Ruelle de la Lettre des îles Balabar, les feuilles ne se ramassent pas à la pelle, les arbres y tiennent, et ils migrent sous des soleils mieux éclairés, les prés sont verts, moins ici que chez le voisin. Nous aussi, on ira là où on se foutra de la poésie. On laissera les rimes riches pour des pauvres en mots, on croisera les pieds, et les orteils au bout. On se contentera de petits cris, de souffles et puis d'apnées.
Pour l'éclipse, on se clipse, les doigts à la ceinture, serre-moi le clair de la lune, pour la pleine d'elle, on se love, sur un arrondi de croissant, ou une mer crevassée et ses récifs à fracas sages sélénites.
Voilà ce qui se passe, quand je n'ai rien d'autre à écrire que je veux faire l'amour avec toi. Je laisse aller l'idée par la porte de la cuisine. Elle récupère son manteau, enfonce son bonnet jusqu'au du mât de son dé et traîne les œufs. Et il me reste des mots de mon corps dans le tien, qui ne veulent rien dire les uns avec les autres. Juste encore. Ne ressembler à rien encore.
Ruelle de la Lettres des îles Balabar, j'ai des idées qui cogitent et s'écrivent sur les murs, à la bombe tirée des dictionnaires chétifs, en attendant le pas menaçant d'un gardien de la paix des lettres, et son sifflet qui fait « sliffe » et gomme sans rature.
OST - Black Hole Sun - Chibo Motta
Publié par maximgar à 18:05:45 dans 5 ou 2, Ruelle de la Lettre des îles Balabar | Commentaires (0) | Permaliens
Vroum des piétons :