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Ecrits... vains

Des mots pour lui dire

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Il était là, à sa fenêtre | 08 avril 2006

Tu es passé au bureau ce matin pour rattraper un peu de retard. Pas grand chose à faire d'autre non plus, l'humeur maussade du moment n'invite pas à la promenade. Il était là, à sa fenêtre. Comme tous les matins. Dans la barre HLM livide qui fait face à ton bureau, de l'autre coté du grand carrefour, un homme est à sa fenêtre. Il y est tous les matins. Il regarde. Tu ne sais pas ce qu'il voit mais il regarde. Son regard est souvent fixé sur la rue, quelques étages plus bas. Parfois il tourne la tête vers la gauche et regarde en direction du carrefour. Parfois il regarde vers la rivière mais très rarement. Non, la plupart du temps il regarde en bas. Il n'y a rien en bas. Une vague pelouse lépreuse, un parking clairsemé avec deux ou trois épaves miteuses qui finissent de rouiller, une rue où passent continuellement voitures et camions. Quelques jeunes qui traînent leur désoeuvrement en bas du bâtiment s'interpellant entre eux. C'est tout. Quand tu regardes tu n'y vois rien d'autre que la triste banalité d'une rue grise. Mais lui, il passe de longs moments à contempler ce rien et en fait son spectacle favori. Il a l'air assez âgé. Parfois une femme vient le rejoindre. Elle a l'air plus jeune. Par moment elle regarde avec lui. Ils ont l'air de se parler. Lui raconte-il ce qu'il voit de si particulier de sa fenêtre? L'autre jour il lui montrait quelque chose au loin. Ils avaient l'air fasciné par ce qu'ils voyaient. Ils sont restés longtemps la tête tournée vers cet horizon à se parler.
Est-ce que cette rue lui rappelle des souvenirs d'une époque plus faste? Ou sa fenêtre est-elle magique et lui fait voir les choses différemment? Tu aimerais bien savoir. Peut être est-elle faite d'un verre spécial qui enlumine ce quotidien du gris et du banal. Peut être qu'au travers de sa fenêtre, la pelouse pouilleuse au pied de sa cage d'escalier lui parait comme les jardins de l'Alhambra. Il regarde et toi tu le regardes. Peut être s'ennuie-t'il tout simplement. Tu aimerais tellement que cela ne soit pas ça l'explication.

"Je suis à la fenêtre
Toi tu es dans la baignoire
Tes pieds dépassent, je peux les voir
Dans la glace de l'armoire

II y a ce disque idiot
Qui est rayé au milieu
Et, les tarots que je te tire
Sur ton châle en camaïeux

II y a l'odeur d'encens
Et les bougies ont fondu
Tout est si vague
Le fil des pensées s'est perdu
Je ne sais même plus si je pense
Je ne sais même plus si je pense."
Dashiell Hedayat
: Long song for Zelda

Au dos de cet album mythique (produit par Bernard Lenoir en... 1971) il est inscrit :
"This record must be played as loud as possible, must be heard as stoned as possible and thank you everybody"

Publié par Hope- à 23:03:20 dans Ecrits... vains | Commentaires (0) |

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Ego

Sexe : M
Age : 46
Profession : Aucun interet
Situation : Pissing in the wind


Tout à coup, comme cela, sans prévenir, un prénom resurgit à ta mémoire et te hante à nouveau.
Son prénom. Le sien. Un joli prénom qu'elle porte merveilleusement bien.

Alors tu l'as cherchée partout là où elle avait l'habitude de passer son temps libre, là où vous vous êtes connus, là où vous vous détendiez ensemble.

Tu sais qu'elle est ici, quelque part, à quelques encablures de toi. Tu ne sais même pas pourquoi tu fais cela.
Tes écrits seront vains...

Espoir.
Parce que vivre sans espoir c'est cesser de vivre.

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