ne m'étais arrêté qu'à son néon de travers, ses quatre lettres en rouge sur fond blanc crasseux, qui faisaient « taxi » comme on fait « boulanger ». Comme ça ne voulait rien dire, mais que ça sonnait bien, aux échos de mes lobes, je m'étais empressé de bien le retenir et de ne faire attention à rien d'autre, le carnet rouge à la main, le stylo à la bouche. Sur le siège passager de son taxi, mon taxi avait laissé traîner son saxophone. Comme il brillait, je le vis.

- Où allons-nous ?
- Route de l'Abbé. Il y a ce disquaire, vous voyez ?
- Je vois. J'y vais parfois.

Je griffonnais. Il poursuivait.

- Je vais pas partout.

Et je me demandais, s'il me parlait des rues, ou des rayons du disquaire.

- Vous écrivez ?

Il me parlait depuis le rétroviseur. Je rangeais mon carnet dans une de ses multiples poches où je ne trouve jamais rien parce qu'il y en a trop pour savoir où chercher.

- Je ne voulais pas vous empêcher d'écrire.
- Vous n'avez rien empêché, ai-je menti.

Au feu, un bruit de verre tinta pas loin de l'instrument. Soit son saxo buvait parfois un coup. Soit il marchait pas au soda.

- Moi, j'y vais pour me trouver des vieux disques de mambo.
- De mambo ? demandais-je.
- Oui de mambo, de rumba, des Xavier Cugat des Yma Sumac .

Je ne les connaissais pas vraiment, et j'avais tort. Pour deux simples raisons : la première, c'est que comme tout le monde j'avais déjà entendu Yma Sumac ; la seconde, c'est qu'il fallait les connaître.

- Tenez, attendez.

Il fit avaler à son radio cassette une cassette à la bande électromagnétique fripée qui crachotait plus encore qu'un bon vinyle ne doit bien craquer. Dans sa caisse sa musique résonnait. Je lui demandais alors qu'on arrive pas trop vite, de prendre par tous les p'tits bars, tous les coins noirs, et la Seine, et ses ponts qui brillent, en évitant quand même le Perry Como et son « papa loves mambo », je t'en foutrais moi des « papa loves mambo ».

...

aux Les Baxter, Mongo Santamaria, Jack Costanzo, Cal Tjader, Eumir Deodato, Yma Sumac et Xavier Cugat qui sont partis garnir les plages des compil's ultra lounge pour faire genre...


OST - Joe le Taxi - Stereo Total

 


Publié par maximgar à 16:32:30 dans 4, route de l'Abbé | Commentaires (0) |

L'Eclipse | 17 novembre 2007

 


 Ruelle de la Lettre des îles Balabar, les feuilles ne se ramassent pas à la pelle, les arbres y tiennent, et ils migrent sous des soleils mieux éclairés, les prés sont verts, moins ici que chez le voisin. Nous aussi, on ira là où on se foutra de la poésie. On laissera les rimes riches pour des pauvres en mots, on croisera les pieds, et les orteils au bout. On se contentera de petits cris, de souffles et puis d'apnées.

Pour l'éclipse, on se clipse, les doigts à la ceinture, serre-moi le clair de la lune, pour la pleine d'elle, on se love, sur un arrondi de croissant, ou une mer crevassée et ses récifs à fracas sages sélénites.

Voilà ce qui se passe, quand je n'ai rien d'autre à écrire que je veux faire l'amour avec toi. Je laisse aller l'idée par la porte de la cuisine. Elle récupère son manteau, enfonce son bonnet jusqu'au du mât de son dé et traîne les œufs. Et il me reste des mots de mon corps dans le tien, qui ne veulent rien dire les uns avec les autres. Juste encore. Ne ressembler à rien encore.

Ruelle de la Lettres des îles Balabar, j'ai des idées qui cogitent et s'écrivent sur les murs, à la bombe tirée des dictionnaires chétifs, en attendant le pas menaçant d'un gardien de la paix des lettres, et son sifflet qui fait « sliffe » et gomme sans rature.

