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<< On l'appelle. | A bout de souffle sans direction aucune | Souffle >>
Alors qu'au-dessus des sous-titrages jaune Arte, Oh Dae-su donnait un nouveau sens à « si j'avais un marteau », je rêvassais dans mon poäng Ikea, sans direction aucune. Mes derniers jours étaient sans direction aucune. Et alors ? Si j'avais un marteau, je cognerais le jour. Je cognerais la nuit.
Surtout la nuit, si j'avais une cloche. Je me dis des fois que, puisque la nuit il ment, Bashung pourrait prendre des trains à travers la plaine. Je confiais l'autre jour, au hasard des conversations et des synchronisations des mobiles, comme je regrettais que Romain ne puisse pas venir me dire ce qu'il pense des mots que je tape au marteau, que je cogne le jour, que je cogne la nuit, quand j'y mets tout mon cœur. Alors comme je repense à Romain, que je le vois dans son appartement Rue du Bac, même que j'ai laissé son adresse quelque part en évidence dès que je parle de livres, s'il traîne sur la toile, on sait jamais, les suicidés ont tendance à l'errance... je le vois dans son appartement, exactement comme il s'y est décrit lui-même aux Enchanteurs « ...un vieillard couvert de vains honneurs, tapi dans son fauteuil au coin du feu, avec sa couverture, ses pantoufles et son bonnet ridicule d'un autre temps, et qui ne fait que compter les pages et les livres qu'il a écrits... » Alors comme je repense à Romain, je repense à Patricia et à ses New York Herald Tribune, qu'elle vendait sur les Champs. Comme j'ai du mal à croire qu'elle ne soit pas Teresina ! Mais, je n'y pense pas trop longtemps, je ne crois pas qu'il soit utile de rêver les allées venues de Romain. Celles de Patricia non plus.
Il y a quelque chose de dégueulasse au 11 rue Campagne Première. Comme il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Et on n'y peut rien. Pour le reste. Pour le reste, complètement marteau, à bâtons rompus et manches brisés, syllabes ouïghours et fusils chinois, même pas gêné de parler tout seul, j'ai laissé échapper que Mao était mon pote. Et quelques heures après j'en rigole encore. Si vous saviez ce qu'il a fait à mon premier anniversaire.
Cinéma toujours, d'un autre genre. Hier encore, alors que je matais un feuilleton très girlie, histoire d'entretenir ma féminité, je me suis rappelé au souvenir de Mel Brooks, et comme il était question du Danemark et que mes idées ne cessent de se coller les unes aux autres, comme si ma tête se la jouait usine à malabar, j'ai jeté To Be or Not Be sur la platine - celui de Johnson avec Mel Brooks donc, car je n'ai pas celui de Lubitsch, le blanc bonnet du bourricot que j'ai dans ma collection. Je me disais que Mel, lui, s'il était moins vieux, il saurait mettre en boîte des sourires pour spectateurs, en tournant un péplum bourré d'anachronismes, le dessin pathétique en cinémascope cintré d'une nation antique qui jette sur ses anonymes et éphémères héros du cirque le voile de sa bonne conscience, prétendant ainsi défendre des malheureux d'un paradis rêvé, qui, sur son propre sol seraient taxés de médiévaux et de sectaires. On sortirait de la salle, en n'ayant pas tout compris du message en sourdine. Juste sensibles aux gags graveleux, mais nous serions quelque part imprégnés du ridicule ainsi filmé - mortel et inhumain, infect et sinistre - commun aux héros et aux oppresseurs. Et je ne m'étale même pas sur le reste. Quand j'y pense, il me faudrait une cigarette, et là il pleut trop pour sortir m'en griller une dehors.
La nuit, si tu mens, si tu prends des trains à travers la plaine, que confondu dans la lecture des sous-titrages jaune Arte, si jamais t'avais un marteau, tu traverserais heureux en dehors des clous, d'avoir dit dans le désordre aux petits bonhommes rouges, aux petits bonhommes verts, les artères bouchées de Maximgar.
OST - Breathless - 조영욱
Note pendant que j'y pense : 조영욱 quand il travaille à la bande-son de 올드보이 tout en contrepoint et survol des travellings, titre chacune des pistes d'un nom de « film noir » - j'aime quand on prononce « film noir » à l'américaine. Ainsi sans s'en rendre compte, des films de Mankiewicz croisent ceux de Bergman , en passant par Soderbergh, Tourneur, Polanski, De Palma, Aldrich ou Godard, d'où ce Breathless, à bout de souffle. Je suis plutôt content, un peu comme si j'étais sûr que Romain comprendrait tout.
Publié par maximgar à 14:14:57 dans 5 ou 2, Ruelle de la Lettre des îles Balabar | Commentaires (4) | Permaliens
10-04-2008 16:01
De maximgar
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évidemment Url: [Liens]
10-04-2008 15:52
De maximgar
Sujet:
la robe verte de l'affiche Url: [Liens]
Vroum des piétons :