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Un "cyclo-nomade" français boucle un tour du monde de sept ans | 25 octobre 2004

Un ancien postier originaire du Gers, Jacques Sirat, parti le 1er
avril 1997 pour un tour du monde à vélo qui devait durer trois ans, est
finalement rentré cette semaine dans son village de Saint-Antonin après
sept ans de pérégrinations.



Au terme de 80.819 km
de routes et de pistes, à travers une cinquantaine de pays, Jacques
Sirat pourrait passer pour un banal cyclo-touriste. Pas de look
extravagant, ni de barbe de baroudeur. Pas même de visage émacié. Mais,
petit indice de son endurance, cet homme de 40 ans, très jovial, pousse
sans grands efforts apparents une bécane chargée de 70 kg de bagages
répartis dans des sacoches.


Attablé au café de
Saint-Antonin (200 habitants) où il va rénover une maison d'enfance, il
lâche un surprenant : "Le vélo n'est pas une passion". "Mais,
ajoute-t-il, "il donne une autonomie totale et le voyageur à vélo est
souvent très bien accueilli".


Cent quarante-six
crevaisons plus tard, son VTT n'a plus grand chose d'origine "à part le
cadre, qui a tout de même dû être ressoudé à deux reprises". Son site
internet (www.jacques-sirat.com) donne un inventaire des pièces qui ont
rendu l'âme : 48 pneus, 76 rayons, 6 paires de pédales, 12 chaînes, 6
béquilles, 6 paires de câbles de freins.


Mais
Jacques Sirat insiste : "Ce que j'ai fait n'est pas un exploit, ça a
plutôt été un mode de vie différent pendant un moment. Et ce qui m'a le
plus touché, ce sont des moments très simples de la vie quotidienne
partagée avec des habitants : la générosité même des plus modestes,
l'extraordinaire force de vie des enfants".


Oubliés
- ou presque - les cols de la cordillère des Andes, le froid terrible
de l'hiver chinois, le passage à tabac par des militaires serbes,
l'incertitude avec seulement un real en poche au Brésil.


L'homme,
qui affectionne le terme de "cyclo-nomade", était parti par goût de la
liberté, ne supportant plus ni son emploi de bureau, ni de ruminer ses
insatisfactions : "Je voulais vivre à mon rythme, sans calendrier, ni
horaires."


Bien qu'il ait peu voyagé avant 30 ans,
il n'en était pas à son coup d'essai. En 1994 et 1995, il avait
parcouru 18.000 km en courant à travers l'Europe.


Puis,
le 1er avril 1997, il s'est lancé pour trois ans sur les routes avec
environ 3.000 euros en poche. Cap à l'Est : Italie, ex-Yougoslavie,
Bulgarie, Roumanie, Ukraine, Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, Egypte,
Yémen, Oman, Pakistan, Inde, Népal, Bangladesh, Malaisie, Thaïlande,
Vietnam, Chine.


Un fois sur le continent américain,
il réalise que s'il rentre, ce serait pour repartir. "Alors pourquoi
rentrer?", se dit-il. A lui, le Mexique, puis les Caraïbes, la Guyane
française et enfin tout le cône sud de l'Amérique latine où il parfait
son espagnol et apprend le portugais.


Malgré un
mode de vie frugal - peu d'hôtels, beaucoup de camping, des dépannages
chez l'habitant, dans des écoles ou des casernes - ses économies
s'épuisent.


"J'ai alors commencé à faire des
conférences, j'ai aussi rencontré quelques personnes généreuses, j'ai
toujours trouvé une solution", assure-t-il.


Et
puis, il y a un an, au Brésil, il a commencé à se demander s'il ne
fuyait pas le retour. Un accident évité de justesse le décide. "Je ne
renie ni la société, ni la France, mais je me sens un peu décalé. Le
système veut qu'on travaille toujours plus pour consommer plus, mais
jusqu'où?", interroge-t-il.


Temporairement rassasié
de voyages, il veut écrire un livre et retaper sa maison. Puis la louer
et... repartir. "Peut-être en Afrique, mais autrement qu'en vélo".


Publié par coroubai à 19:00:26 dans sur tout et rien | Commentaires (0) |

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