 

OST - Black Hole Sun - Chibo Motta


Publié par maximgar à 18:05:45 dans 5 ou 2, Ruelle de la Lettre des îles Balabar | Commentaires (0) |

La Montanita | 16 novembre 2007

 

Avant que son père n'aille perdre haleine dans la chevelure blonde meryl-streepienne d'Elvira, la fille à Tony Montana avait été conçue à la va-vite, comme quelques autres bâtards des trottoirs de la Havane, et autres boulevard du Crépuscule de Varadero et Camaguey. Plus que tout autre, elle avait cette fibre paternelle de l'insensibilité. On l'appelait d'ailleurs la Montanita, jusqu'à ce que son prénom s'oublie, presque pour de bon, comme on le lira après. Antes que anochezca écrivait Reinaldo Arenas, Avant la nuit, un autre exilé tel son paternel, car il s'était trouvé qu'entre un lever et un coucher de soleil d'avril 80, Tony profitant de l'exode de Mariel comme d'autres grimpent dans un bus, s'en alla vivre son rêve américain, ce qui chez beaucoup, dont lui, n'est qu'un accouchement sans forceps d'une mégalomanie qui rend bien à la caméra. Avant la nuit, donc, il lui était arrivé de sauter sur les genoux paternels, entre les mains qui sentaient la viande, le sang, la chair, aux rythmes des injonctions des plans quinquennaux de l'occasion. Être un assassin sous régime insulairement communiste, c'était quelque chose, et son père ne pratiquait pas tant que ça à la faucille et au marteau, seulement s'il n'en avait pas sous les doigts, tandis que ses mains, il les avait toujours sur lui. Elles écrasaient les joues, dodelinaient les dents, adoucissaient les sourires, enfonçaient les nez. Puis elles la prenaient, moites de travail, poisseuses presque, enflées de labeur et des plaques de craintes arrachés des figures défigurées. Jusqu'à ces âges, on a conscience de plus de choses qu'il n'y paraît. Peut-être parce qu'on ne sait pas les nommer. C'était avant la nuit et l'Exode de Mariel.

Aujourd'hui qu'elle a quitté son île, en balsera, sur radeau polychlorure de vinyle, elle lit avec un sourire qui ne dit rien, mais qui dit long, elle retouche ce pan de l'Histoire, en suivant de l'index, les lignes des études économiques, sur ces merdes exilées d'une chiotte à l'autre : ...l'économie de marché a une forte capacité d'absorption des chocs externes d'immigration... Entre autres, pense-t-elle, sans jamais rien en dire, l'économie de marché a fait sopalin pour toutes les saloperies de mon père, les petits débitages à la tronçonneuse dans la baignoire, et les rails de coke où radotent des tramways extatiques nommés des ires. Son père était devenue une idole et elle s'en foutait. Les camps, la carte verte, les malheurs de celui-ci, les malheurs de celui-là. Elle, la Montanita, elle était partie vivre au Montana, une sorte de trou du cul du monde avec de l'ombre.

Juste après l'avant la nuit, quand il lui arrivait de penser à ceux qui partaient de l'autre côté de la mer, dans un des bouts du monde qui se cachent derrière les vagues, elle s'inventait des pays, dont un petit Montana, avec ses collines, et ses mers, sa neige d'un côté et ses complexes balnéaires de l'autre, ses histoires d'un soir, et des guitares hawaïennes qui traînent, parce qu'étrangement Hawaï quand on est Cubaine, ça fait exotique, plus encore que Missoula, et son immense pas grand chose qui se recouvre parfois d'un n'importe quoi de neige.

Derrière sa caisse, à vendre sodas et magazines, sandwiches sous vide, et chewing-gum aux fruits de la passion E134, elle regardait passer les hommes. Mais toujours insensiblement. Elle allait en posséder quelques uns parfois, sur une banquette arrière. Histoire de se sentir un pouvoir. Mais sans plus. En fait, pour dire vrai, elle aurait tué le premier, Mike, qui la regardait les yeux dans les seins. Découpé le second. Fracassé le troisième. Puis elle s'habitua quelque part entre le quatrième et le cinquième. Avec cette sensation, ce quasi leitmotiv, « je suis née déracinée de toute façon », et de jouer de l'arrière-train, la fleur parasite qui embrasse et reçoit, le temps de trois allers-retours.

Elle lit. En attendant.

Alors qu'elle errait dans le n'importe quoi de neige blanche, avant la nuit noire, elle croisa le vieux Vermicelli, ce gars du carrefour qui ne dit rien, ou du pas plus qu'elle. Comme ils se rentrèrent l'un dans l'autre, ils se retrouvèrent assis sous un réverbère qui peinait à s'allumer.

Et ils rient, et se relèvent, d'un autre temps.

« Pourquoi ? » hésite-t-elle, et elle ne pose pas sa question, « Pourquoi vous appelle-t-on Vermicelli ? »

Parce qu'il était le fils de Noodles. Et qu'avant la nuit, donc, il lui était arrivé de sauter sur les genoux paternels, entre les mains qui sentaient la viande, le sang, la chair, aux rythmes des corruptions et des coups. Être un assassin sous régime prohibitionniste, c'était quelque chose, et son père ne pratiquait pas tant que ça pour le sabbat, seulement s'il n'avait pas tous ses doigts joints en prière, tandis que ses mains, il les avait toujours sur lui. Perdus de l'un à l'autre. Presques pareils. Dans ce qui différenciait un De Palma d'un Leone, vers quatre-vingt-trois quatre-vingt-quatre.

