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<< Sous entendus | Une fée dans un pays hanté | Indo >>
La fraîcheur nocturne qui imprégnait l’herbe et la mousse de la forêt, glaçait ses petits pieds enfantins. Il lui suffisait de lever la tête vers le ciel pour apercevoir entre le feuillage des arbres touffus, le fin rayon de lune qui donnait une allure un peu plus rassurante à ce décor digne d’un film d’épouvante. Elle marchait perdue entre les arbres grimaçants et pouvait voir en l’espace d’une seconde s’envoler de ces troncs lugubres, une chouette ou un oiseau de nuit dérangé par son passage silencieux. La peur et le froid l’envahissait. Elle ne savait même pas comment elle était arrivée là. Le fin bruit de sa légère robe longue rose pâle sur le tapis d’humus tapissant le sol, semblait faire un bruit incroyable dans la pénombre et le silence de la forêt. Comment une aussi jolie créature pouvait elle s’être égarée dans un monde aussi cruel qui visiblement ne lui appartient pas? Elle avait encore un visage poupon, de long cheveux ondulés qui reposaient gracieusement sur ses épaules fragiles, blanches et nues. Ses yeux verts effrayés scrutaient sommairement les alentours, comme pour guetter un danger qui rode. Ses petites lèvres fines, bleuies par le froid tremblaient-elle de peur? Elle semblait si frêle et si fragile, seule ici, égarée.
Elle s’arrêta un instant et saisi les ailes de fée qui ornaient son dos, et les rabattis sur ses épaules et ses bras pour essayer d’y trouver un peu de chaleur. Elle ne savait pas encore voler… Elle reprit enfin son chemin vers l’inconnu. Elle prit le petit chemin de terre qu’elle aperçut malgré l’obscurité. Elle se dit que si on à pris la peine de tracer un chemin, c’était forcément pour qu’il mène quelque part. Elle entendit enfin un bruit familier. Une rivière devait passer près d’ici. Elle entendait le clapotis de l’eau dans son cours. Les arbres lui paraissait de moins en moins terrifiant au fil de son chemin. Le paysage se radoucissait enfin et le cœur de la petite fée éperdue reprit un battement calme et régulier. Un rayon de soleil surgit tout d’un coup, comme venant de nul part. Sa chaleur céleste réchauffa le monde lugubre, le sol fût moins rude à ses pieds d’enfant, et elle finit par lâcher ses fines ailes qui reprirent leur place à son dos. Elles scintillaient désormais à la lumière, et les motifs de douceur qui s’en échappaient hurlaient enfin leur beauté. Malgré ce retournement de situation incongru et les milliers de questions qui trottaient dans sa tête, elle venait de comprendre qu’elle ne pourrait pas retrouver son chemin, et qu’elle demeurait désespérément seule, et que même en retrouvant son chemin, elle serait toujours cruellement seule. Elle venait d’apprendre inconsciemment une des duretés de ce monde. On est seul à sauver, seul à s’aimer, seul à saigner, toujours tout seul. Son cœur d’enfant ne serait plus jamais le même désormais. Elle tombât en pleurant sur le sol, de tristesse, de fatigue mais désormais d’une peur nouvelle qui pris le dessus. Il lui semblait ressentir à partir de maintenant toutes les douleurs et souffrances de monde. Sur un coup de tête inconcevable, elle voulu arracher, sans succès, une de ses magnifique ailes…Elle en était venue à se haïr, à haïr ce qu’elle était. La douleur de son dos lui fut lancinante, lui prenant un cri et des sanglots à vous fendre l’âme. Encore une vérité de la vie. On n’échappe pas à son destin, aussi cruel soit-il. Elle se recroquevilla sur elle-même tout en pleurant silencieusement. Ses larmes coulaient sur ses joues, pour enfin fini leur parcours sur le sol verdoyant. Péniblement elle se remit debout et alla se réfugier au cœur du tronc d’un arbre creux. Elle aperçu à l’horizon, une silhouette. Tétanisée, elle ne bougea pas, mais ferma les yeux pendant un long moment…
Mais sa curiosité l’emporta sur la raison et elle découvrit à coté d’elle un homme grand et mince. Ses yeux était rouge mais une lueur d’attendrissement y brillaient. Sa peau était d’un blanc étrange comme si jamais il n’avait connu la couleur. Son visage était beau et d’une extrême douceur.
-Vous êtes le diable? Demanda doucement la petite fée encore sanglotante.
-Non. Même si mon apparence t’effraye n’ai pas peur, je suis ton ange. J’ai entendu ta solitude mais je demeurerai désormais infiniment auprès de toi petite fée. Allons sèche tes larmes. Et endort toi petite fée…Demain te paraîtra plus beau. Tu t’habituera à ce monde, a ses beautés, à ses horreurs…à la passion à la violence. Je serais ton guide si tu le désire. Viens avec moi petite fée, ferme les yeux pour un avenir plus beau.
L’ange pris dans ses bras la petite fée pour la mener vers l’avenir. Elle s’était endormie bercée par les paroles de réconfort qu’on lui avait apportées, se sentant enfin heureuse et moins seule.
L’ange sentait tout contre son cœur pur, battre celui de la fée, le cœur de l’innocence, il percevait la douce chaleur de son souffle sur son épaule immaculée, et sentait l’humidité de ses larmes qui coulaient encore, sur son bras. De ses mains douces et innocentes, il lissait les ailes froissées du petit être qu’il tenait. Devant toute cette fragilité, l’ange lui aussi pleurait.
Dans son sommeil innocent, la fée se laissait guider...
Publié par Innocence à 15:13:32 dans Mes histoires, mes poèmes | Commentaires (2) | Permaliens
13-05-2006 14:38
De tabita
Sujet:
Chapeau Url: [Liens]
14-04-2006 17:35
De Lise Sujet:
Ouah!!!
Tout le monde en parle