Mon petit appartement sympa 64 boulevard Eusebio Cafarelli (dit le Chanoine) a beau être en ville, il est loin de la ville, la mourante, Hamelin, celle dont on m'a donné les clefs, en même temps qu'une bonne poignée de main ferme du maire, sourire dents blanches accroche flashes des photographes, lors d'une cérémonie qui avait lieu dans ma ville, et pas dans la sienne, à quelques pas de chez moi à peine. Je ne m'estime pas très sûr que ce que j'avais fait pour ça puisse valoir telle récompense, mais j'avais chaussé mon meilleur sourire dents blanches accroche flashes des photographes.
Dans la vie, je me suis fait une spécialité de réussir tout et n'importe quoi tant que ça n'engage que moi, qu'il n'y a pas trop à réfléchir, et que je ne me retrouve pas en compétition, du fait d'un côté Poulidor malgré moi qui m'entraîne à réussir la collec' complète des plus beaux échecs sur le fil. Non, par contre, donnez-moi une mission impossible, un objectif bidule alpha dont personne ne veut, et je vous le fais, vite fait et surtout bien fait.
Cette petite ville dont j'ai maintenant les clefs, quelque part, parce que j'ai réussi à les perdre, s'appelait (et s'appelle sûrement encore, mais plus pour longtemps) la Cité Dortoir d'Hamelin. Et comme beaucoup de quartiers défavorisés à l'abandon, elle était infestée par deux calamités : les rats et leurs cailles dont les déjections se dessinaient sur les murs à la bombe bon marché volée. J'avais rien à y faire, je m'y étais perdu, comme ça m'arrive des fois, quand mon GPS a bu. Le maire, un coco de la vieille époque où ça marchait mieux, pleurait au milieu du square où je m'étais arrêté pour lire la carte municipale des rues ou à vrai dire de la rue et des coupes gorges.
- Qu'est-ce qu'il y a mon bon monsieur ?
- Il y a qu'il y a des rats et des cailles ici.
Voilà, moi, on me dit ça et je me sens dératiseur dans l'âme.
- Je vais vous faire ça, mon bon monsieur.
Il me suivit les yeux écarquillés. Je voyais bien à sa mine, qu'il s'attendait à ce que je sorte une flûte de ma Twingogo - un modèle spécial tunné en rajoutant un « go » à côté du nom - diesel, et que je me mette à attirer tous les rats et les cailles comme ce bon vieux flûtiste d'autrefois. J'ouvris le coffre et j'en sortis un Kärcher que je lui remis :
- Tenez-moi ça, sinon ça va tout niquer mon bass boom system.
Puis j'ai mis le son à fond, la première, puis la seconde, et tous les rats et les cailles m'ont suivi au pas de course, quand c'était pas en tektonite. J'avais sauvé la ville. Afin d'éviter ce qui arriva dans la véritable histoire, le maire me payas rubis sur l'ongle, et vint jusqu'à chez moi me remettre les fameuses clefs de la ville que je sais plus où je les ai mises.
A vrai dire quelle importance ? car on invente rien, tout comme on ne change pas les choses ! Plus de rats, plus de cailles, il n'y avait tout simplement plus d'enfants à Hamelin. J'avais un peu fait d'un caillou deux coups. La cité mouroir avait laissé toutes ses retraites dans la fonte de mes clefs et les nouvelles couches de peintures des murs, il ne lui restait plus qu'à s'endormir dans la légende.
OST - Keys to the city - The Go! Team
Publié par maximgar à 17:45:21 dans 64, boulevard Cafarelli | Commentaires (2) | Permaliens
Vroum des piétons :