La cavale
O jeune cavale, au regard farouche,
Qui court dans les prés d'herbe grasse emplis,
L'écume de neige argente ta bouche.
La sueur ruisselle à tes flancs polis.
Vigoureuse enfant des plaines de Thrace,
Tu hennis au bord du fleuve mouvant,
Tu fuis, tu bondis, la crinière au vent :
Les daims auraient peine à suivre ta trace.
Leconte de Lisle (1818-1894)
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Dans mes plus jeunes années,
Tu es arrivée.
Je suis monté sur ton dos,
Petit garçon tombé au galop.
Un jour, je me rappelle,
je suis venu de voir dans ton pré
Acompagné d'une belle
Je voulais l'impressionner.
A cru, je suis monté
Au galop, tu es partie.
Sur l'herbe, je suis tombé
Humilié, j'en ai bien ris,
Et la belle aussi.
Je n'ai pas oublié ton grand cou
que j'enserrai de mes bras de bout d'chou.
Quand tu avais fini le grain
Maman te lancait "yaaa, file au loin".
Tu as fait des voyages
Tu as vécu de belles aventures
J'étais petit, je voyais les images
Tu étais heureuse, j'en suis sûr.
Des Chemins de Saint Jacques,
en passant par la Route du Sel,
A travers l'Espagne
Jusqu'à la lointaine Hongrie,
Tu en a vu des Pays
Arpenté des Campagnes
Et partout où passait la Belle
Savouré la saveur de chaque.
Je n'étais pas souvent là
Tu étais toujours là.
Je ne t'oublierais pas,
Mon ainée de 3 ans, Kelia.
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