Il rajuste son manteau et sa vieillesse, elle rajuste son bonnet et sa jouvence. Elle lui sourit. Mais il voudrait l'étreindre, lui dire son vrai prénom, entendre le sien. Envoyer chier cette vie de fils et fille de héros de fiction, même pas cités dans le film...

Non ce n'est même pas vrai. Il corrige : ces antihéros de fiction. A son père, Fat Moe a dit « j'aurais tout parié sur toi », et Noodles avait répondu : « tu aurais tout perdu. »

« Je rêve parfois de pays », commence Vermicelli, prêt à partir.
« Un petit Montana ? », demande-t-elle, prête à lui emboîter le pas.
« Cela se pourrait. »
« Je m'appelle Célia. » Et c'est comme si elle agitait un passeport.

OST - Montanita - Ratatat

 

Publié par maximgar à 15:05:14 dans 50, boulevard du Crépuscule | Commentaires (5) |

Pipoman à Hamelin | 09 novembre 2007

 

Mon petit appartement sympa 64 boulevard Eusebio Cafarelli (dit le Chanoine) a beau être en ville, il est loin de la ville, la mourante, Hamelin, celle dont on m'a donné les clefs, en même temps qu'une bonne poignée de main ferme du maire, sourire dents blanches accroche flashes des photographes, lors d'une cérémonie qui avait lieu dans ma ville, et pas dans la sienne, à quelques pas de chez moi à peine. Je ne m'estime pas très sûr que ce que j'avais fait pour ça puisse valoir telle récompense, mais j'avais chaussé mon meilleur sourire dents blanches accroche flashes des photographes.

Dans la vie, je me suis fait une spécialité de réussir tout et n'importe quoi tant que ça n'engage que moi, qu'il n'y a pas trop à réfléchir, et que je ne me retrouve pas en compétition, du fait d'un côté Poulidor malgré moi qui m'entraîne à réussir la collec' complète des plus beaux échecs sur le fil. Non, par contre, donnez-moi une mission impossible, un objectif bidule alpha dont personne ne veut, et je vous le fais, vite fait et surtout bien fait.

Cette petite ville dont j'ai maintenant les clefs, quelque part, parce que j'ai réussi à les perdre, s'appelait (et s'appelle sûrement encore, mais plus pour longtemps) la Cité Dortoir d'Hamelin. Et comme beaucoup de quartiers défavorisés à l'abandon, elle était infestée par deux calamités : les rats et leurs cailles dont les déjections se dessinaient sur les murs à la bombe bon marché volée. J'avais rien à y faire, je m'y étais perdu, comme ça m'arrive des fois, quand mon GPS a bu. Le maire, un coco de la vieille époque où ça marchait mieux, pleurait au milieu du square où je m'étais arrêté pour lire la carte municipale des rues ou à vrai dire de la rue et des coupes gorges.

- Qu'est-ce qu'il y a mon bon monsieur ?
- Il y a qu'il y a des rats et des cailles ici.

Voilà, moi, on me dit ça et je me sens dératiseur dans l'âme.

- Je vais vous faire ça, mon bon monsieur.

Il me suivit les yeux écarquillés. Je voyais bien à sa mine, qu'il s'attendait à ce que je sorte une flûte de ma Twingogo - un modèle spécial tunné en rajoutant un « go » à côté du nom - diesel, et que je me mette à attirer tous les rats et les cailles comme ce bon vieux flûtiste d'autrefois. J'ouvris le coffre et j'en sortis un Kärcher que je lui remis :

- Tenez-moi ça, sinon ça va tout niquer mon bass boom system.

Puis j'ai mis le son à fond, la première, puis la seconde, et tous les rats et les cailles m'ont suivi au pas de course, quand c'était pas en tektonite. J'avais sauvé la ville. Afin d'éviter ce qui arriva dans la véritable histoire, le maire me payas rubis sur l'ongle, et vint jusqu'à chez moi me remettre les fameuses clefs de la ville que je sais plus où je les ai mises.

A vrai dire quelle importance ? car on invente rien, tout comme on ne change pas les choses ! Plus de rats, plus de cailles, il n'y avait tout simplement plus d'enfants à Hamelin. J'avais un peu fait d'un caillou deux coups. La cité mouroir avait laissé toutes ses retraites dans la fonte de mes clefs et les nouvelles couches de peintures des murs, il ne lui restait plus qu'à s'endormir dans la légende.


OST - Keys to the city - The Go! Team


Publié par maximgar à 17:45:21 dans 64, boulevard Cafarelli | Commentaires (2) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| >>