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Aujourd'hui | 17 avril 2008

 

D'île en île passe l'alizé. Celui-ci sent le mombin. Pour aujourd'hui. Et cette senteur fait oublier le reste.

La frayeur animale (et ce qu'elle comporte d'avilissement, de colère, de déracinement, et de nivellement des hommes et de leurs volontés par le sang échappé, bu par la terre jusqu'à en recracher des sucres et des cafés de race) qui s'était tue sous les exclamations des jours sans chaîne, glissée dans le Tout-Monde d'un lettré qui suivrait, la pointe acérée des boues de la Lézarde... cette frayeur rampe toujours. Elle s'habille d'incrédulité qui se vérifie parfois encore. Je serais tenté de dire malheureusement, mais j'emploierai « inévitablement ».

Les fragments déportés, les pièces rapportées, les rebuts des bordels et des caniveaux, les enfants enlevés à la hâte des quais de Seine à Pondichéry, ce qui restait des primitifs, à l'ombre des mornes, et pas qu'à Basse-Pointe, un instant, d'un seul cœur silencieux, laissent passer. J'aime saisir cette émotion, l'instant fugace d'une communion. Sans même s'appesantir sur le flou de l'Histoire, le d'accord pas d'accord, dont certains protagonistes, dont le mèt' zafè des fois, s'habillaient tout entier, plus déchirés que leur linge, mais pas moins vrais.

Un vieux conteur raconte. (Que pourrait-il bien faire d'autre ?) Est-ce que la cour dort ? Non, la cour ne dort pas.

Publié par maximgar à 17:45:28 dans 9, galerie de Solibo | Commentaires (0) |

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