<< Le récit décousu de la triple aveugle | L'Amour & la Violence | On l'appelle. >>
Dans les faux bourgs en carton pâte d'un décor hollywoodien, Faye ou qu'importe ne pense plus au gâchis. Elle regarde Warren ou qu'importe s'effacer, la tête posée sur son Delta de Vénus.
Elle avait trouvé le titre beau. Alors elle avait volé le livre. On s'empare comme on peut. On se crée du minimum nécessaire comme ça vient.
Dans l'envers du décor, la voix du vieil ouvreur édenté lui revient : « Vous avez vu l'histoire de Jesse James ? comment il vécut ? comment il est mort ? »
Il faisait secouer une clochette et annonçait les films comme on vend des journaux. Les titres qui s'envolent dans la rue, par dessus les voitures, par dessus les passants.
Il y a partout des échafaudages qui l'entourent. La carcasse du cinéma. Elle se dit que la vieille pute sait quand même bien se farder, pour ne donner qu'un visage lisse. Hypocrite en vingt-quatre images seconde.
« Ça vous a plu, hein ? vous en r'demandez encore ? »
Le lâche Robert Ford et tutti quanti. Bonnie & Clyde. Butch et le Sundance Kid, the Natural Born Killers... c'est moins beau sans caméra. C'est nul.
C'est comme un film d'auteur sans auteur.
Il ne reprendra plus connaissance. Elle n'aura pas d'autre solution que de se dire sourde, enfermée, attentive à la décante de leur cantique des sans cantique. Isolée au dépôt. Séparée d'un bout d'elle.
OST - L'amour et la violence - Sébastien Tellier
Publié par maximgar à 18:18:33 dans 50, boulevard du Crépuscule | Commentaires (0) | Permaliens
Vroum des piétons :