| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | ||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 |
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 |
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
<< Salao, trois jours durant, entre la haute mer et Cuba | Les Mille et une recettes du comptable amoureux | Délire de cuisine >>
« Tu te rappelles ce film avec Pierre Richard ? Non peut-être pas. Il n'a plus grand chose du Grand Blond, parfois un sourire dans sa barbe paille sèche, tantôt le regard pétillant. On y parle cuisine, on y parle géorgien, on y parle princesse. »
Le comptable regarde par la fenêtre : c'est le printemps. Sur le bureau, les bilans s'entassent, les colonnes s'emmêlent. Il y a mille et une recettes qui n'arriveront pas à l'heure, mille et deux dépenses qui sont déjà passées par une autre main. Avec le printemps fusent les fusions. Les comptes courants courent. Les liquidations se liquéfient. Mars, avril, mauvais temps pour les comptables. Ça sent le manuel de fiscalité, le résultat net consolidé, le début de la fin de l'exercice.
Comme il est plutôt discret, ses soupirs passent pour des rires auprès de ses collègues d'à côté. Comme il est plutôt discret, il est très silencieux, et comme traces de silence, ses soupirs lui rappellent le solfège quand il apprenait le piano, et que Line sa petite amie secrète - elle n'était même pas au courant elle-même - rêvait de faire la touche de gouache sur ses pointes roses dans un tableau ou l'autre du Sacre du Printemps.
Revoilà le printemps, la saison taiseuse, l'intervalle réservée. Elle ne s'annonce pas vraiment. Elle ne se dit pas. Elle est à tâtons. Et quelques uns s'y font prendre qui bourgeonnent par erreur, dans la précipitation d'une fragrance de pollen. Le comptable regarde sa montre, puis ses chiffres, enfin les quelques lettres qui couronnent les colonnes. Il prend sa gabardine et rentre chez lui en coup de vent. Comme il est plutôt discret, personne ne remarque son absence.
A l'étage au-dessus, c'est toujours préparation de mariage. Ça rigole et ça parle fort. Une réunion de toutes les femmes de la famille, ça en fait des chaises qui traînent, des pas qui résonnent, des allées des venues, des allers des retours. Des éclats de rire et des questions qui tonnent. Il se serait bien marié avec Line dans un rêve de gosse, un truc tout simple, quelque chose de discret, un instant d'épate très personnel, sous les yeux de n'importe qui. « Regardez les qui nocent » qu'on dirait sur leur passage et ce serait encore le printemps.
Il n'y a plus de saison sur la chaîne météo. Des nuages de traîne, couleur mariage pluvieux. Mariage heureux. Les Romejko qui se succèdent lui font penser au boulot, par association malheureuse, des chiffre et des lettres, le compte est bon. Il arrête la télé.
« C'est par un soir d'hiver, dans un monde très dur, que tu vis ce printemps, près de moi, l'innocente », chante Barbara. Le printemps ne s'annonce pas et les calendriers ennuient.
OST - Silent spring - Massive Attack
Publié par maximgar à 23:50:39 dans 17, place du Personnage Inconnu | Commentaires (7) | Permaliens
03-04-2008 01:49
De maximgar
Sujet:
bloublou Url: [Liens]
03-04-2008 01:47
De maximgar
Sujet:
rohh Url: [Liens]
03-04-2008 01:38
De rockingchair
Sujet:
C'est très embêtant Url: [Liens]
03-04-2008 00:51
De becauseofme
Sujet:
ah si Url: [Liens]
03-04-2008 00:29
De maximgar
Sujet:
c'est la saison des équilibristes Url: [Liens]
03-04-2008 00:21
De becauseofme
Sujet:
c'est le temps Url: [Liens]
Vroum des piétons :