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Il faut que je vous raconte quelque chose qui n'a pas tant d'importance. J'étais pressé ce midi, même qu'il n'était pas encore midi. J'ai mis les pieds sous la table, et les coudes sur la nappe à carreaux. Une nappe à carreaux rouges et blancs, tout ce qu'il y a de plus classique. La plantureuse serveuse s'est approchée avec son sourire certifié émail diamant.
- Ce sera quoi ? qu'elle a demandé d'un air chou, et d'une œillade certifiée blindage mascara.
Je n'en savais rien. C'était sûrement un lieu pour habitués, parce que les menus n'étaient pas légion. Les clients, non plus, mais c'est parce qu'il était encore loin de midi et qu'on était loin de partout. Je ne pouvais même pas dire « comme untel ou untel, comme ce monsieur là, là-bas, même que ça fume et que ça sent trop bon. » Et je n'allais sûrement pas lui demander ce que je cherchais après tout, ce pour quoi je m'étais lancé dans ce long voyage.
- Qu'est-ce que vous avez de bon aux cuisines ? fis-je en tapotant la table.
- Des jarrets de porc frits, et des patates au beurre, répondit-elle d'un air langoureux certifié miel de mille fleurs avec cependant une touche gitane maïs.
- Hum, du cochon, fis-je, parce que je savais pas comment demander poliment une deuxième proposition.
- Vous savez, dit-elle en s'approchant trop près et en approchant le reste trop près, ce n'est cochon que si c'est bien fait.
- Je vais prendre ça, répondis-je en pensant que j'allais surtout pas prendre ça.
Et elle retourna aux cuisines en chaloupant de la chaloupe pas vraiment certifiée petit bateau. Tout ce qu'il y avait de plus classique ! à croire que je rêvais tous les films que j'avais vus et tous les livres que j'avais lus qui s'approcheraient un peu de cette route.
C'était si bon que je léchais encore mes doigts quand le restaurant s'est rempli, puis vidé. J'ai laissé un gros pourboire et j'ai fumé plus que de raison, avant de reprendre la route. Je vous avais bien dit qu'il fallait que je vous raconte quelque chose qui n'avait pas tant d'importance. Mais depuis que j'ai pris le taxi, puis pris l'avion, puis loué une voiture, puis roulé vers mon rêve de pain de maïs tarte de patates douces et pilons de poulet bien trop épicés, je ne vis que des choses pas si importantes. Et comme si ça ne suffisait pas, je les note dans mes carnets.
OST - Fried neckbones and some homefries - Willie Bobo
Publié par maximgar à 18:01:21 dans 64, boulevard Cafarelli | Commentaires (6) | Permaliens
21-02-2008 00:06
De maximgar
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becauseoftoi Url: [Liens]
20-02-2008 20:20
De becauseofme
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rien que des spirales? Url: [Liens]
20-02-2008 19:54
De maximgar
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voilà, rien que des spirales Url: [Liens]
20-02-2008 18:18
De becauseofme
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Les petits rien Url: [Liens]
Vroum des piétons :