A croire, à en voir certains, qu'il n'y a pas d'autres choix que d'aller sous les parapluies. Entre deux trouées de soleil, que bordent ces lézardes que font les éclairs camouflés de jour, le col remonté jusqu'aux oreilles, je joue à cabrioler par-dessus les flaques, pour mieux me crachiner dedans. Une fille bien plus petite que moi me dit, quand j'ai le bas des jeans bien trempé, qu'ils sont marrants ces nuages. Elle a raison. Même si ça manque un peu de jade et de turquoise. Et donc quelque part, ou dans le fond, de Panthère Rose.
Je fais fondre du chocolat dans une baguette bien trop chaude, puis je m'écris au presque partout de l'avant-bras comme ça, au soupçon de finesse dans un monde de brut qui me pleuvine dedans la manche. Comme je m'en soucie peu, je poursuis, je rêve de photographier tout ce que je vois. Je ne photographie pas. Pas tant que ça, on dira, comme pour préserver le rêve.
Je convoite aussi un vieux parapluie, à pommeau. N'importe lequel des pommeaux. Il me ferait canne ce parapluie, quand je regarderais mes reflets dans les vitres sales des métros. Je ne l'ouvrirais pas, ou dans le presque jamais, histoire de protéger les baleines et d'avoir le visage trempé, comme quand j'étais qu'une mauvaise graine, mais le pépin au repos. Je ne l'ouvrirais qu'à deux, quand il n'y a pas vraiment assez de place pour deux, et qu'on rentre les fronts trempés malgré tout, quelque part où il y a des radiateurs, du chocolat, des draps secs ou du thé.
OST - Under an old umbrella - Marissa Nadler
Publié par maximgar à 17:24:14 dans 5 ou 2, Ruelle de la Lettre des îles Balabar | Commentaires (20) | Permaliens
Vroum des piétons :